L’amélioration se soutient
20. La malade a reposé et ne paraît pas se trouver plus mal ; néanmoins le visage est altéré ; la fièvre persiste ainsi que l’oppression ; tout le corps est d’une exquise sensibilité , et la malade ne veut pas permettre qu’on lui imprime le moindre mouvement ; langue sèche , écailleuse.
21 et 22. Faciès ioa\ouxs mauvais; prostration; langue
SECOl^DE CATEG- d’oBSERVATIOÎîS DE PÉMCARDITE. Al 3 aride , comme grillée à son milieu ; pouls et mouvements respiratoires accélérés (la poitrine résonne en avant, seule région que nous puissions explorer).
Cette aggravation des symptômes , que rien n’avait pu nous faire prévoir, s’est manifestée à la suite d’une visite des parents et de vives contrariétés.
Pbescript. Vésicat. aux moll. ; le reste , ut suprà.
23. A peu près même état. — ■ Les vésicatoires n’ayant pas pris, on les applique de nouveau.
24- L’expression du visage est un peu meilleure ; pouls fréquent , vif ; langue humectée ; plusieurs évacuations alvines , précédées de coliques et de secousses dans le basventre.
25. Rougeur des pommettes ; sueur à la face; lèvres et dents sèches , fuligineuses ; langue assez humide; nouvelles évacuations alvines ; pouls ài i6 ; un peu de délire ; douleur clans i’hypochondre gauche; le ventre est légèrement ballonné ; odeur fétide. La partie postérieure de la poitrine ayant été rapidement auscultée , la respiration vésiculaire y a été trouvée très obscure.
La malade expire dans la nuit.
Autopsie cadavérique, 3o à 3ô heures après la mort (le froid étant modéré).
t° Habitude extérieure. — Demi-marasme, rigidité des articulations, ainsi que des parties molles, qui sont comme condensées par le froid (la graisse sous-cutanée en particulier). Les articulations de l’épaule, de l’avant-bras , du genou, du cou-de-pied, ont été examinées avec soin, et on n’a rencontré ni pus dans leur intérieur , ni rougeur, ni tuméfaction des parties environnantes. On trouve à peine quelques traces de synovie ( la résolution était complète).
Une escarre de la largeur de la paume de la main dans la région du sacrum. Les tissus sont mortifiés , noirs , médiocrement humides , dans une épaisseur de trois à quatre lignes.
4l4 MALlDIES DU COEUR EW PARTICULIER.
2° Organes cireul. et respirât. — La percussion donne un son mat à droite , depuis la quatrième ou cinquième côte jusqu’à la dernière. La poitrine résonne bien du côté opposé. Le poumon droit est refoulé par le foie jusque vers la quatrième ou cinquième côté. Le foie , en même temps qu’il remonte ainsi du côté de la poitrine, descend jusque vers la crête iliaque. La plèvre costale di-oite adhère de toutes parts avec la plèvre pulmonaire et diaphragmatique. Ces adhérences ont lieu au moyen d’un tissu lamineux , blanc, mou , fraîchement organisé et à peine vascularisé. On ne rencontre aucun vestige d^épanchement. Le poumon droit est engoué dans presque toute son étendue, mais surtout dans son lobe inférieur, qui est spUnisé et ne crépite plus. La plèvre et le poumon du côté gauche n’offrent aucune altération remarquable. .
Le péricarde offre a l’extérieur quelques adhérences encore récentes aoec la plèvre gauche qui l’avoisine. Il est recouvert intérieurement, dans toute son étendue^ d’une fausse membrane, d’un aspect inégal, réticulé , qui rappelle celui de la langue du chat. Toute la surface externe du cœur est enveloppée de cette fausse membrane , qui est molle, blanche et se détache facilement du feuillet séreux qu’elle recouvre. Elle est mince et sur le point dépasser à L’état d’ organisation , surtout à sa face adhérente. Il n y a qu’ une médiocre injection au-dessous d’elle. Le diaphragme adhère au péricarde et. à la. face convexe du foie par des fausses membranes récentes , semblables a celles dont iha été question en décrivant l’éta t du côté droit de la poitrine. Il n’existait presque aucune goutte de liquide dans le péricarde non plus que dans les aréoles des productions pseudomembraneuses^ Celles-ci n’exhalaient aucune odeur fétide.
