Pouls a 112; même état d'ailleurs
Mort à trois heures du soir (un peu de bouillon avait été prescrit les deux derniers jours}.
Autopsie cadavérique, quarante - trois heures après la mort(l).
1° Organes circulatoires et respiratoires. Cœur volumineux, dirigé un peu transversalement; fausses membranes molles , récentes, partielles, recouvrant la face postérieure de cet organe, sans épanchement notable dans le péricarde. Caillots fibrineux d'un blanc jaunâtre , élastiques, adhérens, occupant toutes les cavités du cœur, mais surtout l'oreillette droite; point de rougeur ni d'épaississement bien notables aux valvules.
Poumons petits, comme comprimés par le rétrécissement de la poitrine et l'incurvation de la colonne vertébrale , un peu splénisés en arrière.
2° Organes digestifs. Couleur rosée de la muqueuse gastrique, qui est en partie détruite par ramollissement dans la région splénique; rougeur et ramollissement très marqués de la membrane muqueuse de plusieurs des circonvolutions de la fin de l'iléon , de l'arc et de l'S iliaque du colon.
Réflexions. — Les signes de l'endocardite ont été suffisamment caractérisés dans ce cas; cependant on n'a noté, à l'ouverture du cadavre , que l'existence de ces concrétions fibrineuses, fermes, blanches, élastiques qui, pour être au nombre des caractères anatomiques de l'endocardite , ne sont pas néanmoins tellement caractéristiques pour qu'il ne dût pas rester quelques doutes sur l'existence de celle maladie, si celte existence n'était pas fondée sur d'autres preuves.
La péricardite n'a guère laissé pour traces que des pseudomembranes molles, déformation récente, sur la partie postérieure du cœur; mais cette circonstance est heureusement caractéristique .
La constitution chétive et rachitique du sujet ne permit pas d'employer, dans toute sa rigueur, la nouvelle formule des émissions sanguines. Trois saignées furent pratiquées dans les premières vingt-quatre heures , et on attendit trois
(i) Malade le jour de cette ouverture , je ne pus y assister ; elle a été malheureusement faite d'une manière incomplète, surtout relativement à la description de l'intérieur des diverses cavités du cœur.
à qualre jours , sans oser recourir de nouveau à ce moyen. Deux autres saignées furent pratiquées alors (9 et 10), et néanmoins les accidens du côté du cœur continuèrent ainsi que la lièvre , et lé malade succomba. Si ces deux saignées eussent été faites immédiatement après les trois premières, c'est-à-dire le 6 et le 7, au lieu du 9 et du 10, aurait-on prévenu la terminaison funeste? je l'ignore; mais là chose n'est pas
improbable.
Quoi qu'il en soit , on voit ici un de ces cas dans lesquels la fièvre dite rhumatismale persiste dans toute son intensité, bien que l'affection rhumatismale des articulations ait disparu. Ces cas, si embarrassans autrefois, ne le sont plus aujourd'hui que les accompagnemens divers du rhumatisme articulaire aigu , et spécialement l'endocardite et la péricardile sont connus.
On avait dit, dans ces derniers temps, que cette persistance de la fièvre, après la disparition des symptômes articulaires, annonçait un prochain retour du rhumatisme articulaire. Cela n'est tfs arrivé dans le cas actuel, et l'expérience exacte n'a point confirmé cette remarque.
OBSERVATION XXXIX. — Rhumatisme articulaire aigu généralisé; doutes d'abord sur la coïncidence d'endocardite, qui plus tard est reconnue ; variole intercurrente, confluente. — A l'ouverture, rougeur , boursouflement , granulations des valvules du cœur (Les valvules auriculo-ventriculaircs surtout, etc.).
Salle des hommes, n° 6. Le nommé Gobert, âgé de vingt ans, garçon limonadier, demeurant rue de Grenelle, 12, malade depuis cinq jours, entré le 11 août 1838, mort le k septembre suivant.
D'une constitution délicate, un peu anémique; cheveux blonds; à Paris depuis cinq ans, habituellement assez bien portant.
Il y a cinq jours, il éprouva des douleurs vers les épaules ; deux jours après une douleur s'empara du genou droit et la marche devint très pénible ; cependant le malade n'avait pas gardé le lit et n'avait fait aucun traitement avant son entrée.
