‹ Traité clinique du rhumatisme articulaireChapitre 76 sur 109 · La guérison se soutient {une demie d'alimens · texte numérisé non relu

La guérison se soutient {une demie d'alimens

3. Le malade se trouve parfaitement bien et demande sa sortie.

488 RELA.TJOJN DE TRENTE-SIX CA.S

OBSERVATION CV. — Rhumatisme articulaire aigu peu généralisé, presque i apyrétique. — Rien au cœur. — Cas léger. — En vingt-quatre heures une : saignée générale et une saignée locale qui ont fourni 5 paletttes ou I livre 4 onces de sang. — Convalescence commençante le troisième jour après l'entrée.

Salle des hommes, n° 21, Gossien (Pierre) , âgé de vingt- ' cinq ans; menuisier; quai de Valmy , 139; malade depuis cinq jours ; entré le 30 juillet 1839 ; sorti le h août suivant. &

D'une constitution assez forte et d'un tempérament lympha- J tico-sanguin ; d'une santé habituellement bonne.

II y a cinq jours, il a commencé à éprouver de la douleur dans les articulations des pieds qui sont devenus gonflés ; le lendemain les deux genoux furent également envahis.

Le malade a gardé le lit dès le commencement , et comme il ne pouvait marcher , il a été conduit à l'hôpital en voiture; les douleurs ont été assez fortes pour empêcher le sommeil.

Le malade n'a fait aucun traitement , et il dit même avoir mangé à-peu-près comme d'habitude.

// dit qu'il lui arrive souvent de suer et de s'exposer dans cet état au frais.

Etat le jour de l'entrée (30 juillet). Douleurs dans les deux genoux , mais avec gonflement du droit seulement ; le malade se plaint aussi d'un peu de douleur vers le milieu de la cuisse gauche; pouls à SU, et chaleur à-peu-près normale.

Rien de notable au cœur.

Saignée 3 palettes.

31. Depuis la saignée, le genou droit est moins douloureux et moins gonflé ; la douleur du genou gauche persiste toujours sans gonflement ; pouls à 72 , bien développé ; chaleur douce sans sueurs ; langue rosée et appétit bon.

Point de matité anormale dans la région du cœur; point de bruit de souffle (le second bruit est seulement bien plus clair et bien plus marqué que le premier).

Caillot rétracté, à bords renversés et à forme de champignon,recouvert d'une couenne dense, résistante à la manière d'une membrane fibreuse , d'une ligne à une ligne et demie d'épaisseur à sa circonférence (le caillot lui-même est d'une bonne consistance).

Ventouses scarifiées 2 palettes sur chaque genou , et

ataplasme ; guimauve, bourrache sirop de gomme et monade citrique 2 pots; 2 bouillons, une soupe aux erbes.

1er août. Les douleurs ont été enlevées par l'application es ventouses et le gonflement du genou droit a disparu.

Rondelles des ventouses réunies en une masse glutineuse îrme ; quelques-unes parsemées de petites plaques coueneuses ; sérosité non colorée par le caillot.

Convalescence commençante.

Bandage compressif et alumine autour des genoux.

Un huitième d'alimens.

2. Les articulations sont dégagées, et le malade a pu rester ji peu levé hier.

Un quart d'alimens.

3. Les articulations continuent à être bien libres. Un bain; la demie.

k. Exeat.

iBSËRVATION CVI. — Rhumatisme articulaire aigu chez un sujet qui a déjà eu deux attaques de la même maladie , à la suite desquelles il est resté dans uu état anémique ( le cœur a probablement été pris). — Attaque actuelle légère.—Jour de l'entrée; une saignée de 4 palettes ou i livre. — Convalescence commençante le quatrième jour après l'entrée.

Salle des hommes, n°20. Huchaud (Claude) , âgédequaante ans; sellier; rue des Récollets, 12 ; malade depuis trois ours; entré le 11 novembre 1838; sorti le 20 du même mois.

D'une constitution assez délicate et détériorée, à la suite de leux attaques prolongées de rhumatisme articulaire; d'un empérament lymphatico-sanguin ; peau blanche et fine.

Il y a dix ans , il fut , pour la première fois , atteint d'un humatisme articulaire aigu qui le retint pendant cinq à six nois au lit.

Il y a quatre ans , nouvelle attaque d'un rhumatisme arti- ;ulaire aigu , occupant presque toutes les articulations , qui e retint encore au lit pendant cinq mois {deux ou trois aigne'es et une application de 12 sangsues sur chaque hanche). La première attaque fut traitée à-peu-près de la nême manière.

Il y a dix jours , il a commencé à éprouver des douleui dans les hanches et les reins, et deux jours plus tard dans le genoux et les pieds ; les épaules se prirent ensuite. Il a con tinué à vaquer à ses occupations pendant les premiers jours mais il a été obligé, plus tard , de se mettre au lit , et 25 sans sues furent appliquées sur les hanches.

