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voriscr rélimination du poison et de combattre les accidents pénibles de la maladie. Contre les coliques, on donne avec succès Y opium à haute dose. Dans les formes Irès-doulourcuses, il importe qu'il soit absorbé rapidement. A l'occasion de mes recherches sur la résorption et l'absorption des préparations iodées (Sitzb. der Kais. Akad. d. Wiss., XLVI Bd., 1872, et Med. Wsclir.. 1865), en essayant l'absorption de l'iode par les intestins, j'ai démontré aussi les avantages pratiques des lavements opiacés et de l'absorption intestinale dans les coliques de plomb. Les résultats sont encore plus rapides avec les injections hypodermiques de préparations opiacées ou betladonées. Il faut se hâter de recourir à l'injection, dès que se manifestent les premiers signes d'une attaque ; dans les coliques rebelles, on y revient encore pendant les périodes de rémission. D'après Didierjean (Gaz. hebd., VII, 1870), les ouvriers des fabriques de minium qui boivent plusieurs fois par jour, pendant leurs repos, du lait frais, ne sont jamais pris de coliques ni d'autres affections saturnines.
Contre les différentes formes de l'intoxication saturnine, on emploie généralement le traitement à Viodnre de potassium, mis en honneur par Melsens, et devenu classique depuis. On part de l'hypothèse que l'iodure de potassium a la propriété d'amener à une combinaison soluble le plomb accumulé dans l'organisme, et d'en favoriser l'éhmination. D'après les recherches attentives d'Overbeck, Waller et Schneider, de Vienne, l'emploi de l'iodure de potassium ne favorise pas d'une manière sensible l'élimination du mercure. Le fait étant démontré pour le mercure, il n'y a guère de motif plausible pour admettre une élimination plus active du plomb sous Tinfluence de l'iodure de potassium. Nous manquons sur ce point de recherches expérimentales, et l'observation n'y supplée pas suffisamment. Dans les affections saturnines chroniques, il faut longtemps pour que les composés plombiques soient éliminés par les émonctoires naturels (foie, tube digestif, reins). Tant que l'organisme, profondément atteint, n'a pas recouvré son fonctionnement normal sous l'influence de la rénovation vitale, l'iodure de potassium, comme j'ai pu m'en convaincre maintes fois, ne peut rien pour le relèvement de l'organisme malade, pour la régularisation des fonctions troublées.
Pas plus que par l'iodure de potassium, je n'ai obtenu de bons effets, dans la cachexie saturnine, du traitement électrique immédiat. Je me suis bien trouvé de Vélectricité, seulement après qu'on avait obtenu une amélioration positive de l'état général, sous l'influenôe des bains tièdes, d'un air pur, d'une bonne alimentation et du vin. En raison des faits que nous avons énoncés plus haut, il faudra, surtout dans les formes graves de paralysie saturnine, comprendre autant que possible, dans le courant électrique, les parties centrales des conducteurs nerveux, et diriger un courant galvanique labile, descendant, des racines vers les plexus et les troncs nerveux (tous les jours pendant huit à dix minutes). On fait agir de cette manière le
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courant galvanique sur les nerfs, à une époque où les fibres nerveuses intra-musculaires ne sont pas encore perméables, et où Tapplication locale du courant faradique aurait peu d'utilité. On fera bien, dans la plupart des cas, d'instilucr un trailement mixte, en alternant tons les deux jours la galvanisation des troncs nerveux avec la faradisation des muscles paralysés. Dans les cas graves, la guérison exige plusieurs mois.
