‹ Traite clinique des maladies du systeme nerveuxChapitre 5 sur 184 · PRÉFACE. VII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. VII

centres nerveux dans la rage, les lésions des vaisseaux artériels, dans la syphilis cérébrale, et enfin les observations qui établissent, d'après le docteur Voigt, les rapports des anesthésies et des hyperesthésies cutanées avec les territoires nerveux du tégument externe.

La lecture des ouvrages écrits à l'étranger sur les maladies nerveuses m'a souvent fait songer à certaines études de pathologie comparative, qui s'appliqueraient à rechercher curieusement les altérations que les types morbides de cette classe peuvent éprouver, sans rien perdre cependant de leur autonomie, suivant les climats, les nationalités, les races, etc. Le plus souvent on n'aurait à relever, dans une étude de ce genre, que des nuances délicates ; mais la déviation peut aller parfois jusqu'à s'accuser par des modilications plus ou moins profondes, alors même qu'il s'agit seulement de pays limitrophes et placés sous des latitudes très-comparables. Ainsi — pour ne citer qu'un exemple que j'avais encore tout dernièrement sous les yeux et c'est là un sujet que je me réserve de développer quelque jour, — la névrose hystérique, en Angleterre, diffère assurément de ce qu'elle est en France, par des traits symptomatiques souvent très-accentués. L'hémianesthésie totale, entre autres particularités dignes d'être relevées, et aussi le grand mal hystéro-épileptique, ces phénomènes qui, dans l'espèce, sont, on peut le dire, vulgaires chez nous, ne s'observent que très-rarement de l'autre côté du détroit; tandis que les contractures permanentes des membres et bien d'autres symptômes du même ordre, désignés quelquefois par nos voisins sous le mon àliystérie locale, y sont au contraire chose commune. 11 ne semble pas que la même remarque puisse s'appliquer, dans le cas particulier, à la pathologie viennoise, car l'histoire de l'hystérie dans l'ouvrage du docteur Rosen-

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thaï est, à peu de chose près, celle que nous retrouvons tous les jours sous nos yeux. Sur d'autres points les dissemblances de terroir s'accusent peut-être davantage. Est-ce en raison de ces particularités locales que Fauteur est amené à restreindre le rôle des excès sexuels dans Tétiologie de l'ataxie locomotrice, pour accuser surtout le refroidissement ; et à donner comme relativement favorable, presque bénin, le pronostic de la méningite cérébro-spinale épidémique, assertion qui ne pourra pas manquer de causer quelque surprise aux épidémiologistes de notre pays '?

La partie thérapeutique ne sera pas la moins intéressante à consulter. L'auteur est depuis longtemps connu pour s'être appliqué d'une façon toute spéciale aux études d'électricité médicale, et dans cette catégorie, d'utiles emprunts pourront être faits à son livre, soit pour le diagnostic, soit pour le traitement, même dans le pays qui compte Duchenne de Boulogne parmi ses illustrations. Mais on remarquera surtout les préceptes formulés relativement à l'emploi des procédés hydrothérapiques. Telle que nous la présente le docteur Rosenthal, c'est-à-dire dégagée des actions perturbatrices qui ont suscité contre elle tant de préventions, et réduite, conformément d'ailleurs aux principes depuis longtemps proclamés en France par L. Fleury , par le docteur Lubanski père et quelques autres, à des pratiques simples, toujours mitigées, l'hydrothérapie doit entrer de plus en plus chaque jour dans le traitement des maladies chroniques du système nerveux , où elle compte déjà parmi nos ressources les plus puissantes.

Je crois en avoir dit assez pour montrer que l'ouvrage du docteur Rosenthal s'offre à notre appréciation avec des titres fort recommandables. Il est appelé d'ailleurs à remplir une lacune de notre littérature; car bien que les travaux originaux

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relatifs aux maladies du système nerveux se soient, depuis quelques années, rapidement succédé en France, nous ne sommes pas encore, à l'heure qu'il est, en possession d'un ouvrage spécial où les connaissances nouvellement acquises sur les divers sujets qui composent ce grand chapitre de la pathologie se trouvent rassemblées sous une forme didactique.

Pour ce qui est de la traduction à laquelle le docteur Lubanski a consacré ses labeurs, je me bornerai à relever, parmi les qualités qui la distinguent, l'exactitude poussée jusqu'au scrupule. C'est là un mérite qu'apprécieront ceux qui savent combien il est difficile de faire traverser à la phrase germanique, sans qu'elle subisse au passage de graves altérations, les étroites filières de notre langue.

Paris, le 15 septembre 1877.

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