‹ Traite clinique des maladies du systeme nerveuxChapitre 131 sur 184 · LÉSIONS NEUVEISKS RHUMATISMALES. GG · texte numérisé non relu

LÉSIONS NEUVEISKS RHUMATISMALES. GG

cinquième joui' la parole embarrassée. A une période ullérieure il survint de l'aneslliésie de loule la surface du corps, de raiialgésic des pieds el des muqueuses, ainsi que de l'anaphrodisie. Cet étal dura cinq jours cl céda complètement à l'emploi de Lains de vapeur et de l'électricité. Komberg, Meyer, Kaulicb, Griliitli, (Ibristopliers, ont observé aussi ces mêmes I roubles de la sensibilité sous l'influence du froid, s'étendant plus ou moins à la motilité, et à des régions du corps plus ou moins étendues. La paralysie par réfrigération peut occuper les deux extrémités inférieures, ou l'une des moitiés du corps. Iloppe, Romberget E. 11. Weber ont publié des exemples de la forme bémiplégique.

Dans le cas de ce dernier auteur, il s'agit d'un homme âgé qui s'était assis près d'une fenêtre ouverte, le corps étant couvert de sueur, et qui fut pris de paralysie motrice et d'analgésie de la moitié droite du corps (avec conservation de la sensibilité au contact). Chez un malade que j'ai observé (Mecl. Halle, l<SGi), il survint, à la suite d'un fort refroidissement, d'abord de rhyperesthésie,puis de l'analgésie, de l'aneslhésie cutanée et musculaire du côté droit du corps ; elles comprenaient les territoires nerveux des parties antérieures et postérieures des membres, s'arrètant sur le tronc à la ligne médiane, et remontant jusqu'à la zone de distribution des rameaux antérieurs de la quatrième paire cervicale, ce qui démontrait l'origine spinale de ces phénomènes. Le traitement par les courants continus, dirigés de l'épine dorsale vers les nerfs et les muscles atteints, amena une guérison complète en trois semaines.

Quant à la nature des paralysies du mouvement et de la sensibilité par réfrigération, on peut dire, en se basant sur les expériences et les faits patbologiques rapportés précédemment, que les troubles en question, lorsque le froid se borne à une action superficielle, sont la conséquence d'une action directe du refroidissement sur les nerfs vasculaii^es de certaines régions ; et quand l'influence du froid se fait sentir plus profondément, qu'ils résultent d'une irritation réflexe des systèmes vaso-moteur et spinal. En faveur du caractère local de ces pbénomènes, on peut invoquer les paralysies du trijumeau et du facial, les névralgies faciales produites par l'action du froid, l'anestbésie locale obtenue par le procédé de Ricbardson (pulvérisation d'éther ou de liquides analogues), l'anestliésie des mains qu'on observe chez les blanchisseuses ; on peut citer enfin les faits observés par Noihnagel (Arch. f. klin. Med. Il Bd., 2 Heft), d'anémie locale et de troubles de la sensibilité (par suite d'un spasme des capillaires artériels des mains et des avant-bras), surtout chez des femmes occupées à des lavages dans l'eau froide. J'ai connu aussi un homme de 50 ans, d'un tempérament névropathique, qui, chaque fois qu'il s'exposait à la fraîcheur pendant l'automne.

était pris aux deux mains d'un pareil spasme vasculaire, surtout dans les trois premiers doigts, qui devenaient engourdis, paies et mous, comme cadavériques, mais revenaient promptcment à l'état normal sous l'influence de la chaleur.

L'inlluencc réflexe du froid sur le système vaso-moteur et spinal est prouvée par un grand nombre d'observations. Comme le montrent les recherches relatées plus haut sur les applications de glace, surtout au niveau du nerf cubital, l'augmentation de température qu'on voit survenir sur le trajet de ce nerf n'esl que la conséquence d'une paralysie réflexe des nerfs sympathiques. L'élévation de température dans les membres, que Chapman a obtenue dernièrement par l'application de la glace sur la colonne vertébrale ; les nombreux exemples cités plus haut d'analgésie, ou même de troubles de la motililé des extrémités, à la suite de refroidissements violents ; enfin les irritations vasculaires du système spinal déterminées par un refroidissement des pieds ou du dos, avec prolifération consécutive du tissu conjonctif, ce sont là autant de preuves de la profonde action réflexe du froid sur le grand sympathique et le système spinal.

Le diagnostic des paralysies par refroidissement repose sur la constatation de l'action du froid, le corps étant échauffé, el des troubles consécutifs du côté de la sensibilité et du mouvement. Le pronostic de cette affection est généralement favorable. Dans les formes légères, et chez les sujets jeunes, d'une bonne santé anlérieure, la maladie peut rétrocéder spontanément et guérir dans l'espace d'une à deux semaines. Dans les formes plus étendues et plus rebelles, elle ne disparait qu'au bout de plusieurs semaines.

Le traitement des paralysies à frigore se compose, dans les formes légères, de bains de vapeur, terminés par une douche. Quand la maladie se prolonge, il faut recourir à Viodure de potassium intus et extra, et ensuite à Vélectricité. Contre les paralysies de la sensibilité, on emploie le pinceau éleclrique sec; quand l'anesthésie occupe les parties profondes, on mouille préalablement la peau. A mesure que la sensibilité repariiît graduellement, on diminue aussi la force du courant électrique. Dans les paralysies compliquées de troubles sensitifs, on obtient de bons résultats de la faradisation des muscles, et surtout de la galvanisation des nerfs rachidiens et des nerfs musculaires. On se trouve aussi très-bien du traitement lujdrothérapiqKe (IVictions, enveloppements humides jusqu'au retour de la chaleur, suivis de demi-bains et de douches). Ouchpies auteurs recommandent les bains de mer.

