‹ Traité clinique du rhumatisme articulaireChapitre 28 sur 109 · OBSERVATION LXII · texte numérisé non relu

OBSERVATION LXII

" Vers la même époque, je vis en consultation avec M. le docteur Vassal , un jeune homme de seize ans , qui était atteint d'une grave maladie organique du cœur, désignée par cet honorable confrère sous le nom d'hypertrophie du cœur. M. Vassal considérait cette hypertrophie comme heredi-

dite Traitée avec une grande énergie (sept à huit livres de sang furent retirées en quatre jours), cettefièvre rhumatismale des plus intenses fut complètement enlevée dans le premier septénaire, et le malade reprit ses forces avec une grande rapidité.

,6 janvier ,83g. Je fus appelé auprès de M. Al»*, x07 rue Montmartre. Il était traité pour un rhumatisme articulaire aigu généralisé; les douleurs étaient presque totalement dissipées, mais il n'en restait pas moins une fièvre très forte. Je ne tardai pas à me convaincre, par une exploration attentive, qu'elle était entretenue par une endocardite parfaitement caractérisée, meconnue par le médecin ordinaire... Un peu plus tard, M. Raciborski donna des soins à ce malade, [et constata comme moi l'existence de l'endocardite rhumatismale. Enfin, dans lecour^ de cette même année i839, j'ai pris note de deux autres cas de coïncidence d'endo-péricardite avec un rhumatisme articulaire aigu. Le sujet de l'un de ces deux cas était une jeune dame de Verdun, que je vis avec M. le docteur Coqueret; le sujet du second cas est M Seg., qui a été interne dans le service de M. Jadioux.

laire. Il ne s'était point encore enquis auprès du malade ou de ses parens , s'il avait existé un rhumatisme antérieurement aux accidens qui s'étaient manifestés du côté du cœur. A peine eus-je fait cette demande, en présence de M. Blandet, étudiant en médecine , que le malade nous déclara qu'il avait éprouvé une attaque de rhumatisme, qui s'était prolongée , en diminuant d'intensité , durant une année entière (les pieds et les genoux avaient été plus particulièrement pris).

Au moment de l'examen , il existait encore quelques légères douleurs articulaires , et les genoux étaient gros, pour ainsi dire hypertrophiés.

Les symptômes d'une grave affection organique du cœur (palpitations, étouffemens, etc.) ne dataient que de huit mois, c'est-à-dire qu'ils étaient survenus quatre mois environ après Je début du rhumatisme.

Je constatai les signes suivans: voussure très prononcée de la région précordiale ; matité de la même région dans une étendue de quatre pouces verticalement et transversalement; battemens du cœur très forts et très étendus ; double bruit de soufflet, léger au premier temps , très fort et prolongé au second temps , et offrant son maximum d'intensité vers l'orifice aortique; frémissement vibratoire dans la région du cœur , frémissement que l'on sent aussi dans les artères sous-clavières; pouls vibrant, assez large, un peu frémissant, etc.

Diagnostic Epaissis sèment , induration, insuffisance des valvules gauches du cœur, surtout des valvules aortiques , hypertrophie générale du cœur, le tout cotise'cutif à une endocardite rhumatismale négligée.

OBSERVATION LXIIf.

En mars 1838, j'ai vu en consultation avec MM. Guersant etCruveilhier, madame P. de Ch., âgée d'environ trente-cinq ans , elle était affectée d'une maladie dite organique du cœur parfaitement caractérisée {hypertrophie considérable du cœur ; épaississe ment , induration des valvules gau- , che , etc. ), qui s'était développée à la suite d'un violent rhumatisme artû ulaireaigu, long-temps prolongé et donlellene

21fc LOI DE COÏNCIDENCE DES INFLAMMATIONS DU COEUR

se rétablit jamais complètement (elle ne fut saignée que deux fois dans le cours de la maladie ; et n'eut que deux ou trois applications de sangsues aux articulations). Elle succomba, dans le courant de l'année 1838, aux suites de sa maladie chronique-organique du cœur.

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