‹ Traite clinique des maladies du systeme nerveuxChapitre 178 sur 184 · AFFECTIONS TROPIIIQUES DES OS ET DES ARTICULATIONS · texte numérisé non relu

AFFECTIONS TROPIIIQUES DES OS ET DES ARTICULATIONS

ticulations, observées après les lésions nerveuses traunialiques, soit expérimentales, soit accidentelles, ont été mentionnées pages 672-80. Dans la section chii^urgicale des gros troncs nerveux chez l'homme, on a noté aussi des altérations profondes des os. Dans un cas emprunté à Rombcrg (excision d'un fragment du nerf sciatique pour un névrome, par Dieffenbach), il y eut d'abord une paralysie motrice et sensitive de la jambe droite; plus tard on vit survenir des ulcérations au talon et sur le bord externe du pied, des fragments d'os nécrosés furent éliminés, la peau s'écailla, les ongles s'exfolièrent, tandis que la température du pied paralysé présentait une élévation notable.

Charcot, Fournier et d'autres ont observé des arthropathirs, un gontlement des articulations métacarpo-phalangiennes et des tendons extenseurs des doigts dans l'apoplexie cérébrale ; nous avons exposé ces faits, avec les autres résultats des autopsies, p. 80. Dans le même ordre de faits rentrent aussi les formes d'arthropathic spinale, récemment mises en évidence par Charcot (/oc. cit.). D'après Bail, on aurait vu jusqu'ici onze faits analogues dans l'ataxie locomotrice progressive. Dans ces cas, sans aucune cause extérieure, et en même temps que les douleurs fulgurantes et les premiers troubles de la motilité, on voit survenir un gonflement occupant presque toujours une des grandes articulations. Dans un cas de Bail, il y avait une hydarthrose du genou ; la ponction exploratrice amena un liquide séreux, contenant des globules sanguins; les révulsifs et la galvanisation (loco dolenti et sur l'épine dorsale) furent sans effet. Chez un malade qui présentait un gonflement de l'épaule, avec hydarthrose et craquements pendant les mouvements, et qui succomba à une diarrhée cholériforme, on trouva à Vautopsie : rugosités et érosions de la tête de Vhumérus, sans traces de cartilage; résorption d'une partie de la substance osseuse ; formation d'ostéophytes ; la surface de la cavité glénoïde était également dépolie et privée de cartilage ; l'articulation était remplie d'un liquide jaunâtre, mais sans aucun signe d'inflammation ; il y avait seulement un épaississement de la capsule synoviale, avec dépôt de quelques lamelles osseuses; rien à la clavicule ni à l'acromion. Dans la moelle, dégénération grise des cordons postérieurs, atrophie des racines postérieures.

Nous avons discuté, p. 588, le diagnostic différentiel de ces affections articulaires, et nous avons dit aussi que Charcot et ses élèves en ont trouvé la cause anatomique dans une atrophie des cellules des colonnes grises antérieures; dans un seul cas, où cette lésion manquait, il y avait une tuméfaction très-prononcée et des altérations des ganglions spinaux, Comme les membres atteints de ces arthropathies

présentent souvent aussi de l'atrophie musculaire, et comme l'atrophie musculaire progressive se complique quelquefois des mêmes arthropathies (Remak,Patruban et l'auteur) , on doit conclure de ce rap^ prochement, que les centres tropliiques des articulations sont trôs-« voisins de ceux des muscles, dans les cellules des cornes antérieures. Ajoutons enfin que Brown-Séquard , après incision unilatérale de la moelle lombaire, a vu survenir une arthrite du genou du côté corres^ pondant.

L'épaississement des extrémités articulaires, dans certaines formes d'arthrite, a été rattaché par Remak à une affection des ganglions sympathiques. En pareil cas, la galvanisation du grand sympathique au cou ferait diminuer le gonflement articulaire et les douleurs, tandis que le traitement local est inactif. L'épaississement des têtes des métacarpiens, dans l'atrophie musculaire progressive, a été signalé pour la première fois par Remak, et j'en ai rencontré deux exemples; dans un autre cas, j'ai observé une déformation tout à fait semblable de la main, chez un peintre atteint de paralysie saturnine. L'arthrite hystérique (Brodie), avec hyperesthésie, tuméfaction et œdème, a été déjà considérée par Cohen {Névroses vaso-motrices, Arch. génér., 1865), comme une hyperémie vaso-motrice des articulations.

Les inflammations des nerfs, suites d'affections centrales ou périphériques, s'accompagnent quelquefois de gonflement, de rougeur et de sensibilité des jointures. Gubler etNicaise ont vu, dans la paralysie saturnine, des tuméfactions des tendons extenseurs ^ circonscrites, grosses comme des noisettes , et douloureuses pendant les mouvements. L'influence des lésions nerveuses sur ces troubles de nutrition est rendue probable par l'apparition des mêmes accidents dans les paralysies apoplectiques et traumatiques; là aussi on voit assez souvent se prendre les articulations de la main et des doigts.

Tel est l'état actuel de nos connaissances sur les névroses vasomotrices. Ce sont les premières pierres, encore mal jointes, de l'édifice, en attendant le jour où de nouvelles découvertes l'auront achevé et consolidé.

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