Les formes désignées ordinairement sous le nom de paralysies

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rhumatismales sonl des troubles de la inotililé circonscrils, résultant de l'action du l'roid et se nianilestant à ravanl-bras, à l'épaule, à la nuque ou au membre inférieur. La plus lré(|uenle est la paralysie de r avant-bras, dans laquelle les muscles do la région externe, innervés par le radial, et plus exposés au froid que les autres, sont le plus souvent pris. D'après le sim[)le aspect extérieur, cette affection se dislingue difficilement des paralysies traumatiques, saturnines et hystériques. Pourtant, dans les blessures du nerf radial, tous les muscles qui en dépendent sont paralysés, et ont perdu plus ou moins régulièrement leur contractilité électri({ue. La paralysie saturnine affecte de préférence certains muscles, et dans un ordre déterminé ; elle se montre presque toujours en même temps (mais non pas au môme degré) dans les deux bras. Dans la paralysie hystérique, la contractilité électro-musculaire est conservée, les sensibilités électro-musculaire et électro-cutanée sont diminuées ou abolies.

Dans les cas récents de paralysie rhumatismale de l'avant-bras, la contractilité électro-musculaire est conservée, la sensibilité électromusculaire presque toujours augmentée ; dans les affections anciennes, avec ou sans complication d'atrophie musculaire, on constate une diminution modérée du raccourcissement électrique et de la sensibilité. Dans ces cas, la motilité se rétablit par la faradisation des muscles, ainsi que par les courants continus labiles (de l'épine dorsale vers le nerf radial ou vers les extenseurs). Les bains de vapeur ou les eaux minérales combinées avec l'électricité, donnent aussi de bons résultats.

Il n'est pas rare d'observer la paralysie rhumatismale à la suite du rhumatisme musculaire. Mais elle n'apparait qu'après la cessation des douleurs, dans les premières tentatives de mouvement accomplies par les malades. Comme Froriep l'a montré le premier {Ueber lleilwirkungen der Elektricitàt , I, II. die rheumat. Schwiele, 1843), il se produit, dans les formes morbides rhumatismales, des exsudations, qu'il a désignées, suivant le siège, sous le nom d'épaississement du tissu conjonctif, de la peau, des muscles ou du périoste. La myosite rhumatismale essentielle procède du tissu cellulaire aponévrotique, ou du tissu conjonctif interstitiel des muscles. La richesse vasculaire des muscles, qui favorise le développement de l'inflammation, en favorise aussi la résolution, ou bien elle conduit aux différentes terminaisons de l'inflammation : abcès, induration, transformation calcaire des exsudais, dégénérescence graisseuse. Après la période des symptômes d'irritation peuvent apparaître de l'amai-

grisseineiit, un abaissement de température et des troubles moteurs (paralysies, contractures).

Dans beaucoup de cas le rhumatisme musculaire paraît être une névralgie des rameaux cutanés et musculaires, qui auraient subi l'influence du froid. Beau avait déjà montré [Arch. qén., déc. 18G2) que les muscles les plus sensibles au froid sont ceux qui occupent les couches superficielles, immédiatement au-dessous de la peau (occipito-frontal, deltoïde, trapèze, masse sacro-lombaire). Pour préserver les muscles malades de nouvelles souffrances, la nature provoque une contraction réflexe dans les muscles voisins. Ainsi, dans le rhumatisme du deltoïde^ le bras est fixé contre le tronc par le raccourcissement des muscles des parois antérieure et postérieure de l'aisselle ; dans le rhumatisme du trapèze, le muscle malade est placé dans le relâchement et la résolution par la contraction du sterno-mastoïdien du côté opposé; dans le lumbago, la colonne vertébrale est inclinée vers le côté malad«^ par le carré des lombes (peut-être aussi par les intercostaux). Le traitement doit être réglé sur cette connaissance exacte de la pathogénie.

Le rhumatisme musculaire, quoique bénin par lui-même, peut cependant aboutir ensuite à la contracture, à la paralysie. Le traitement du rhumatisme musculaire peut être entrepris avec succès à ses différentes périodes. Le rhumatisme musculaire aigu guérit souvent de lui-môme par le repos et un traitement simple. Les formes chroniques, compliquées d'atrophie, deparésies ou de symptômes du côté des articulations, réclament la faradisation locale au moyen d'un courant secondaire, ou les applications locales de courants galvaniques. On se trouve bien aussi de l'emploi quotidien et longtemps continué des enveloppements humides jusqu'au réchauffement du corps, et suivis de demi-bains et de douches ; de même pour remploi des eaux minérales. Les contractures rhumatismales récentes guérissent rapidement par le passage d'un courant galvanique ascendant; dans les cas chroniques, les meilleurs moyens sont l'excitation faradique des antagonistes correspondants, ou la galvanisation locale avec des courants de plus en plus forts. Les paralysies rhumatismales cèdent à l'emploi prolongé du courant induit ou du courant constant labile. Nous reviendrons sur ces points avec plus de détails, en traitant des affections de chaque nerf en particulier.

On range ordinairement dans la catégorie des paralysies musculaires rhumatismales ces états dans lesquels la propagation cV inflammations articulaires rhumatismales provoque des processus myo^ pathiques. Ainsi l'arthrite rhumatismale de l'épaule peut gagner le deltoïde ou les muscles voisins ; l'inllamniation des vertèbres cervicales peut déterminer untorticolisi la périoslite de différentes régions, une paralysie des couches musculaires sus-jacentes. Nous avons tracé plus haut les règles du traitement de ces paralysies.

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