Le malade travaille, dit-il , dans un endroit humide, t il lui est arrivé souvent d'éprouver du refroidissemen après des sueurs provoquées par les fatigues de sa profes sion; il attribue sa dernière attaque au mauvais temps.

Etat le jour de l'entrée.

11 novembre 1838. Douleurs dans presque toutes les grosse articulations dés membres inférieurs et dans les épaules: mais le pied droit est le seul qui présente du gonflement pouls à 80 , médiocrement développé ; peau d'une chaleui modérée , ni sèche, ni sudorale ; langue humide, blanchâtre assez d'appétit; résonnance de la poitrine et respiratioi; bonnes partout.

Bruits du, cœur sourds , le premier surtout qui est et) même temps accompagné d'un beau souffle vers la partit, inférieure du sternum principalement; l'étendue de la mœ tité de la région précordiale dépasse sensiblement les lï mites normales, et on observe une voussure évidente dam, la même région; l'impulsion du cœur ne se fait bien sentin, qu'au bas du sternum.

Saignée de k palettes.

12. Le genou gauche est aujourd'hui l'articulation la plus douloureuse; la douleur se fait surtout sentir au jarret, augmente à la pression , s'oppose à l'extension de la jambe , mais n'est accompagné ni de tuméfaction , ni de rougeur bien notables (la circonférence de ce genou est de treize pouces une ligne , comme celle du droit) ; douleurs dans les articulations tibio-tarsiennes, sans rougeur ni gonflement; pouls à 72-76, mince et faible ; chaleur douce de la peau et un peu de sueur partielle ; pâleur jaunâtre de toute la peau , et effacement des veines sous-cutanées ; léger sifflement dans la carotide droite.

Etat du cœur comme la veille.

Caillot de la saignée assez volumineux, eu égard à la conitution du sujet, recouvert d'une couenne d'une ligne et demie épaisseur , et qui supporte facilement le poids de ce caillot. Cataplasmes laudanisés sur les articulations,- 2 pilules frait gommeux d'opium d'un demi-grain chacune; lave- \ent émollient; diète.

'13. Les articulations du genou et du coude-pied sontsenblement moins douloureuses, et aucune autre ne s'est prise ; î peu de sueur et pouls à 72.

Même prescription, -plus deux tasses de bouillon coupe'. 14. Douleurs à-peu-près nulles ; pouls à 72 , et peu de chaur à la peau, avec légère sueur.

Convalescence commençante.

Un huitième d'aliment.

La convalescence marche bien les jours suivans, et le made est mis à la demie.

20. Exeat. A part l'état du cœur, qui est le même qu'à ntrée, le malade est tout-à-fait guéri.

NERVATION CVII. — Rhumatisme articulaire ambulant des genoux et des poignets, etc., avec fièvre modérée. — Rien de notable au cœur au moment 3e l'entrée. — Cas léger. — Jour de l'entrée une saignée de 4 palettes ou i livre. — Convalescence le septième jour après l'entrée.

Salle des hommes, n° 13. Vermont (Louis); âgé de trenlelatre ans; chansonnier; rue de Runy, 2; malade depuis )is jours, et indisposé depuis sept à huit ; entré le 11 îrs 1839 ; sorti le 20 mars 1839.

D'une constitution forte et d'un tempérament sanguin ; me santé habituellement bonne.

Il y a deux ans , quelques douleurs rhumatismales qui cérent aux bains de vapeur.

Il y a sept à huit jours, le malade a commencé à ressentir peu de douleurs dans les mains et les poignets ; il y a trois irs , ces articulations se sont gonflées, ainsi que les genoux; s derniers ont perdu leur gonflement en conservant la uleur.

Etat le jour de l'entrée.

11 mars. Genoux encore douloureux, mais sans gonfle-

ment bien notable ; les poignets, surtout le gauche, sont gon fiés , ainsi que quelques articulations métacarpo-phalangier nés; pouls à 100, fort et résistant; visage animé; langu humide, blanchâtre, et appétit assez bon; rien de notabl* pour la respiration, non plus que pour l'état du cœur. Saignée de 4 palettes.

12. Les poignets sont sensiblement dégagés; le genou garf che est plus douloureux que le droit, ce qui est l'inverse d! la veille , et le premier est le siège d'un gonflement médiocref le gonflement du poignet gauche et des doigts est accompagn < d'une tension et d'une turgescence notable des veines sous*1 cutanées; pouls à 76, plein, fort, tendu, bien détaché, noj redoublé ; chaleur modérée de la peau ; insomnie et malais général ; langue un peu blanche , humide ; soif modérée «' assez d'appétit ; pas de selles depuis la veille ; urine à-peu! près comme à l'état normal.

Pas de saillie sensible dans la région précordiale , où le battemens du cœur se font sentir avec une certaine force matité de cette région dans des limites normales ; double cla quement valvulaire bien dessiné , sans souffle , mais un pe fort à gauche.

Caillot de la saignée remplissant presque tout le vase, d'un consistance au-delà de la moyenne, recouvert d'une couennil mince et incomplète.