Les cavités droites du cœur étaient remplies par des caillots-dé sang,' adhérents, assez denses et décolorée en partie; là où ils n’étaient pas-parfaitement décolorés, ils offraient, quand on les déchirait, l’aspect de la chair musculairCi Le ventricule gauche contenait aussi une concrétion blanchâtre.
SECO]>rDE CATÉG. d’oESERVATIOWS DE PERICARDITE. allongée, moins volumineuse que celles du ventricule droit. La membrane interne du cœur offrait sa blancheur accoutumée. Les orifices et leurs valvules étaient à l’état normal. Le tissu du cœur ne nous a offert aucune altération notable.
Le système vasculairè, en général, contenait peu de sang.
Il n’existait ni rougeur ni aucune autre espèce d’altération appréciable , soit dans l’aorte , soit dans la veine cave. Nous avons examiné les artères et les veines d’un des membres inférieurs sans y trouver la moindre lésion.
Organe digest. — La langue, le pharynx et l’œsophage sont blancs, pâles, décolorés. L’estomac, distendu par les liquides qu’il contient, occupe un espace beaucoup plus étendu que dans V état normal , etc., etc.
Réflexions. — Cette observation prouve bien qu’en janvier iS35 nous aussi, nous ignorions la loi de coïncidence des inflammations du cœur avec le violent rhumatisme articulaire aigu. En effet, dans tout le cours de la maladie , le cœur n’a jamais été exploré, et Jusqu’à l’examen du cadavre , nous n’avions eu aucun soupçon de la péricardite qui coïncidait avec le rhumatisme articulaire. Nous avions d’ailleurs, avec raison, reconnu l’existence d’une pleurésie diaphragmatique.
Jeune fille de 18 ans. — Matité dans une grande étendue de la région précordiale; bruits du cœur éloignés, obscurs; souffle pendant le premier bruit du cœur, lequel donne pendant sa systole la sensation d’une grosse masse dure. — Mort vers le vingt-cinquième jour après le début. — Fausses membranes épaisses, les unes encore amorphes, les autres organisées, réunissant les feuillets opposés du péricarde. — Concrétions sanguines dans les cavités droites. — Épaississement, adhérence et ratatinement de la valvule mitrale, avec végétations fibrineuses sur son bord libre. — Rougeur des valvules aortiques.
"Une jeune fille, nommée Boyer, âgée de i8 ans, d’une constitution délicate et scrofuleuse , fut admise à la Cdinique (salle Sainte-Madeleine , n° i4)> le 22 décembre 1 832.
4i6 ?.IAL4DIES DO COEOR, EN PARTICULIER.
Elle nous était recommandée par M. le docteur Jules Peiletan : elle toussait depuis une quinzaine de jours , expectorait en abondance des matières muqueuses , et se plaignait d’oppression et d’un malaise général. La malade n’avait point eu les jambes enflées , et malgré la faiblesse de sa constitution elle se portait assez bien avant la maladie dont elle fixe la date ainsi qu’il a été dit. Elle n’était pas encore réglée.
Râle muqueux, à grosses bulles, dans les deux côtés de la poitrine , surtout en arrière ; oppression telle , que la malade est obligée de se tenir assise dans son lit.
Pouls petit, de 120 à i3o pulsations par minute; visage violacé.
En auscultant la poitrine en arrière, vers la pointe du scapulum gauche surtout, nous fûmes surpris d’entendre très distinctement un bruit de souffle très brusque , pendant la contraction ventriculaire. Le second bruit du cœur ne se faisait pas entendre nettement dans cette région. Le bruit de soufflet existait à un très haut degré dans la région précordiale; là, on distinguait facilement les deux bruits du cœur, etmalgré lafréquence des battements de cet organe, on pouvait reconnaître que le bruit de soufflet appartenait spécialement à la systole ventriculaire , et qu’il masquait le premier bruit du cœur.
Diagnostic. — Bronchite générale avec engouement des poumons. — Epaississement commençant des maloules du cœur, avec léger rétrécissement d’un orifice.
