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APOPLEXIE DES MENINGES SPINALES

ciilairc du dchut, ou déjà même anéantis par des paralysies, que l'on ne larde pas à reconnaître.

La hauteur de la lésion hémorrhagique dans Vaxe spinal commande toute la symplomatologie. Dans l'apoplexie de la moelle cervicale ou de la partie supérieure de la moelle dorsale (ordinairemenl de cause traumatique), il y a, outre une perte de comiaissance passagère due à riiypérémie cérébrale, des douleurs et de la raideur dans les épaules, de la dilatation des pupilles, des crampes à la nuque, de la douleur, des contractures, quelquefois une paralysie 'des deux bras, avec augmentation partielle de la sensibilité; dans beaucoup de cas on observe aussi des troubles de la déglutition et de la respiration, et enfin de l'irrégularité du cœur. Les lésions des parties inférieures de la moelle dorsale, ou de la région lombaire (suites de cliute sur les lombes, les fesses ou les pieds), se reconnaissent à la douleur et à la raideur musculaire locales, à l'abolition delà mofcilité et de la sensibilité dans les membres inférieurs, à la paralysie des sphincters (d'abord avec rétention d'urine et constipation), ainsi qu'au priapisme qui s'observe quelquefois au début.

La marche des apoplexies des méninges spinales est subordonnée à l'abondance et à l'étendue de l'épanchement sanguin. Les petites hémorrhagies circonscrites peuvent se terminer par la guérison (comme le prouvent les observations d'Ollivier) . A la suite des lésions vertébrales, qui à la fin sont devenues mortelles par leurs complications, on trouve les méninges fortement pigmentées, avec des adhérences de la dure-mère et de la pie-mère (reliquats de petites apoplexies). Les vastes foyers sanguins, atteignant la moelle cervicale et la moelle allongée, peuvent aboutir promptement à la mort, par des troubles de la respiration et de la circulation, ou par des complications envahissant le cerveau.

Dans les cas favorables, on voit diminuer bientôt la violence des symptômes ; mais au bout de quarante-huit heures l'état s'aggrave de nouveau, sous l'influence de la réaction inflammatoire, qui varie dans son intensité et sa durée, et ne disparaît ordinairement qu'après deux ou trois semaines. L'extravasat se résorbe ensuite, tous les symptômes s'amendent graduellement, les fonctions se rétablissent, à moins que des complications du côté des méninges ou de la substance médullaire, une cystite ou une paralysie complète des sphincters, ne viennent créer de nouveaux dangers.

Le diagnostic se fonde sur l'invasion apoplectiforme des symptômes d'irritation ménmgée, et sur les circonstances étiologiques. Rachialgie subite et violente , raideur tétanique du tronc , de la

nuque, contractures des membres, convulsions partielles, faiblesse des extrémités, absence de symptômes cérébraux, tels sont les signes dénotant l'origine spinale d'une liémorrhagie méningée. Pour préciser le siège de l'affection, on se rapportera aux symptômes que nous avons enumérés précédemment. La prompte apparition d'une paraplégie du mouvement et de la sensibilité, d'une paralysie des sphincters, et l'abolition de l'excitabilité électro-musculaire prouvent que la substance de la moelle est atteinte; si l'amélioration se fait rapidement du côte du cerveau , c'est que l'excitation résultant du shok a bientôt cédé.

Le pronostic de l'apoplexie des méninges spinales perd de sa gravité quand on a dépassé les symptômes menaçants des premiers jours; il s'améliore encore aux environs du quatorzième jour, quand on est quitte avec la réaction inflammatoire. Plus tard, l'amélioration se caractérise par le retour de la sensil)ilitè, puis de la motilitè et de l'action des sphincters. Les complications de cystite, de décubitus aggravent le pronostic ; la disparition rapide des troubles vésicaux favorise généralement le retour des forces ; il faut des semaines et même des mois pour qu'on voie disparaître tous les désordres de la motilitè et de la sensibilité.

Quant au traitement^ dans les- cas compliqués de symptômes cérébraux, et chez les individus suffisamment robustes, une saignée est indiquée. On a recours ensuite au traitement local : émissions sanguines sur la colonne vertébrale au moyen de ventouses scarifiées ou de sangsues, vessies de glace au niveau de la partie malade; repos absolu au lit, diète sévère; plus tard, applications de pommade mercurielle ou de pommade iodurée; contre les douleurs vives, injections de morphine. Les affections vésicales et la constipation demandent une attention particulière. Les paralysies persistantes réclament un traitement électrique, hydrothérapique, ou thermal.

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