Le malade croit pouvoir attribuer ses douleurs aux alter-
natives de chaud et de froid auxquelles l'expose sa profession (il est obligé de descendre souvent à la cave ayant chaud).
Etat au moment de l'entrée. Persistance des douleurs vers les épatfles; le genou droit est gonflé; sa circonférence est de 12 pouces 6 lignes, tandis que celle du genou opposé n'est que de 11 pouces 10 lignes; il est douloureux au toucher, surtout au-dessous de la rotule, et les mouvemens de flexion et d'extension sont empêchés par la douleur ; rien aux autres articulations.
Etendue de la matilé du cœur normale ; souffle bien marqué au premier temps des battemens du cœur, surtout au niveau de l'orifice aortique ; bruit de diable dans la carotide droite (ces phénomènes diminuent un peu après la première émotion de la visite); pouls à 100-104, développé, résistant; température de la peau à 38° j rien de notable pour la respiration.
Saignée 3 palettes 1/2, cataplasme laudanisé sur le genou.
12. Tuméfaction toujours considérable du genou droit (sa circonférence est de 12 pouces 4 lignes), sans fluctuation bien distincte ; le pied gauche s'est pris depuis hier ; la douleur des épaules est légère , sans toux ni gêne de la respiration; bruit de souffle .dans toute la région précordiale, se prolongeant dans la région de l'aorte sous-stemale , où il est très prononcé et sec , surtout vers l'orifice aortique y il accompagne le premier bruit valvulaire (ou n'entend pas aujourd'hui de bruit de diable dans les artères du cou sur le trajet desquels se propage seulement le souffle indiqué touta-1 heure); l'étendue de la matité de la région précordiale est sensiblement normale ; point de voussure dans la même région; pouls à 92 assez résistant, mais un peu fluctuant; peau généralement chaude (température à 37-38° c), quelques sudamina et vésicules miliaires sur le ventre et la région sous-claviculaire droite.
Le caillot est entouré d'une sérosité abondante, recouvert d'une couenne bien organisée , d'une ligne et demie d'épaisseur sur les bords.
Saignée 3 palettes; ventouses scarifiées genou droit et
pied gauche 3 palettes; guimauve sirop de gomme Zpots; cataplasme; lavement; diète.
13. Le genou droit est moins douloureux qu'hier, plus facile à fléchir (sa circonférence est encore de 12 pouces k lignes) ; depuis hier vers midi , douleur dans les deux coudes et à l'épaule droite avec gêne des mouvemens , mais sans gonflement notable ; pouls à 80, assez développé ; sueur la nuit dernière avec sudamina comme la veille; le premier bruit du cœur est toujours accompagne' de souffle (point de bruit de diable des carotides dans la position couchée, mais la carotide droite en fait entendre un léger dans la position assise) ; un peu de sommeil.
Sérosité de la saignée abondante et claire; caillot fortement rétracté, retroussé, recouvert d'une couenne générale ferme et de deux lignes d'épaisseur sur ses bords; sérosité des ventouses bien claire, non rougie; rondelles glutineuses.
Saignée trois palettes; ventouses scarifiées genou et épaule droits, deux palettes ; cataplasmes laudamsés sur les articulations douloureuses; 2 pilules d'opium dun quart de grain chacune; le reste, idem.
Vx. Genou droit non douloureux, moins tendu (12 p. 1 lig. de circonférence); épaule droite encore douloureuse; le genou et le pied gauche sans gonflement notable, un peu douloureux, mais sans gêne bien notable de leurs mouvemens; le souffle au premier temps est toujours bien marque sans voussure ni matité anormale et avec impulsion superficielle
Le caillot de la saignée, retroussé , est recouvert d'une couenne assez mince ; les rondelles des ventouses forment une masse glutineuse entourée d'une sérosité non rougie.
Ut suprà moins les saignées.
15. Toutes les jointures, excepté l'épaule droite, sont presque entièrement dégagées ; toujours souffle râpeux dans la région précordiale au premier temps; pouls à 8^; pas de sueur ; peu de sommeil.
Vésicatoire sur la région précordiale et sur Vepaule droite : le reste ul suprà.