L’époque récente de la maladie , l’absence de tout indice d’une maladie dite organique du cœur, antérieure à l’affection actuelle , laissèrent toutefois dans notre esprit quelque doute sur la véritable lésion qui produisait le bruit de soufflet (1).
(1) Oq voit qu’en 1833 nous n’avions pas encore de notions un peu précises sur l’endocardite, maladie qui était ici la véritable cause du bruit de soufflet.
SECOj^DÊ CATÉG. D^'OBSEIlVAt'IOîfS fiE PÉPJCAeDJTE. 41/
Pbescriptio^. Une saignée de deux palettes; tisane héch.; looch blanc; diète.
Le lernlemain la malade se disait un peu soulagée. On prescrivit l’application de deux ventouses scarifiées à la partie postérieure de la poitrine.
Il y avait un peu d’amélioration, lorsque, tout-à-coup, le 3 1 décembre , la sufTocation devint tellement forte , que la mort était imminente. Les bruits et les battements du cœur étaient confus , tumultueux : il nous sembla que les bruits étaient plus lointains qu’à l’état normal ; ils étaient obscurs, voilés; les battements du cœur eux-mêmes paraissaient éloignés : cependant la main appliquée sur la région précordiale sentait au-dessous de cette région comme une sorte de masse qui venait la frapper durement dans une grande étendue.
Il existait de la matité dans une étendue à peu près égale à celle de la main.
La mort arriva dans la journée.
Autopsie cadav., i8 heures après la mort.
1® Habit, ext. — Roideur cadavérique assez forte; peau décolorée; point d’infiltration; embonpoint encore assez marqué.
'AOrgan. circul. et respirât. — Le cœur, enveloppé du péricarde, offre un volume presque double de l’état normal, augmentation de volume qui tient en grande partie à l’épaississement des enveloppes de cet organe et à la matière contenue dans la cavité du péricarde. Cette masse pèse i livre 5 onces ( 656 gram. )
Les feuillets opposés du péricarde adhèrent l’un à l’autre, là par du tissu cellulaire assez serré , ailleurs par des fausses membranes non encore organisées. L’épaisseur du péricarde est d’environ une ligne. Les fausses membranes qui tapissent sa face interne ont un aspect réticulé et inégal qui leur donne de la ressemblance avec l’estomac du veau ou bien avec la langue du chat. Au-dessous de la couche I. 27
4l8 MJlLADIES pu COEUR E3f PARTICULIER.
fibrineuse, se trouve une autre couche déjà organisée en membrane fibro-celluleuse. Celle-ci présente une vive rougeur, en partie due à une admirable injection capillaire, en partie à une sorte d’imbibition sanguine. IJné certaine quantité d’un liquide séreux ou gélatiniforme infiltre les mailles des fausses membranes non encore organisées. Audessous des diverses productions anormales ci-dessus indiquées , on trouve le péricarde rouge , injecté , pointillé de sang , mais conservant à peu près %d^ ténjdté ordiinaire ( surtout le feuillet çaïdiaque ), Le tjssu cellulaire sous-jacent à ce feuillet est rouge» injecté, sensiblement engorgé. Le sac fibreux sur lequel le péricarde se déploie, est injecté et peutêtre un peu épaissi.
Débarrassé des fausses membranes au milieu desquelles il était enfoui comme dans des espèces de décombres , le cçeur offre un volume à peu près normal.
Le 'ventricule droit ^ un peu mince et légèrement dilaté, contient un caillot fibrineux» en partie décoloré. oreillette correspondante conserve à peu près sa capacité normale et contient aussi du sang coagulé. 3es parois étaient fort épaisses, mais cela tenait aux couches pseudo-membraneuses qui \dL fortifiaient. La valvule iricuspide n’offre aucune altération notable. La membr-ane iuterne des, cayités droites offre une teinte légèrement rosacée..
