‹ Traite clinique des maladies du systeme nerveuxChapitre 170 sur 184 · NÉVROSES DU GRAND SYMPATHIQUE ABDOMINAL · texte numérisé non relu

NÉVROSES DU GRAND SYMPATHIQUE ABDOMINAL

tien du centre médullaire du pneumogastrique, et à un arrêt réflexe des mouvements cardiaques et respiratoires, par analogie avec les expériences de Goltz sur la percussion des intestins. Les fibres qui agissent par voie réflexe sur le pneumogastrique sont contenues d'après Bernstein (Centralhlatt , n° 52, 1864) dans le système du grand sympathique et arrivent à la moelle par les rameaux anastomotiques. La section du grand sympathique au-dessus de ce point empêche l'expérience de percussion de Goltz. D'après Bernstein, chez les grenouilles, c'est le filet nerveux accompagnant l'artère mésentérique, qui transmet au système du grand sympathique les fibres réflexes des viscères abdominaux, et c'est par l'excitation de ce filet nerveux qu'on détermine l'arrêt du cœur. D'après les recherches récentes d'Asp, l'excitation du bout central du nerf trisplanchnique déterminerait un ralentissement du pouls et une élévation de la pression artérielle. Quant aux accidents de syncope notés par Romberg dans la colique de plomb, on ne peut affirmer jusqu'ici avec certitude qu'ils soient la conséquence d'un arrêt réflexe des actions cardiaques. La constipation intense, opiniâtre, qui accompagne presque toujours la colique de plomb, pourrait être attribuée à l'irritation prolongée du nerf trisplanchnique comme nerf d'arrêt des mouvements de l'intestin (Pfliiger). Les recherches récentes de Basch et de S. Mayer {Wiener akad. iSitz-Berichte, 1870 et 1875), et de Hougkest van Braam {Pfiitg. Arch., 1873), ont montré que l'action d'arrêt du pneumogastrique résulte des fonctions vaso-motrices de ce nerf; le lieu d'origine des fibres vaso-motrices du pneumogastrique est dans la moelle allongée.

Authenrieth et après lui Romberg ont admis une hyperesthésie du plexus solaire (névralgie cœliaquc), avec douleurs à l'épigastre, comme dans la gastrodynic névralgique (cardialgie), et irradiations dans le thorax et vers le dos ; en l'absence de lésions matérielles constatées, et de base physiologique, on n'est pas suffisamment autorisé à rattacher ces phénomènes au grand sympathique. Les gastralgies, comme les crises gastriques qui s'observent quelquefois dans le stade d'irritation de l'ataxie, s'expliquent mieux par les filets sensitifs récemment découverts dans le pneumogastrique. L'extirpation du plexus solaire n'a provoqué que des troubles trophiques de l'estomac et de la partie supérieure de l'intestin grêle (voy. pour plus de détails, p. 588). On a admis aussi \mQ hyperesthésie du plexus hypogastrique (sensations douloureuses dans les régions hypogastrique et sacrée, avec irradiations vers la cuisse et les nerfs hémorrhoïdaires), sur laquelle l'état actuel de nos connaissances physiologiques ne permet pas de se prononcer. U hyperesthésie du plexus spermatique, que

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Romberg et Hasse placent clans le plexus solaire, constitue la névralgie testiculaire, que nous avons citée avec les névralgies des troncs nerveux cérébro-spinaux du plexus lombaire (Cooper et Leubuscher lui attribuaient aussi la même origine).

A la même catégorie appartiennent encore la névralgie du canal de Vurèthre (qui s'observe chez l'homme, presque toujours accompagnée d'hyperesthésie locale et d'autres symptômes d'irritation de la moelle); les vives douleurs au col de la vessie (avec envies fréquentes d'uriner), et dans le rectum (dyeo, ténesme, constipation, sensation de chaleur brûlante), douleurs que Duchenne a rencontrées chez un médecin atteint d'ataxie commençante. Elles revenaient à des intervalles de deux ou trois mois et duraient jusqu'à 24 heures ; elles disparaissaient par les purgatifs, ou à l'apparition de la diarrhée. Plus tai'd seulement il y eut des douleurs lancinantes avec hyperesthésie cutanée, une amblyopie et une mydriase unilatérales sans diplopie ; l'éjaculation, pendant le coït, se faisait précipitamment ; pourtant on ne remarquait encore aucun trouble notable de la marche.

Les névroses de l'urèthre, du col de la vessie et du rectum, qui surviennent quelquefois dans le stade d'irritation de l'ataxie, doivent être considérées comme des symptômes d'irritation de la moelle lombaire, et notamment du centre génito-spinal et ano-spinal ; ici l'hypothèse d'un trouble fonctionnel du grand sympathique abdominal est tout à fait superflue. Nous renvoyons, pour plus de détails, aux considérations exposées pages 580-84.

Quelques auteurs ont parlé aussi à' anesthésies du gi^and sympathique. Bien que, d'après les recherches récentes de Hasse, certains poisons (comme l'opium, le curare) augmentent à un haut degré l'excitabilité réflexe de l'intestin, il n'en est pas moins vrai, d'une façon générale, que toutes les parties du grand sympathique ne présentent, à l'état normal, qu'un degré très-faible de sensibilité ; ni l'anatomie ni la physiologie ne nous permettent de formuler une opinion arrêtée sur les anesthésies en question. La suppression des mouvements (ceux de l'intestin, par exemple) peut avoir sa source aussi bien dans une abolition de l'excitabilité directe des ganglions périphériques, que dans des troubles de conductibilité dans les appareils réflexes.

Sur Vatrophie de la portion abdominale du grand sympathique, nous n'avons encore que des connaissances très-pauvres. Dans un cas de diabète sucré, rapporté par Munk (Congrès des naturalistes allemands, Inspruck, 1869), Klebs trouva une atrophie du ganglion solaire, avec intégrité des filets nerveux destinés à l'artère hépa-

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