ŒOÈME CÉRtBRAL
L'intiltration séreuse du parenchyme cérébral, décrite sous le nom d'œdème cérébral, se rencontre dans différentes affections encéphaliques à un degré peu élevé et sous forme limitée. Les surfaces de section de la substance blanche montrent alors une humidité et un brillant inaccoutumés, avec un changement imperceptible de consistance. Quand l'œdème est plus prononcé et plus généralisé, la substance médullaire est imprégnée de liquide, molle comme de la pâte, et d'un blanc mat éclatant ; dans les infiltrations aiguës très-intenses des espaces sous-arachnoïdiens, des ventricules, et dans les lésions en foyer, la substance cérébrale est réduite en bouillie et presque liquéfiée, baignée dans la sérosité, et tantôt de couleur blanche, tantôt, dans le voisinage des foyers d'apoplexie ou d'encéi)halite, colorée en jaune par résorption des éléments du sang.
L'œdème cérébral à marche chronique peut entraîner peu à peu
une véritable macération du cerveau, comme on l'observe dans certains cas de sénilité et d'idiotie, avec tous les signes de la décrépitude morale et physique. L'œdème cérébral à marclie aiguë peut causer la mort subite, par raugmentation rapide de la compression et du volume du cerveau. Bon nombre des morts suljites considérées par les anciens comme de l'apoplexie séreuse, appartiennent à ces ca«, dont on n'a pas distingué, d'ailleurs, avec une attention suffisante , les exsudations aiguës causées par l'encéphalie, les tumeurs, etc.
C'est un fait d'expérience que dans les maladies du cœur et des reins, dans la bronchite et la tuberculose chronique, on })eut voir éclater tout d'un coup des accidents promptement mortels de compression cérébrale, et qu'à l'autopsie on ne découvre autre chose que des infiltrations séreuses considérables du cerveau, quelquefois aussi de l'hypérémie des méninges. Les malades perdent subitement connaissance, tombent, les membres sont dans la résolution, les sphincters relâchés , l'irritabilité réflexe considérablement affaiblie, les pupilles contractées réagissent peu ou point ; le délire apparaît ordinairement, la respiration et la déglutition deviennent de plus en plus irréguliéres et difficiles, la mort arrive dans le coma au bout de quelques heures ou de quelques jours. Dans un cas de Bamberger (avec œdème cérébral partiel), il y eut une hémiplégie complète.
Ces manifestations apoplectiformes constitueront dans quelques cas, lorsqu'on pourra éliminer avec certitude les affections organiques de l'encéphale, des données anamnestiques suffisantes pour reconnaître sur le vivant une exsudation séreuse aiguë du cerveau. Le diagnostic sera toujours bien incertain ; car les anatomistes euxmêmes (Piokitansky, Lehrh. d. patliol. Anat. II Bd. p. 452-54) n'admettent la réalité des apoplexies séreuses sur le cadavre qu'avec beaucoup de réserves.