L'expérience a démontré que les bains tièdes répétés, et ensuite les bains de vapeur de courte durée, suivis de douches sur les membres paralysés, réussissent chez les saturnins, tandis qu'en général ils supportent mal les bains chauds. Dans les bains sulfureux vantés par Tanquerel, l'action appartient moins au soufre qu'au bain lui-même et à sa température. Les préparations de strychnine et de briicinc, employées par Fouquier, ont été chaudement préconisées par Tanquerel ; sur 40 cas soumis par lui à ce traitement, le plus grand nombre aurait guéri, les autres auraient éprouvé une amélioration positive. Dans un cas de paralysie saturnine, j'ai obtenu de bons effets des injections hypodermiques de strychnine (1-5 milligrammes tous les deux jours). Enfin le traitement hydrothërapique exerce une heureuse influence sur les dyscrasies saturnines et leurs conséquences. Au commencement, on fait tous les jours des frictions humides, suivies de demi-bains à 18°-16° C; on pratique ensuite des enveloppements humides (jusqu'au retour de la chaleur), puis des affusions dans un demi-bain, et enfin des douches locales ou des grands bains de courte durée. Cette méthode fournit, comme j'ai pu m'en convaincre, de merveilleux résultats. Dans la répartition des succès entre les différentes méthodes thérapeutiques, la nature est bien loin de l'injustice et de la partialité qui sont chose fréquente chez les hommes.
Les affections nerveuses mercurielles doivent être mentionnées à la suite des maladies saturnines. Elles se produisent à la suite de l'absorption de préparations mercurielles par la peau ou par les muqueuses, ou après l'inhalation de vapeurs mercurielles répandues dans l'atmosphère ; elles peuvent entraîner des troubles plus ou moins profonds dans les organes périphériques et centraux. Dans ce dernier cas, on voit survenir des arthralgies mercurielles, des affections des organes des sens, des tremblements dans les membres supérieurs et inférieurs, des paralysies généralisées des bras et des jambes; quand l'intoxication agit sur l'encéphale, ce sont des vertiges, de l'insomnie, de Thypochondrie, des attaques épileptiformes, quelquefois même, mais rarement, de la manie et de l'idiotie.
Au point de vue thérapeutique, après avoir soustrait le malade à
l'action ultérieure du mercure, on en provoque l'élimination en excitant les fonctions intestinales et rénales, au moyen des bains, du séjour à la campagne. Dans les tremblements et les parésies mercuriels, de Haen avait déjà obtenu 9 guérisons (Ratio med., t. III, p. 201-209) par l'électricité. J'ai aussi obtenu de bons résultats de la galvanisation des nerfs ou du traitement faradique des muscles parésies, dans plusieurs cas de tremblement mercuriel et de parésie (chez les chapeliers, qui manient des préparations au sublimé).
Dans Vintoxication arsenicale chronique^ on voit survenir, au milieu de symptômes céphaliques, avec névralgies vagues, sensation d'engourdissement, anesthésie, des tremblements des membres, une atrophie et une paralysie des extenseurs aux membres supérieurs, et de la paraplégie. Dans un cas que j'ai publié, ainsi que dans une seconde observation du Smoler (Zsclir. f.prakt. Ileilk., n"" 19 et 20, 1865) , la contractilité et la sensibilité électro-musculaires étaient considérablement diminuées. Chez le dernier de ces malades, qui avait conservé au même degré de la faiblesse des jambes, même après un temps assez long, on obtint une augmentation rapide de la contractilité électrique et un prompt retour de la motilité, en pratiquant tous les jours la faradisation des muscles.
Les paralysies et les troubles de la parole déterminées par V oxyde de carbone peuvent se rattacher à des foyers de ramollissement cérébral (Th. Simon), mais dnns les cas graves seulement. Les atrophies et les paralysies des jambes consécutives aux inhalations de sulfure de carbone (ouvriers des fabriques de caoutchouc, Delpech) sont des accidents rares. On peut en dire autant de la paralysie des doigts causée par Vanilme (comme dans une observation de Clemens avec blessure de la peau), des paralysies phosphoriques de l'avant-bras (Gallavardin), ainsi que des paralysies consécutives aux intoxications légères (par l'acide cyanhydrique, la nicotine, etc.).