NÉVROSES DU GRAND SYMPATHIQUE ABDOMINAL
Nous rangeons dans cette catégorie certains troubles nerveux particuliers qui s'observent dans les viscères abdominaux, sous l'influence du grand symphatique abdominal et des nerfs cérébro-spinaux avec lesquels il communique.
Ventéralgie [colique) consécutive aux influences rhumatismales, aux excitations psychiques ou à l'hystérie, et qu'on désigne aussi comme une hyperestfiésie ou une névralgie du plexus mesentérique , était déjà reconnue par les anciens auteurs pour une affection du grand sympathique. Le célèbre historiographe des affections sntur-
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nines, Tanquerel des Planches, avait placé principalement la colique de plomb sous la dépendance du grand sympathique (Traité des maladies de plomb, 1859); pourtant sur 49 autopsies de ce genre on a trouvé une seule fois les ganglions abdominaux du grand sympathique augmentés de 2 à 5 fois leur volume normal, et colorés en gris jaunâtre, comparés aux mêmes ganglions de deux autres sujets; Ségond aurait aussi trouvé les ganglions et quelques filets nerveux du grand sympathique, hypertrophiés et indurés (Essai sur la névralgie du grand sympathique, colique de Poitou, 1857). De nos jours, Kussmaul et Maier ont fait connaître un exemple de sclérose des ganglions cœliaque et cervical supérieur dans un cas de saturnisme chronique; nous l'avons cité en détail page 654.
D'après nos connaissances en physiologie, les nerfs moteurs que le grand sympathique envoie aux fibres musculaires des viscères et des vaisseaux, sont contenus, pour la plus grande partie, dans les racines antérieures, les postérieures servant à la transmission des excitations sensitives ou des impressions centripètes reçues par les mêmes filets sympathiques. La terminaison centrale des nerfs vasculaires abdominaux se fait dans le cerveau. Les lésions de la couronne rayonnante, de la couche optique et même du corps calleux, déterminent, d'après Valentin et d'autres, des hyperémies des viscères abdominaux, surtout de l'intestin grêle, des ramollissements et des ulcérations de la muqueuse ; sur les animaux sacrifiés depuis peu, on constate souvent que l'irritation de la couche optique ou du pédoncule cérébral n'agit pas sur les muscles striés, mais fait contracter les fibres lisses de l'intestin et des autres viscères abdominaux.
Il résulte de ces considérations, dont une grande partie est applicable à l'homme, que les excitations centrales (comme les émotions) peuvent déterminer de l'entéralgie, surtout chez les sujets très-impressionnables; d'autre part, l'incitation anormale des muscles intestinaux ou des fibres nerveuses intra-musculaires (par le plomb ? que Devergie, Meurer et Orfila ont retrouvé dans les parois intestinales chez les saturnins) pourrait gagner le centre par les voies de transmission indiquées plus haut, et provoquer des mouvements réflexes dans l'appareil musculaire de l'intestin. Par conséquent, les coliques ne seraient pas exclusivement une hyperesthésie simple du plexus mésentérique.
Les symptômes concomitants de la colique saturnine, pâleur et refroidissement de la face, ainsi que des membres, retard, petitesse et dureté du pouls, irrégularité de la respiration, doivent être rapportés (comme l'ont fait ressortir Eulcnburg et Landois, /. c.) à une excita-