APOPLEXIE DES JIENINGES SPINALES
regardant de près on trouverait là aussi des dégénéra tions des parois vasculaires, avec rupture et héinorrliagic consécutives. Dans certains cas, les collections sanguines extérieures à la duie-nière sont plus étendues, en raison des plexus veineux abondants de cette région, que les apoplexies de la cavité arachnoïdienne, où les veines sont peu nombreuses.
Les hémorrhagies de la dure mère, limitées extérieurement par le tissu conjonctif, s'accompagnent de caillots entourant les racines nerveuses, et d'une imbibition de leur tissu ; rarement la dure-mère est détachée par des collections sanguines abondantes. A la face interne de la dure-mère, et dans les mailles de la pie-mère on trouve tantôt de petites hémorrhagies circonscrites, tantôt des foyers s'étendant dans la cavité de l'arachnoïde, remplissant une grande partie du canal rachidien, quelquefois associés à une apoplexie encéphalique. Le liquide céphalo-rachidien est coloré par le sang.
Les causes de l'apoplexie méningée sont des plus diverses. D'après llayem, sur 58 cas, deux fois seulement l'affection était primitive; parmi les causes des formes secondaires on trouve les lésions traumatiques de la dure-mère ou des vertèbres, le tétanos, l'éclampsie, l'épilepsie, la cliorée, les désordres circulatoires, très-souvent le trismus des nouveau-nés ; l'apoplexie méningée survient aussi dans les convulsions toxiques, la méningite, plus rarement et avec moins de gravité dans les affections avec stase sanguine, que nous avons mentionnées précédemment.
Citons encore ici quelques exemples très-rares d'hémorrhagie consécutive à des lésions de la dure-mère et defarachnoïde; 011ivier(/oc. aï.) a publié une observation de carie syphilitique s'étant fait jour dans le canal rachidien, avec perforation de la dure-mère; il y a aussi un cas de Laennec, d'anévrysme de l'aorte thoracique avec hémiplégie incomplète subite, et mort au bout de quelques heures ; à l'autopsie on trouva le sac anévrysmal ouvert et communiquant avec le canal rachidien, ainsi qu'avec la plèvre gauche; la moelle était comprimée par un caillot. Un cas analogue a été publié plus tard par Chandler.
L'extravasation peut encore se produire entre les feuillets de l'arachnoïde, ou en dedans de cette membrane. Il n'existe qu'un seul cas d'hémorrhagie intra-arachnoïdienne primitive ; il s'agit presque toujours d'une hémorrhagie de la cavité crânienne propagée jusqu'au canal rachidien. D'après le relevé d'Hayem (1. c), sur 8 cas d'hémorrhagie sous-arachnoïdienne, 2 fois elle était spontanée, primitive ; dans les autres cas elle était secondaire, tantôt consécutive à Textension de foyers sanguins occupant d'autres points des centres
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nerveux, tantôt survenue dans le cours de différentes maladies, alcoolisme, démence sénile, méningite spinale, variole hémorrhagique, scorbut et ses différentes formes.
Les symptômes de Vhémorrhagie méningée sont quelquefois de nature exclusivement médullaire, lorsque l'encéphale est indemne, et l'origine de l'affection apparaît alors d'autant plus clairement. D'autres fois, il y a complication de syncope, perte de connaissance, troubles de la parole et des sens, démontrant la co-existcnce d'une forte hypérémie ou d'une extravasation dans la cavité crânienne; quand la mort survient rapidement, il n'est guère possible de faire la part exacte des deux ordres de lésions.
Quelquefois l'tiémorrhagie confirmée est précédée d'assez loin par riivpérémie, que nous avons décrite plus haut. Pourtant dans la plupart des cas, les hémorrhagies méningées soit traumatiques, soit spontanées, font une invasion brusque, apoplecti forme. Le malade est pris d'une douleur violente et s'affaisse en poussant des cris, il est paralysé des membres et souvent aussi des organes des sens. Quand les violents symptômes de cette première phase sont passés, on distingue mieux les signes propres de la maladie.
II y a d'abord une racliialgie intense, siégeant tantôt à la nuque, tantôt plus bas ou sur une grande longueur de la colonne vertébrale, et nous renseignant ainsi sur le siège de l'hémorrhagie. Le fait important après cette douleur, c'est la i^aideur tétanique d'un segment de la colonne vertébrale. Cette crampe tonique atteint principalement les muscles qui reçoivent leurs nerfs de la région atteinte, les extrémités sont ordinairement contracturées ; de temps en temps il survient aussi des crampes cloniques ou des tremblements. Tous les mouvements accroissent ces phénomènes, que le malade veuille se lever, se baisser ou se retourner; le plus souvent, la peau de la région dorsale et les apophyses épineuses ne présentent pas une sensibilité anormale. Quand l'extravasat comprime les racines nerveuses, il y a des irradiations périphériques dans les membres supérieurs ou inférieurs, sous forme de brûlures, fourmillements, engourdissements, etc.
La sensibilité est aussi affectée pour sa part. 11 y a au début, surtout aux membres inférieurs, de Vlujpéresthésie cutanée ou même musculaire h la pression; après cette première modification, ou seulement plus tard, on trouve de Vanesthésie à la région dorsale ou lombaire, descendant en bas jusqu'aux fesses, au périnée, aux organes génitaux et aux jambes. La motilité est aussi plus ou moins atteinte. Les mouvements volontaires peuvent être entravés par la raideur mus-