PERTES SÉMINALES
désigne SOUS le nom de polluiioiis. Leurs conditions éliolo(ji<jnes les plus IVéqucnlcs sont : la masturbation pendant l'cnlance et la jeunesse (surtout chez les sujets d'une vive excitabilité naturelle), les pensées erotiques (entretenues par des lectures ou des inuu'es obscènes), et les surexcitations du système génital par des excès vénériens. Dans beaucoup de cas, l'aiTection a pour buses des lésions anutomiques et des troubles fonctionnels. Dans la constipation liabituelle, V évacuation de matières fécales dures s'accompagne assez souvent d'une perte séminale (reconnaissable au microscope), laissant après elle, et souvent pendant plus d'une heuic, une sensation désagréable dans l'urèthre. Les maladies du rectum (bémorrhoïdes, oxyures abondants, comme dans deux cas que j'ai observés), les maladies de la vessie (calcul, catarrhe), des vésicules séminales^ de la prostate, de Vurèlhre (blennorrhagie), du gland (herpès, phimosis, accunmlation de sébum), peuvent provoquer et entretenir les pollutions.
Enfin, certains états d'irritation de la moelle s'accompagnent de pollutions fréquentes. Quoique ne partageant pas les sombres prévisions de Tissot, qui menaçait de folie, d'amaurose, d'impuissance et d'ataxie, presque tous les malades atteints de pollutions, nous devons cependant reconnaître que les pollutions fréquentes, se répétant pendant plusieurs années, ne sont pas sans dangers, comme dénotant une diminution dans l'énergie du système nerveux spinal. Nous nous sommes expliqué plus longuement sur ce point à propos de l'étiologie de l'ataxie, page 577.
Les pollutions plus modérées et plus rares, sans influence sur les forces et la nutrition, peuvent disparaître spontanément, en réglant le genre de vie et le coït. Mais les pertes séminales qui, par leur fréquence, débilitent rapidement l'organisme pendant la jeunesse et persistent pendant des années, finissent par épuiser le système nerveux, altèrent sa force de résistance contre les influences extérieures, conduisent à l'hypochondrie, à une faiblesse intellectuelle très-prononcée, et deviennent assez souvent la cause d'affections spinales. Les pollutions du stade d'excitation de l'ataxie s'accompagnent ordinairejuent d'autres signes caractéristiques : névralgies fréquentes, surtout sciatiques, fatigue facile, diplopie })assagère, faiblesse pendant le coït, exciiabilité électrique augmentée.
Pour le traitement des pollutions^ il faut avant tout s'adresser à leur cause. Contre les bémorrhoïdes, la conslipation habituelle, h;s oxyures du rectum, on prescrira des lavements d'eau froide, de vinaigre, ou des lavements additionnés de sublimé. Il n'est pas moins important de régler le genre de vie des sujets affectés de pollutions.
Des exercices physiques et des travaux intellectuels modérés sont indiqués pour entretenir l'équilibre des forces, et prévenir les rêves erotiques ou les égarements de l'imagination. L'alimentation doit être l'ortifiar.te, à l'exclusion des préparations grasses, épicées, et des boissons échauffantes. Le soir, le malade prendra seulement un peu de lait ou une glace, en buvant très-peu, car la réplétion de la vessie provoque facilement des érections. Il couchera sur des matelas et des oreillers durs, peu couvert, et en évitant le décubitus dorsal; un sommeil prolongé et la sieste dans la journée doivent être évités.
Parmi les médicaments internes^ on emploiera la quinine et le fer chez les sujets anémiques. Le camphre, le lupulin, de 2 à 4 décigrammcs matin et soir, le bromure de potassium, 2 à 5 grammes par jour, ont une action sédative sur les érections; la daturine est une préparation infidèle et coûteuse. On obtient aussi de bons effets de la belladone (extrait, à l'intérieur ou en suppositoire), de Y atropine (en augmentant les doses avec précaution). Je dois citer la teinture de Fowler comme un excellent sédatif des fonctions génitales ; on en donne, pendant longtemps, de 5 à 10 gouttes sur un morceau de sucre avant de se mettre au lit. J'en ai obtenu aussi de bons effets contre le priapisme.
Lallcmand recommandait la cautérisation de la région prostatique au moyen d'un crayon de nitrate d'argent dissimulé dans un cathéter; deuxou trois cautérisations, renouvelées à deux ou trois semaines d'intervalle, devaient faire disparaître la maladie dans la plupart des cas. Dittel (de Vienne) a imaginé un moyen moins douloureux et plus précis, consistant à introduire avec le porte-caustique, jusqu'à la région prostatique, un suppositoire uréthral au beurre de cacao et nitrate d'argent (8-12 milligrammes), en surveillant sa position par le toucher rectal. On emploie aussi les introductions intermittentes de sondes élastiques ou de bougies de cire enduites d'onguent belladone, entin le cathéter mèii\\\k[\ic; on trouve presque toujours del'hyperesthésie du canal de l'urèthre.
Le traitement hijdrothérapique est le moyen le plus prompt et le plus efficace pour arrêter les pollutions à leur début. On connaît depuis longtemps l'action bienfaisante des lotions froides sur tout le corps (à l'exception des organes génitaux). On obtient des effets encore plus fortifiants et plus durables par les bains de siège de courte durée, pris le matin, et suivis de frictions humides; plus tard on les combine avec des demi-bains refroidis, des affusions dorsales, de petites douches sur le périnée ou sur la région lombaire. Pour le traitement électrique, on place l'anode d'une batterie de force moyenne sur la