Le, ventricule gauche présente des, dimensions à peu près normales. Les valvules aortiques sont rouges. , maia non épaissies. U origine- de V aorte offre quelques, taches blanchâtres , opalines, sur un fond d’un, jaune nanhin. La valvule mitrale est épaissie , et son bord libre est parsemé et coinme surchargé de végétations très multipliées , confluentes, analogues, aux poireaux ou aux choux-fleurs vénériens ,• elles sont composées d’une matière fibrineuse , friable , s’écrasant facilement sous la lame du sçalpel. Audessous de ces végétations, la valvule épais.sie, nacrée, crie sous l’instrument qui la divise. L’épaississement de
SEC03fl>E CATÉG. d’oBSERVATIOIS'S DE PÉRÏCAEDITE. 4 î 9 cette valvule est assez prononcé à sa base ^ où elle est re pliée sur elle-même et comme- adhérente à la surface interne du cœur ; l’épaississement s’étend à la portion de la membrane interne de l’oreillette gauche la plus voisiné de la valvule. La disposition (jne présentait cette dernière gênait évidemment ses mouvements , et empêchait qu’elle ne bouchât complètement l’orifice auquel elle est adaptée.
Le tissu musculaire du cœur était un peu brun, mais d’une consistance normale.
Environ une demi-pinte de sérosité claire / êitrifie , dans le côté droit de là poitriné; une très petite quantité du même liquide dans le côté gauche .-Le poumon droit# lavé, en quelque sorte, par la Sérosité , est pâîeet dééoiôré â sa surface ; comprimé par l’épanchement # il a peMu environ un tiers de son volume y il. est comme earnifié^ tfô crépite presque pas ; plongé dans un vase- rempli d’eau , ii-sarnage^. Il existe des adhérences anciennes dans les scissures. interlobaires. Le poumon gauche e^ moins pâle# et il s-’ en écoule, à la pression,- une grande quantité de sérosité'. Son tissu se déchire avéo la même facilité que dans l’artgouement péripnéumonique^ 'h.'dL des incisions qu’oii y
pratique est beaucoup plus rouge que;. celle des incisions pratiquées dans le poumon droit# et en quelques points il offre une véritable infiltration san'guinev La eongestinn séro^ sanguine occupe la totalité de G© poumon,
3“ Organ. digest. et annex. — Le foie est un peu augmenté de volume et gorgé de sângv La rate; est partagée en deux lobes distincts par une scissure analegue- à celles des poumons. Son volume est normal, sac cnnsistance un peu diminuée. L’estomac contient une ceidaine quantité d’ùÙL liquide noirâtre;. la membrane muqueuse est assez généralement iniectée ,. et un- peu- ramoiliê dansi le/ grand culde sac. Le paquet intestinal offre;, à l’extérieUr ,,une eokrration d’un rose violacé;, l’intestin grêle contient une assez grande quantité de bile en partie concrète ; sa meinbrane
MALADIES DO COEUR Êîf OÀRTICDLÏER.
muqueuse est généralement injectée , sui-tout dans sa portion supérieure; dans sa portion inférieure, on trouve des follicules développés et comme hypertrophiés. Le gros intestin contient des matières fécales à demi solides ; sa membrane muqueuse offre une rougeur assez prononcée , surtout dans le cæcum.
Femme de 33 ans. — A la suite d’une affection de poitrine douteuse, bruit de froissement ou de frou-frou péricardique. — Plus tard, convulsions épileptiformes avec effacement d’abord , puis petitesse extrême du pouls. — Mort. — Épanchement de sérosité un peu trouble dans le péricarde; pseudo -membranes en partie organisées et adhérences du péricarde; concrétions sanguines fermes, blanches, dans les cavités du cœur, se prolongeant dans l’artère pulmonaire et l’aorte.
Justine Leforestier, âgée de 53 ans , passera entière, fut admise à la Clinique (salle Sainte-Madeleine , n“ 5 ) le 29 décembre iSSq. Elle était d’une constitution chétive , d’un tempérament lymphatique, cheveux châtains; elle disait être malade depuis un mois. A celte époque , elle a commencé à tousser et à éprouver un point de côté à gauche. Au bout de huit jours , elle a craché un peu de sang , et elle assure avoir continué depuis à en cracher tous les jours, mais en petite quantité. (Le jour de son entrée, elle avait eu une hémoptysie un peu plus abondante que les jours précédents, avec efforts de vomissements.)
