‹ Traite clinique des maladies du systeme nerveuxChapitre 167 sur 184 · ANGINE DE POITRINE VASOMOTRICE · texte numérisé non relu

ANGINE DE POITRINE VASOMOTRICE

Nous avons déjà fait remarquer que l'imperfection de nos connaissances actuelles sur l'innervation cardiaque, et l'absence de données anatomo-pathologiques suffisantes, nous empêchent d'arriver à une interprétation clinique des troubles du système nerveux du cœur. Tout en renvoyant, pour les symptômes de l'angine de poitrine, à la page 747, nous dirons ici, pour être complets, qu'un certain nombre de faits tendent à démontrer une participation (au moins partielle) du système grand sympathique aux symptômes de Vangine de poitrine. D'après les recherches de Bezold (Travaux du laboratoire de physiologie de Wûrzhourg, 1867), le cœur reçoit des fibres sympathiques, les unes contenues dans le sympathique cervical, les autres provenant du cerveau et se rendant au ganglion cervical inférieur et aux plexus cardiaques, par la moelle cervicale et la moelle dorsale; ces fibres pourraient transmettre au cœur des incitations centrales, avec ralentissement de ses contractions. Une observation de Lancereaux {Gaz. méd., 1864) montre que les altérations du plexus cardiaque peuvent donner lieu à des symptômes d'angine de poitrine ; le malade, sujet à des attaques de sténocardie, fut emporté par l'une d'elles, et l'on trouva à l'autopsie des lésions de l'aorte, un rétrécissement considérable des artères coronaires, une injection vive des parois vasculah^es et du plexus cardiaque, une accumulation de noyaux dans les filets nerveux et les ganglions, entre les tubes nerveux plus ou moins comprimés.

Comme les nerfs vasculaires du cœur sont contenus dans le grand sympathique, les recherches de Ludwig, de Thiry et des frères Cyon ont fait voir que, suivant qu'il y a excitation ou relâchement dans les appareils vaso-moteurs, on voit s'élever ou s'abaisser la pression dans le système aortique, et l'action cardiaque. Enfin les observations de Landois (Cori^esp. Blatt. f. Psych., 1(S66) et de Nothnagel (Ai^ch. f. klin. Med., 5 Bd., 1867) tendent aussi à démontrer l'orioine sympathique d'un grand nombre de cas de sténocardie. Le dernier de ces auteurs a publié, sous le nom d'angine de poitrine vasomotrice, des cas où les symptômes de la sténocardie avaient succédé à un spasme des vaisseaux artériels, ordinairement à frigore.

L'attaque s'annonce par des symptômes subjectifs : lourdeur, fourmillements, engourdissement, sensation de froid dans les membres, auxquels succèdent une anxiété précordialc et des battements de cœur, allant jusqu'à la syncope ; quelquefois on note aussi des douleurs sourdes dans In région du cœur, de la dyspnée et des vertiges.

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