‹ Traité clinique des maladies du cœurChapitre 74 sur 107 · PREMIÈRE CATÉGORIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE CATÉGORIE

OBSEKTATIOSS DE PÉRICARDITE PENDANT LA PÉMODE DE CONGESTION SANGUINE ET DE SÉCRÉTION PSEUDO-MEMBRANEUSE OU DE SUPPURATION.

Jeune homme de il ans. — Infiltration générale. — Battements du. cœur tumultueux; bruit de cuir neuf et de soufdet ; accès apoplectiformes. — Mort le deuxième ou troisième jour après la constatation des signes physiques péricardite aiguë. — Fausses membranes rugueuses, rudes comme la langue du chat, à la surface du péricarde , avec vive' injection. — Concrétions fibrineuses, à demi-organisées ,i dans les cavités du cœur, entortillées autour des valvules tricuspide et mitrale, etc.

Méoard (Frédéric y, âgé de 21 ans, né à Paris, peintre en bâtiments , d’une constitution molle et lymphatique , fut admis dans le service delà Clinique, le i4 mars i8§4 (0- Depuis huit jours , il existait une infiltration générale avec ascite commençante. 11 s’était manifesté en même' temps un peu de toux. Ce jeune homme attribuait l’infiltration qu’il présentait , à ce qu’il travaillait habituellement dans un endroit humide, il était d’une gloutonnerie qui l’exposait à de fréquents dérangements des fonctions digestives , et particulièrement à une diarrhée assez abondante , maladie qu’il cherchait à dissimuler, dans la crainte qu’on ne lui donnât pas à manger.

(1) Quelques mois auparavant, il était entré dans ie même service pour une affection gastrique, dont il fut assez promptement guéri. Nous avions remarqué, à cette époque , que la peau de l’abdomen de ce jeune homme était plissée , éraillée ^ comme chez une femme qui a eu un ou plusieurs enfants. La cause de cette disposition de la peau de Babdoraen tenait à ce que le malade avait eu autrefois une énorme ascite , à la suilè de laquelle la peau resta piissée, comme il arrive à cette membrane après la distension qu’elle éprouve dans la grossesse.

Lorsque nous examinâmes ce malade pour la première fois, il nous fut assez difficile de trouver, soit dans le cœur, soit dans les gros vaisseaux, la cause de l’hydropisie ; les Lruits du cœur étaient plus clairs qu’à l’état normal ; les battements de cet organe étaient réguliers , d’une force et d’une étendue médiocres; le pouls était petit, à 120 pulsations par minute ; il y avait de l’étouffement et de lé~ gères palpitations , lorsque le malade faisait quelques efforts.

Quoi qu’il en soit*r au moment de l’entrée , l’infiltration était générale et très prononcée au visage ; les paupières gonflées recouvraient le globe de l’œil; le ventre était volumineux et rendait un son mat dans la région des flancs ; la fluctuation n’existait que dans les parties les plus déclives-. Un peu de râle sous-crépitant humide se faisait entendre dans la partie inférieure du côté gauche de la poitrine.

La langue était large, épaisse, blanche, et le malade éprouvait une soif des plus vives. Le dévoiement existait à un très haut degré.

Nous employâmes les diaphorétiques en boissons, les bains de vapeur, la digitale, le sirop de pointes d’asperges, les frictions mercurielles, un régime assez sévère. L’hydropisie avait un peu diminué , lorsque survinrent des vomissements et un gonflement de la langue, qui nous obligèrent de suspendre toute médication active.

Dans la nuit du 26 au 26 mars, le malade éprouva des étourdissements et un étouffement , pour lesquels on fit appeler M. Donné, chef de clinique; des sinapismes furent appliqués et les accidents se calmèrent. II n’en restait presque aucune trace le matin au moment de la visite ; mais à peine avais-je quitté ce malade , que l’on vint me prévenir qu’il avait tout-à-coup perdu connaissance. Ses yeux étaient tournés en haut, la respiration était stertoreuse , la bouche couverte d’écume; les membres, au lieu d’être agités

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de mouvements convulsifs , étaient dans un état de résolution complète.

Bruits du cœur très clairs.

Sinapismes , suivis de V application de deux 'vésicatoires aux mollets.

Dans la journée du 26 , il survint deux ou trois accès semblables à celui qui vient d’être décrit, et qui ne se prolongea que pendant quelques minutes.

27. La connaissance est tout-à-fait revenue. La langue , énormément gonflée , sort de la bouche , et la parole est presque impossible ; le pouls est petite à 100 pulsations; l’infiltration fait de nouveaux progrès.

Eau de poulet , limonade citrique.

28. Peu de changement. La bouche exhale une odeur îéWàQ , mercurielle [\ ).

29. Des plaques couenneuses recouvrent la langue et une partie des parois buccales. J1 n’est pas survenu d’accès depuis le 27.

5o. Le malade a donné hier quelques signes d’un léger délire pendant lequel il s’est levé. Pouls petit, à 88 pulsations; abattement.

Gargarisme; même tisane ^ 2 bouillons.

3i. A peu près même état. L’hydropisie générale, les accidents survenus brusquement les jours précédents , m’engagèrent à explorer le cœur avec une nouvelle attention. Je soupçonnais vaguement la formation de quelque concrétion sanguine , soit dans le cœur , soit dans les gros vaisseaux.

Il existait ce jour -là dans la région précordiale un bruit de cuir neuf^ mêlé (üun bruit de soufflet très fort. Ce bruit fut entendu par un grand nombre d’élèves et quelques médecins présents à la visite. On distinguait encore ce bruit, en éloignant V oreille, a une distance d’un pouce (27 mill. ) de la

(1) On a vu que le malade avait fait des frictions mercurielles.

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