Trois jours avant l’entrée, ses jambes sont devenues enflées.
Aucun traitement suivi ; le médecin appelé au début delà maladie a prescrit une application de sangsues à l’anus et des tisanes adoucissantes. Un autre médecin, appelé hier, l’a engagée â se rendre à rhôpital.
Etat a Ventrée. Pâleur extrême; respiration à 60; pouls à 124-128; lèvres livides; respiration stertoreuse; résonnance aux deux sommets des poumons, en avant et en arrière ; on entend en avant et en arrière de la crépitation dans toute l’étendue des deux poumons.
SECOIN'DE CATÉG. d’oBSERVATIOîîS DE PÉRICARDITE, 4^1
Vent. scaTif. 5 pal. 1/2.
50 déc. Bruits du cœur un peu lointains, sans souffle ; pouls à iSa -i36 , petit , échappant au doigt; extrémités froides; l’enflure des jambes conserve l’impression du doigt.
Vésieat. à la part. ant. sup. thorax; uioL guim. s. gom. 2 pots ; julep thrid. 3o centigr.; diète.
51 déc. ,Oppression moins forte ; yeux saillants , un peu égarés; extrémités moins froides; pouls à 128, petit; respiration moins soufflante en arrière en haut, presque toutà-fait pure, un peu humide, et râleuse vers la partie externe du scapulum gauche, avec retentissement notable de la voix dans la même région ; 44 respirations par minute ; les hatlemcnts du cœur se font sentir à la main dans leur lieu ahcoulumé ; les bruits secs, mais sans souffle, réguliers et précipités comme le pouls; urines rendues la veille, opalines , pâles , sans dépôt, acides , sans odeur bien notable , sé troublant, et précipitant par l’ acide nitrique de manière a prendre la couleur et la consistance du sirop d’orgeat ; la matièreprécipitée est en grumeaux blancs , analogue a V albumine précipitée du sérum du sang. Le précipité est insoluble dans un excès d’ acide ^
2 ‘vésica.t. camphrés aux cuisses. Sol. sir. gom. 3 p.; julep sir. d’éther , 3o grammes.
janv. Même état d’anxiété et d’oppression ; le pouls toujours petit, à 120; les crachats sont rouillés, un peu moins muqueux; commencement de bouffissure au visage ; un peu d’œdème aux mains , les membres inférieurs toujours très enflés.
L’urine, acide, de même couleur que la veille , un peu mousseuse à sa surface , précipitant des flocons blancs par l’acide nitriquejle.pj'écipité ne se redissout pas par un excès dé acide’) ; elle prend une teinte opaline et se trouble par l’action de là chaleur , mais ce trouble n’est pas en proportion du précipité par r acide nitrique.
2 janv. L’oppression a un peu diminué; la malade a
MALADIES DU COEUR EiS^ PARTICULIER, dormi quatre heures cette nuit; crachats séro-muqueus ; les derniers sont salis par une petite quantité: de sang, ce qui leur donne un aspect briqueté foncé ; pouls à 1 1 2 , plus développé , plus résistant ; chaleur passable ; respiration bonne en arrière, légèrement rude pendant les fortes inspirations; respiration à 28.
'.' Jnlep SM, d' êtheny\^o grarh.^ cat. sinap.; i bouilL; lait coupé déooet^ orgei: ■ . . ; ■ ' ; : " •
4 janv. La.tnalade peut rester couchée la tête non élevée ; elle se plaint, 'depuis la veille, dnn mal dégorgé assez fort (un pfiu,de'rougéur de F arrière -gorge), la chaleur est un peu revenue aux extrémités ; pople meilleur ,- à 92-96. ^
: .7 ,]anv. La maladé continue à pouvoir rester couchée horizontalement ; aa respiration est de plus en plus dégagée;, les' battements du coeur se font de mieux en mieux sentir et soulèvent assez iortemént les doigts , ils sont ac-’ camp signés ,,'mrtQnt^c fs les. cAvités gauches , ééun hruitdefrottçment jee y sUperfmielf tâpeux. ,. beaucoup plus fort pendant la systole, que pendant luaUastole^ oontirtu&nt pendant la cessai tion des ' moMaemmU délia. mspiration.i:et qui nous pavpit ' dû à un frottement péricardique; en dehors et aur,dessous du sein; le bfuit .se~ohnnge .en. un bruit de froissement diffus ; ànalogue a celui d’une étoffe de soie , ou même d’une feuille mince de pprchernin {hruit de- frou-frou 1) Le double claquement valvulaire , masqué par ee bruit dans la région précordiale , se dégagé à mesuré qndn s’approche de la partie supérieure de- )a poitrine. ^ '
Aucune douleur dans la poitrine en général-, ni dans la région précordiale en particulier.
