LÉSIONS RHUMATISMALES DU GRAND SYMPATHIQUE
Nous avons fait connaître, page 665, les phénomènes de spasme et de dilatation vasculaires produits expérimentalement par Y action du froid sur les nerfs vasculaires cutanés. Nothnagcl a publié (Arch. f. klin. Medic, 2 Éd., 1867) des observations relatives à l'influence du froid sur le développement de troubles nerveux vaso-moteurs. Dans tous ces cas, TaffectioTi s'était montrée chez des femmes, surtout aux avant-bras et aux mains, après des lavages à l'eau froide. Il y avait de l'engourdissement, de la raideur des membres, des douleurs névralgiques, une diminution manifeste de la sensibilité, de la difficulté pour les petits mouvements, de la pâleur ou de la blancheur des doigts et des mains, et un abaissement réel de la température. C'est du spasme artériel causé par le froid, que dépendent l'anémie locale, ainsi que tous les autres troubles de l'innervation. Dans les affections vasculo-nerveuses, Chapman a agi sur les nerfs vasculaires, par des applications chaudes ou froides le long de la colonne vertébrale.
Dans un cas d'Eulenburg et Landois (Wien. med. Wschr., n" 56, 1868), il s'agissait de spasmes vasculaires revenant par accès, surtout dans la sphère du nerf médian droit, et s'accompagnant de troubles de la motilité (tremblements avec flexion des doigts et opposition du pouce). Pendant le traitement galvanique, on vit survenir, comme phénomène intercurrent, une éruption d'urticaire à la paume de la main et à la face palmaire de l'avant-bras. Le traitement de ces névroses vasculaires rhumatismales doit avoir pour but le relâchement du spasme des vaisseaux ; on a pour cela les frictions énergiques, les liniments volatils, et surtout le courant continu. On fait passer un courant stabile des vertèbres cervicales au plexus brachial, pendant 5-5 minutes (Nothnagel).
Nous avons dit précédemment que, dans la fièvre, le stade de frisson s'accompagne d'un spasme vasculaire, avec pâleur consécutive des parties superficielles du corps ; dans le stade de chaleur, il y a dilatation des vaisseaux, rougeur de la peau et transpiration. Le point de départ de ces phénomènes doit être dans les centres spinaux de l'inneryation vasculaire, surtout dans ceux de la moelle allongée. La fièvre résulte, pour Cl. Bernard, d'une parésie du grand sympathique; il s'appuie, dans cette manière de voir, sur ce fait que chez un animal atteint de fièvre, l'excitation du bout central d'un nerf sensitif fait cesser l'élévation de température.