MALADIES DE L'ACCESSOIRE DE VVILLIS
courants secondaires, graduellement renforcés, ou de courants galvaniques stabiles conduits à travers les nerfs et les muscles (séances de cinq à huit minutes).
La crampe clonique unilatérale se compose rarement de convulsions isolées des muscles sterno-mastoïdiens avec attitude correspondante de la tête ; les muscles voisins, ceux de la mâchoire, de la face, du bras, sont aussi atteints de crampes; quand les convulsions se prolongent et augmentent de fiéqucnce, il survient de véritables paroxysmes, dont l'intensité prend un accroissement énorme par les excitations psychiques, et qui empêchent le malade de s'occuper et de circuler. Quand les scalônes sont pris, on peut observer, d'après Romberg, de la raideur, de l'anesthésie et de l'œdème du bras, par compression du plexus brachial et des veines.
La crampe clonique bilatérale des sterno-mastoïdiens {Salamm convulsion, Nevvnham) se rencontre très-rarement chez les adultes; chez un malade de Brodie, elle alternait avec de la folie. Dans la plupart des cas, ce sont des enfants (depuis la dentition jusqu'à la puberté) qui présentent des paroxysmes de cette affection, d'une durée plus ou moins longue, quelquefois de plusieurs jours; il s'y joint des convulsions de la face, du strabisme, voire môme des crampes généralisées et des troubles de la connaissance. Jusqu'ici, on n'a pas constaté à l'autopsie, si ces formes spasmodiques extraordinaires, et rares lieureusement, se rattachent à des exsudations de la base du cerveau, ou à une irritation hyperémique des racines de l'accessoire (comme dans quelques cas d'indigestion, ou de vers intestinaux). On aurait observé quelquefois le passage de cet état à l'épilepsie, à la paralysie, à l'aliénation mentale. Les crampes en' question peuvent aussi reconnaître d'autres causes : refroidissement, traumatisme, tumeurs, carie des vertèbres cervicales, lésions de la moelle cervicale, affections utérines, hystérie.
La terminaison de la maladie chez les enfants n'est pas toujours favorable. Le traitement des crampes cloniques du sterno-masloïdien ne donne que rarement des résultats durables. Il en est ainsi de l'hydrothérapie, des préparations de zinc, d'arsenic, de fer, du bromure de potassium et des inlialations de chloroforme. M. Meyer a guéri par la faradisation un cas de crampes de la face et du sterno-mastoïdien* Le courant constant a donné aussi quelques succès, appliqué sur l'accessoire, sur les muscles, ou sous forme de courants longitudinaux et transversaux à travers la tête ; dans les crampes graves, de cause réflexe, l'électricité est aussi peu efficace que les injections de morphine, l'atropine, les dérivatifs et les moyens orthopédiques.
Dans trois cas rebelles, Busch (B. klin. Wschr., 1875) s'est bien trouvé de inoxas appliqués de chaque côté des vertèbres cervicales, en entretenant longtemps la suppuration. La myotomie et la névrotomie (Busch) n'ont pas donné de bons résultats.
La paralysie de tous les muscles du cou (sterno-mastoïdiens et tra- j pèzes) s'observe très-rarement; je ne l'ai rencontrée que dans un cas d'atrophie musculaire progressive trcs-prononcée ; tous les muscles en question étaient réduits à l'épaisseur d'une feuille de papier, et pour empêcher sa tête de tomber en avant, le malade était obligé de la soutenir avec une cravate de carton. Les mouvements des muscles du cou étaient réduits à leur minimum, et ne s'accomplissaient que très-faiblement avec de grands efforts. Des paralysies périphériques du nerf spinal peuvent être causées par des refroidissements, des lésions traumatiques, les fractures des vertèbres cervicales, des tumeurs, les dégénérescences des ganglions lymphatiques, etc. Les deux paires de muscles innervées par l'accessoire peuvent être prises de paralysie, ou bien une seule d'entre elles, soit d'un seul, soit des deux côtés.
Dans la paralysie unilatérale du sterno-mastoïdien, il y a difficulté dans les mouvements volontaires de rotation vers le côté opposé, et le muscle, pendant ces mouvements, ne présente pas la forte saillie qui le fait reconnaître à l'état normal, tandis que cette particularité ne se remarque pas du côté sain; quand la paralysie unilatérale se prolonge, il s'établit un torticolis, par contracture du muscle sain. Dans la paralysie bilatérale du sterno -mastoïdien, la faculté de rotation de la tête est très-diminuée, la saillie des muscles effacée, et par suite la région latérale du cous'aplatit visiblement.
Le trapèze est souvent atteint de paralysie partielle (surtout dans l'atrophie musculaire progressive) ; dans la paralysie du faisceau inférieur, l'omoplate s'éloigne de la ligne médiane du dos, l'épaule peut encore s'abaisser ; mais quand les omoplates sont très-rapprochées, les rhomboïdes élèvent et attirent l'épaule autour de l'angle externe; dans la paralysie du faisceau moyen, l'omoplate est abaissée, le bord antérieur et l'angle interne s'écartent de la colonne vertébrale ; dans la paralysie de la portion claviculaire, il y a une difficulté considérable dans l'élévation du bras jusqu'à la ligne horizontale. Dans la paralysie des deux trapèzes, les omoplates s'abaissent en dehors et en avant, le dos parait plus large et plus voûté.
Comme complément à notre étude sur la pathologie et la thérapeutique des nerfs crâniens, il nous reste à étudier les maladies des nerfs rachidiens périphériques. Pour suivre l'ordre anatomique des distributions nerveuses, nous considérerons successivement les troubles nerveux dans les branches des plexus cervical et brachial, dans celles des nerfs thoraciques et du plexus lombaire, enfin dans celles du plexus sacro-coccygien.