- Le’ pouls eontinùe à être fréquent , iSe, encore peu développé. régulier; la respiration à peu près normale sans frottement pleural distinct soit à droite, soit à gauche. bApeotqralion presque nulle. .
Ÿisage toujours anxié, un peu livide ; les yeux saillants j largement ouverts.
SECONDE CA.TÉG. d’oBSÉRYATIONS DE PÉRICARDITE. 4^3
DiAO'OSTic ET PBOsbSTic DE CE JODR. Péricardite et peutêtre un peu dé endocardite {hruit de frottement péHeatâéipa'd) • affection chronique prohahle, tntxis mal délermjnêé, des poürYions {symptômes de suffocation avec hémoptysie aâsez àbondàTitè), Castis gravissimes.
Vésicat. 6“,! 5 rég. précoi'd.; inf güim. sif . gom. 2 p. ‘; pot. gomm. sir. pointe asperges 5o grarn.; 1 hoaîllon.
8 janV. Hier au soir â la visite, l’état de la malade était à peu peu près lé même ùuele matiü. -^Ce ïùatin , sur lés 5 heüreSj elle à éprouVé dés convülsiotis, ét au ttiomént dë la visite elle en éprouve ünè secondé attaqué , qui présente tous les caractères de l’épilepsie. ( Convulsion dès membres, les doigts Sérrès, et ié poùde tbiimé vers la paume de la main ^ dilatation de la püpillë , téHvérsemèlil des yeux • écume à la bouché; réspitdtiott stértorëüéét ) L’attaque a duré environ deülr â trois itilnüteé.
Immédiatemnnt après , la pupille eSt déVèiiüë sensible â la lumière ; extrémités froides'; le pûulé dê là. râdtâîé est d'abord «m/; cependant, il réViënt peu â peu , mâià filiforme, à 72, régulier ; lés hàttemeÂté dii èceüTr‘sérit d{èïïnêis\ avec le hruit râpeux indiqué là véitlë , surtéut pendüfit Id spstole^ toujours diffus.
La mort arrivé à 2 heliréS de raptèS-ülidi;
Autopsie cadavérique ^
Organ. circul. — Le ceêur ti’èst à découvert que dàhs une étendue sensiblement normale ; il 4ë trouve èïi èôntact avec la paroi pectorale correspondante; Dü fëaillêt qui recouvre le 'ventricule gauche a là portion 'ébrréêpdhddntë du feuillet pariétal^ existent des lames et des filàinèMé ëficôf'e mous , qui établissent une légère adhérence entré CéûpdHiés. Le feuillet pariétal du péricarde h gauche ëst tdpiàsêpàr üttè coüehe pseudo-membraneuse , tnincê ^ âmorphëyaU-dedèoûé déëllë, rougeur et ihjection médiocre. Le feuiltét 'Uisèéfdl corPespbkdûnt est revêtu d’une couche èéniblàblë^ lé côté droit du cœiir H*offrû tmllo part ds iraem de pêmdôûmQmbrumSi
4^4 MALA.DIES DU COEÜR KÎT PARTICULIER.
Le péricarde, avant d’être ouvert, semblait notablement distendu par un épanchement; mais la sérosité occupait la partie la plus déclive (postérieure et inférieure) de la poche péricardique, en sorte que le cœur ne se trouvait nullement pressé par le liquide , lequel aurait pu remplir environ les trois quarts d’un verre à boire ; ce liquide était un peu fauve , légèrement trouble.
