‹ Traite clinique des maladies du systeme nerveuxChapitre 177 sur 184 · AFFECTIONS TROPHIQUES DES OS ET DES ARTICULATIONS · texte numérisé non relu

AFFECTIONS TROPHIQUES DES OS ET DES ARTICULATIONS

Schiff est le premier qui ait démontré expérimentalement Finfluence des nerfs sur les altérations trophiques des os. La section des nerfs des membres chez les mammifères, et la destruction de la moelle lombaire, provoquent une dilatation des vaisseaux sanguins, non-seulement dans les parties molles et les muscles, mais aussi dans le périoste et les os. Sur un animal adulte, le membre reste paralysé, et le diamètre des os diminue considérablement ; les bords et les apophyses sont arrondis, les cavités médullaires agrandies, le périoste épaissi, la proportion de matière calcaire diminuée. Les jeunes animaux se développent mal, et présentent une hypertrophie des os, dès les premières semaines après la section des nerfs. Même chez des animaux adultes, la section du nerf dentaire inférieur a provoqué, au bout de quelques semaines, une hypertrophie de la moitié correspondante de la mâchoire ; Schiff explique ce fait en faisant remarquer que la mâchoire conserve ses mouvements, ce qui la préserve de l'atrophie , tandis que la dilatation vasculaire persiste comme cause de l'hypertrophie.

Dans le domaine des faits pathologiques, les exemples sont trèsnombreux de lésions osseuses et articulaires se développant sous l'influence du système nerveux. Dans la paralysie infantile spinale, il y a une atrophie des os, un rétrécissement des vaisseaux, un abaissement de température et une coloration livide du pied, dont nous avons parlé en temps utile. Virchow (Gesam. Abh. 1858) a décrit un cas de paralysie progressive et d'atrophie des os, après une fièvre typhoïde ; l'autopsie démontra une myéloméningite chronique et un hydrorachis de la région cervicale. Il faut ranger sans doute parmi les atrophies de cause nerveuse, parmi les troubles trophiques d'origine centrale, l'observation de Chambers (Med, chir. Transact. vol. XXXVll, 1854), d'atrophie musculaire très-prononcée, avec complication d'ostéomalarie ; et le fait de Le Gendre et Friedreicli,où l'atrophie musculaire progressive présentait la complication très-rare d'atropfiie osseuse concentrique, celle-ci s'étendant aussi aux os iliaques, aux côtes, et aux cartilages épiphysaires. Nous avons signalé, dans un précédent chapitre, l'atrophie osseuse et les autres troubles de nutrition si caractéristiques, qui se montreut dans l'atrophie unilatérale de la face. Les périostites, les hypertrophies des os et des ar-

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