‹ Traité clinique du rhumatisme articulaireChapitre 11 sur 109 · XX PRÉFACE · texte numérisé non relu

XX PRÉFACE

d'un septénaire celle que la plupart des pathologistes donnent comme la plus ordinaire, que la durée de la maladie a été plutôt prolongée que raccourcie par cette large soustraction de sang (png. 2ftSj 244, 296)?

On trouvera, dans le cours de ce Traité et dans le chapitre du rhumatisme articulaire de notre Clinique médicale^ la réponse à celte question.

7° Nos adversaires ne s'abstiennent point des émissions sanguines dans le traitement du rhumatisme, mais ils s'expriment ainsi à l'égard de ce moyen (pag. 328) : « Au début, chez les sujets jeunes et robustes, la phlébotomie, une ou deux fois pratiquée, est sans contredit très utile... mais elle ne doit jamais être réitérée au point d'abattre profondément les forces du malade.

« Les saignées locales conviennent moins bien que la phlébotomie dans le rhumatisme articulaire fébrile... cependant si l'articulation rhumatisée est en proie à des douleurs tellement intolérables qu'il y ait des mouvemens convulsifs dans les muscles voisins, la saignée locale est indiquée. •>

Certes , les praticiens trouveront bien rarement l'occasion de recourir à la saignée locale , s'ils se conforment à la lettre de l'indication ci-dessus posée. Quant à nous, sur plus de deux cents cas de rhumalisme^articulaire aigu , nous n'en avons rencontré aucun dans lequel les muscles voisins des articulations douloureuses aient été agités de mouvemens convulsifs.

D'un autre côté , les restrictions qu'on met ici à l'emploi de la saignée générale ne paraîtront-elles pas un peu sévères , même à ceux qui pourraient ne pas adopter encore la méthode que nous employons? ne faudra-t-il, en effet, saigner, une ou deux fois, que les sujets jeunes et robustes, et à la condition que la maladie sera encore à son déhut? Assuré-

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ment, s'il en esi ainsi , il faudra dans bien des cas renoncer à la phlébotomie. Pourquoi, d'ailleurs, n'indique-t-on pas la quantité de sang qu'il faut retirer par la phlébotomie pratiquée une ou deux fois , au début, chez les sujets jeunes et vigoureux? Pourquoi ne précise-l-on pas non plus l'intervalle qui doit séparer la première saignée de la seconde, quand on est assez hardi pour pratiquer une seconde saignée, au début et chez les sujets jeunes et vigoureux?

Dire que la saignée ne doit jamais être réitérée au point d'abattre profondément les forces du malade, est un précepte exprimé en termes si peu précis , que son interprétation et son application causeront probablement un certain embarras aux jeunes praticiens.

Il est bien clair que, quelle que soit la formule des émissions sanguines dont on ait fait choix, il faudra la modifier suivant les cas et l'adapter pour ainsi dire aux différentes circonstances principales de ces cas, telles que l'intensité, l'étendue , les complications de la maladie, l'âge , la force, la constitution des sujets, etc., etc. Or, nos adversaires ne précisent point, d'une manière aussi approximative que possible, ne catégorisent point les cas; ils ne déterminent point, d'après la statistique raisonnée et exacte d'un nombre suffisant de faits, les moyennes, les maxima et les minima de la quantité de sang qu'il convient de retirer , en un espace de temps donné , dans les principales catégories de cas qui se présentent journellement à la clinique.

Après ces trop rapides réflexions sur les vagues prescriptions de nos adversaires relativement aux émissions sanguines dans le traitement du rhumatisme articulaire aigu , occupons-nous un instant des principes que nous avons posés sur le même sujet, renvoyant pour les détails au dernier chapitre de ce traité.

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Notre premier principe , c'est que les émissions sanguines employées contre le rhumatisme articulaire aigu intense, conformément aux pratiques généralement suivies et en quelque sorte classiques, restent à-peu-près complètement impuissantes , n'abrègent pas notablement la durée de la maladie , ne préviennent pas la terminaison funeste, dans les cas, heureusement assez rares, où elle peut avoir lieu, n'empêchent pas le passage du rhumatisme articulaire lui-même et surtout du rhumatisme concomitant du cœur à l'état chronique, d'où plus tard des accidens si graves et si souvent mortels. On trouvera, dans le courant de cet ouvrage, et dans l'observation de chaque jour au lit des malades, une démonstration hélas ï trop évidente du principe que je viens de poser.

La conséquence de ce premier principe , l'indication des saignées nous paraissant d'ailleurs bien établie, c'était de substituer aux pratiques classiques une pratique plus énergique, et de là celle que nous désignons sous le nom de Formule des saignées coup sur coup, ou simplement de Nouvelle formule des émissions sanguines, formule dont nous avons , ainsi qu'on sait , étendu l'application à toutes les grandes phlegmasies. L'énergie et l'efficacité de cette nouvelle formule tiennent à-la-fois et à la dose plus considérable de sang qu'elle prescrit, et surtout à la plus grande rapidité avec laquelle cette dose de sang est enlevée (1).

Notre second principe , c'est que la formule générale que nous désignons sous le nom ci-dessus indiqué , doit être accommodée, appropriée à chaque catégorie de cas, aux divers

(î) Pour l'explication des effets thérapeutiques de celte formule en général, on peut consulter notre Clinique médicale, et notre Essai de philosophie médicale. C'eût été tomber dans des répétitions superflues , que de revenir ici sur cette explication.

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degrés d'intensité du rhumatisme articulaire aigu (1), aux complications, aux circonstances individuelles, à toutes les conditions, en un mot , dont la connaissance et la détermination relèvent de la saine clinique. De là de nombreuses variantes que nous avons eu soin d'exposer en temps et lieu; variantes tellement différentes entre elles, que dans l'une, par exemple , il ne s'agit que de deux à trois livres de sang et même moins, enlevées dans l'espace de vingt-quatre à quarante-huit heures, tandis que dans une autre, il s'agit de six, sept livres de sang et même plus , enlevées dans l'espace de trois, quatre ou cinq jours.

On trouvera dans notre chapitre du traitement des doeumens statistiques à ce sujet. Nous croyons qu'ils jettent une vive et précieuse lumière sur l'emploi de la nouvelle formule. Nous ajouterons que si de bons et nombreux observateurs travaillaient à la matière médicale et à la thérapeutique en général, dans la direction, ou si l'on veut dans l'esprit d'exactitude dont nous essayons de leur donner un faible exemple, celte partie capitale et suprême de la médecine ne tarderait pas à sortir de l'état assez misérable dans lequel elle a langui jusqu'ici, et signalé en ces termes par l'immortel auteur de l'anatomie générale : « Il n'y a point eu en nralière médicale de systèmes généraux ; mais cette science a été tour-à-tour influencée par ceux qui ont dominé en médecine ; chacun a reflué sur eHe, si je puis m 'exprimer ainsi. Delà le vague, l'incertitude qu'elle nous présente aujourd'hui. Incohérent assemblage d'opinions elles-mêmes incohérentes , elle est peut être de toutes les sciences physiologiques celle où se peignent le

( i ) Est-il besoin de dire que les cas très légers ne comportent point ia formule des saignées coup sur coup , puisque alors, une seule saignée peut suffire, et qu'où peut même s'abstenir de toute saignée dans quelques-uns de ces cas ?

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