Le cœur est d’un bon tiers plus volumineux qu’à l’état normal ; ses cavités droites sont remplies de concrétions qui se sont en partie écoulées à V ouverture des gros vaisseaux. L’une Æ elles , sous forme de ruban fibrineux , s’étend dans l’artère pulmonaire.
Les valvules droites présentent une teinte opaline, elles sont bien conformées. — La valvule tricuspide est un peu épaissie. — ■ Pas de rougeur de l’artère pulmonaire.
Le ventricule gauche, assez robuste, forme à lui seul plus des trois quarts de la masse du cœur. Il contient une concrétion fibrineuse blanche , résistante , élastique , réfléchie autour de la valvule tricuspide : et de ses tendons ; cette conr crélion s’étend au loin dans l’aorte , et se termine en queue dans l’aorte descendante , artère d’ailleurs, tout-à-fait saine.
Les valvules aortiques et bicuspide opalines, épaissies; le bord libre de la valvule mitrale est un peu fibro-cartilaginisé. — Les orifices sont libres.
Organ. respirât. — Le poumon gauche offre quelques adhérences avec le péricarde, au moyen de brides celluleuses. Incisé dans toute son étendue , il n’a rien présenté de remarquable.
Le poumon droit, adhérent de toutes parts avec la plèvre costale, par des brides cellulo-fibreuses , très difficiles à rompre , et qui semblaient avoir rapproché les parois Costales de l’axe de la cavité, n’offrait aucune altération notable, si ce n’est une congestion plus forte encore que le gauche. Aucun foyer tuberculeux , ni granulations nulle part.
SECOITDE CA.TÉG. d’oBSERVATIOîîS DE PERICARDITE. [\‘l^ Cent. nerv. ■ — Le cerveau, de Loune consistance, ferme , un peu congestionné.
Réflexions. — Jusqu’au moment où nous entendîmes îe bruit de froissement ou àe frou-frou péricardique, notre diagnostic était indécis. Il me paraît certain que la péricardite existait à une époque bien antérieure à celle où nous l’avons positivement, diagnostiquée , et qu’elle était la cause de la plupart des accidents éprouvés par la malade.
La toux, l’hémoptysie, l’oppression, nous avaient fait craindre quelque affection chronique des poumons; mais l’état dans lequel nous avons rencontré ces organes après la mort n’a pas jùstifié . nos conjectures , conjectures qui ne se' seraient probablement pas présentées à notre esprit si nous avions observé la malade, dès l’origine de sa maladie, et si du moins , à l’entrée , nous eussions été mieux éclairé sur les antécédents.
Quoi qu’il en soit, ce fait, comme tant d’autres , est bien propre à mettre en lumière toute l’importance des méthodes physiques d’exploration.
Les convulsions épileptiformes qui ont commencé environ 24 heures avant la mort avec effacement complet d’abord, puis petitesse extrême du pouls, ne se rattacheraientelles pas à la formation des concrétions trouvées dans le cœur? Nous discuterons ailleurs cette question, en ayant soin de rapprocher de ce cas ceux qui nous ont offert le même genre d’accident.
OBSERVATIOIV 16'.
Homme de 29 ans. — A la suite d’un rhumatisme articulaire très prolongé, palpitations , dyspnée , double bruit de soufflet râpeux et piaulement du cœur, etc. — Mort. — Adhérences générales anciennes du péricarde avec le cœur. — Épaississement, état fibro-cartilag^ineux et crétacé des valvules gauches avec rétrécissement de l’orifice auriculo-ventriculaire gauche. — Adhérences anciennes des deux poumons.
Berthier, âgé de 29 ans, boucher, fut admis à la Clinique le 28 octobre 1807. Il fut atteint, il y a huit ans , d’un
riiumatisme articulaire qui dura six mois. (On lui fit deux saignées, et on lui appliqua deux fois des sàngsues. ) Il y a trois ans , nouveau rhumatisme , qui ne dura que quinze jours , et qui fut borné au genou.
Depuis la première attaque de rhumatisme , le malade est resté sujet aux palpitations. Trois semaines avant son entrée, son ventre et ses jambes ont cômmeilcé à enfler.