‹ Traite clinique des maladies du systeme nerveuxChapitre 46 sur 184 · PARASITES DU CERVEAU · texte numérisé non relu

PARASITES DU CERVEAU

le plus souvent la cavité intérieure du kyste est remplie d'un li({ui(lc clair ou dans lequel nagent des débris, et contient des vésicules secondaires; celles-ci sont appelées acéphalocystes, et leurs bourgeons sont dépourvus de crochets. L'enveloppe externe peut aussi manquer quelquefois.

Il y a localement des réactions qui se manifestent par de la congestion, de l'inOammation, du ramollissement et de l'alrophic des parties adjacentes, par suite de la compression qu'elles subissent; on trouve plus rarement des scléroses partielles, des hémorrhagics, mais beaucoup plus souvent de l'hydropisie et do la dilatation des ventricules, de l'anémie et de l'aplatissement du parenchyme cérébral, ou de l'amincissement des os du crâne chez les enfants. Quelquefois aussi les échinocoques périssent dans le cerveau, se ratatinent et subissent la transformation calcaire.

L'échinocoque du cerveau chez l'homme est rare dans certains pays; dans d'autres, au contraire, comme l'Islande, l'Austi'ajie, il se rencontre fréquemment; dans ces pays, la transmission fréquente du parasite à l'homme se ferait par les bestiaux et par les chiens de berger. L'affection, d'après Morgan, est plus fréquente chez les hommes que chez les femmes; l'échinocoque est rare dans les 15 premières années de la vie; il augmente de fréquence de 15 à 25 ans, mais redevient ensuite plus rare.

Les symptômes de V échinocoque du cerveau sont, en général, peu caractéristiques. Le symptôme le plus constant est la céphalalgie ; viennent ensuite le vertige, les vomissements, les tremblements, les attaques épileptiformes (19 fois sur 40 cas, d'après Morgan), elles troubles de la vue (dans 27 cas), sous forme de névrite optique ou d'atrophie blanche : l'intelligence paraît rarement altérée. Deux cas ont été observés récemment, où des kystes à échinocoques se sont fait jour de la cavité crânienne vers l'extérieur, et dans lesquels l'attention a été attirée sur quelques autres signes. Dans un cas de Reeb (Recueil de Mém. de med. et de chir. milit.. 27; 1871), il s'agit d'un garçon de cinq ans, atteint de chorée et d'atrophie des nerfs optiques, chez lequel on trouvait au-dessus du pariétal gauche une tumeur fluctuante faisant saillie à travers une fissure de cet os. A l'autopsie, on trouva sur les deux lobes postérieurs et dans les ventricules des vésicules d'échinocoques qui avaient détruit la dure-mère et s'étaient fait jour hors de la cavité crânienne, entre les sutures lambdoïde et sagittale. Dans un second cas plus récent de Westphal [BerL klin. Wschr., n° 18; 1875), il s'agit d'un jeune homme de dixsept ans, qui avait eu antérieurement des maux de tête, et qui pré-

senta ensuite des vomissements, de la photophobie, des troubles de la vue, de la cécité et de l'exophthalmie du côté droit, et plus tard une parésie du côté gauche et une saillie de la région pariétale droite. Après un œdème passager des paupières et de la conjonctive du côté droit, on aperçut à la la région frontale deux pertes de substance dans l'os, au niveau desquelles apparurent des tumeurs ; à l'incision, il s'écoula par la plaie, ainsi que par la narine gauche, plus de 90 vésicules variant de la grosseur d'un pois à celle d'un poing d'adulte, avec des bourgeons et des crochets facilement reconnaissables. Ce cas se termina par la guéri son.

Le diagnostic des échinocoques intra-cérébraux sera difficilement établi avec quelque vraisemblance (comme pour les cysticcrques du cerveau). Quand les hydatidcs sont situées dans la cavité crânienne, le diagnostic pourrait se faire, selon Westphal, d'après les circonstances suivantes : symptômes de tumeur apparaissant et disparaissant alternativement, œdème des paupières, surtout pertes de substance dans les os, apparition de tumeurs circonscrites, ponction exploratrice. La chiiH'e des symptômes, dans les cas réunis par Morgan, est en moyenne d'un an et demi.

Quant à la marche de l'affection, dans presque tous les cas elle s'est terminée par la mort. Il y a eu guérison complète seulement chez un malade de Moulinié, âgé de quinze ans (après trépanation), chez un malade de Fletcher, âgé de vingt-trois ans (après incision frontale), et dans le cas de Westphal cité plus haut. Chez un garçon de dix ans observé par Berncaslle, il y eut une amélioration très-sensible après écoulement du liquide par l'oreille. Le traitement se déduit de tout ce qui précède. Morgan a fait des expériences heureuses sur des moutons , auxquels il introduisait un trocart à travers l'ethmoïde ou une partie molle du crâne ; d'après cela, il a proposé de trépaner le crâne chez l'homme, et de ponctionner le cerveau avec un trocart explorateur; mais en raison du peu de certitude des signes pathognomoniques des échinocoques cérébraux, et de l'impossibilité presque absolue d'en reconnaître le véritable siège en palpant et en percutant le crâne préalablement rasé, on ne pourra que très-exceptionnellement prendre en considération et mettre en pratique le conseil de Morgan.

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