‹ Traite clinique des maladies du systeme nerveuxChapitre 150 sur 184 · JSÉVRALGIE CliRVICO-OCCIPITALE · texte numérisé non relu

JSÉVRALGIE CliRVICO-OCCIPITALE

Cette névralgie, déjà connue de Bérard l'aîné, mais cliniquement établie surtout par Valleix, est en somme assez rare. Sa cause la plus fréquente est le refroidissement : beaucoup plus rarement la spondylite ou la périostite cervicale, les irritations de la moelle cervicale, les blessures des nerfs cervicaux, les corps étrangers, les adénites, tumeurs, les névrômes. Dans cette névralgie, les douleurs sont tantôt continues, sourdes et circonscrites, tantôt lancinantes, paroxystiques,

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s'étendant de l'occiput à la nuque et à l'épaule, et rendant impossible tout mouvement de la tête, ou même la mastication et la parole.

Les points douloureux indiqués par Valleix sont : 1° un point occipital entre l'apophyse masloïde et la première vertèbre cervicale, à l'émergence du nerf grand occipital (dans une de mes observations, ce point correspondait à l'articulation de l'écaillé de l'occipital avec le pariétal) ; 2** \m point cervical entre le sterno-mastoïdien et le trapèze, un peu au-dessus du plan médian du cou, à l'émergence des nerfs du plexus cervical (ce point n'est pas constant); 5° en arrière de l'apophyse mastoïde, un point mastoïdien, correspondant aux nei'fs petit occipital et grand auriculaire ; 4"* sur la circonférence de la bosse pariétale, un point pariétal, à la rencontre des rameaux du frontal, de l'occipital et du grand auriculaire ; 5° sur la conque de l'oreille, un pohit auriculaire (non constant). Quelquefois la névralgie cervicooccipitale est combinée à de la névralgie du trijumeau ou du plexus brachial. Comme trouble de nutrition, j'ai observé la chute des cheveux dans la région occipitale. Le diagnostic repose sur l'existence des points douloureux circonscrits, et des paroxysmes partant de ces points. Ces éléments distinguent aussi la névralgie du rhumatisme musculaire de la nuque, qui est assez fréquent; mais alors les douleurs, au lieu de se limiter à certains points, occupent tous les organes musculaires, et s'augmentent à un haut degré par les mouvements. L'irritation delà moelle cervicale se caractérise par les symptômes concomitants; dans la spondylite cervicale, il y a des douleurs, au niveau de la colonne cervicale, à la pression et pendant les mouvements, de la déviation, des craquements, et la tète se relève plus facilement quand on soutient l'occiput.

Le proîiostic de la névralgie simple est favorable; ordinairement, la guérison demande quelques semaines ou quelques mois, plus rarement des années. Le traitement, dans la névralgie symptomatique, doit s'adresser à la maladie principale. Dans la forme rhumatismale, on prescrit avec avantage les bains de vapeur et les vésicatoires volants; dans la forme intermittente, la quinine à haute dose. J'ai guéri un cas de ce genre en six semaines par la galvanisation avec des courants stabiles, d'intensité graduellement croissante (l'anode au cou, la cathode sur le point occipital). Dans un second cas, les injections sous-cutanées de morphine amenèrent une prompte amélioration; mais la guérison ne fut obtenue qu'au bout de plusieurs mois, par l'hydrothérapie (enveloppements humides de tout le corps, y compris la tète, jusqu'au retour de la chaleur, et ensuite demi-bains refroidis et affusions sur la tète).

TROUBLES NERVEUX DEPENDANT DU PHRENIQUE. 755

Les troubles moteurs des nerfs de la nuque, avec phcnoinèiies soit d'irritation, soit de paralysie, ont déjà été exposés précédemment ; nous en compléterons l'étude plus tard.

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