Cataplasmes; violette, bourrache sirop de gomme 3 pots diète.

13. Le genou gauche moins douloureux ; le poignet gauch à-peu-près dans le même état que la veille, et l'épaule gauch un peu prise ; pouls à 68-72 , fort , tendu et plein ; un peu d moiteur de la peau ; léger sommeil.

Bruits du cœur bien clairs , moins forts que la veille ; me surée avec le cyrtomètre , la saillie de la région précordial est exactement la même que celle de la région correspondant du côté opposé.

Même prescription.

14. Une douleur s'est manifestée depuis la veille dans l'ai ticulation coxo-fémorale gauche ; mais les genoux, l'épaule e les articulations de la main sont en grande partie dégagées

3uls à 64, beaucoup moins tendu et moins fort ; urine rendue epuis seize à dix-sept heures, sans odeur notable, acide, vec un nuage assez épais au fond.

Bruits du cœur purs et moins forts que les jours précédens.

Un bouillon, une soupe aux herbes et pruneaux; le reste

iem.

15. A-peu-près même état des articulations ; pouls à 52, mjours bien détaché et saccadé ; bruits du cœur toujours lairs , avec léger tintement métallique pendant la systole ; rine jaune, claire, avec un léger énéorème.

Même prescription.

16. L'épaule et le genou à peine douloureux, mais hanche t main gauches plus douloureuses que la veille , avec gonflenent des articulations du doigt indicateur; le pouls reste i 52-56, et rien de nouveau pour les bruits du cœur.

Deux pilules d'extrait gomme ux d'opium, d'un quart de frain chacune; lavement èmollient; une tasse de bouillon ?t une tasse de lait.

17. La hanche et la main moins douloureuses que la veille; maleur de la peau normale; pouls à 48-52, bien moins fort 3t moins tendu que les premiers jours ; battemens et bruits du cœur tout-à-fait normaux (le tintement métallique qui accompagnait la systole a disparu).

Convalescence.

Un huitième d'alimens; mêmes pilules .

18 et 19. Le malade ne sent plus aucune douleur, et le gonflement du doigt indicateur a disparu; le pouls reste

Le quart et un bain h 18 , et la demie le 19. 20. Exeat. Guérison parfaite.

OBSERVATION CVIII Rhumatisme articulaire aigu généralisé chez un

sujet évidemment chlorotique. — Quelques doutes d'abord sur le véritable état de l'endocarde et des valvules. — Cas léger. — Jour de l'entrée une saignée de 3 palettes ou de la onces. — Convalescence commençante le quatrième jour après l'entrée.

Salle des femmes, n° 2. Marchai (Fanny), âgée de vingtet-un ans ; femme de chambre rue Saint-Honoré ; malade

hlM RELATION DE TRENTE-SIX CAS

depuis huit jours; entrée le 17 août 1838; sortie le 15 septembre suivant.

D'un tempérament lymphatique, cheveux blonds, peau blanche et fine; assez mal réglée (les dernières règles se sont supprimées au bout de vingt-quatre heures ; les précédentes duraient trois jours environ. Mais le sang était pâle et peu abondant).

C'est le 11 du présent mois d'août qu'eurent lieu les dernières menstrues et le 14 on lui appliqua vingt-quatre sangsues à la partie supérieure des cuisses ; on lui fit prendre! de plus un bain chaud, ce qui fit reparaître, dit-elle, l'écoulement.

Quoi qu'il en soit , huit jours avant son entrée , elle avait éprouvé des douleurs dans la mâchoire inférieure d'abord, puis successivement dans les hanches , les genoux , les pieds, l'épaule gauche et les poignets. C'est pendant le cours de cesdouleurs que les sangsues furent appliquées , ce qui diminua seulement la douleur des hanches.

La malade dit avoir constamment gardé le lit et n'avoir pris aucune nourriture depuis le commencement de la maladie ; elle dit avoir eu des sueurs abondantes.

Elle attribue sa maladie à l'humidité d'une chambre dans laquelle elle a couche' pendant un mois étant alors a Londres, mais on ne doit attacher aucune importance à ce renseignement attendu qu'il y a déjà un mois que la malade est de retour à Paris.

Avant l'affection rhumatismale, la malade était sujette à des palpitations et à des essoufflemens.

L'épaule, le coude et le poignet gauches sont douloureux et l'articulation du poignet est en même temps sensiblement gonflée; les deux genoux , les pieds sont également douloureux , un peu rouges et gonflés, et la pression la plus légère augmente la douleur; la température du poignet gauche est de 35° et celle du poignet droit qui est sain de 34°; la température du genou gauche de 36° et celle des parties voisines de 34° seulement ; peau chaude et un peu moite au toucher ; pouls à 92, médiocrement développé.

Pas de voussure dans la région précordiale ; impulsion du

3ur assez forte; bruit de souffle assez sec au premier temps ns la région des cavités gauches, devenant plus moelleux rs l'orifice aor tique.

Magnifique bruit de diable sibilant ou semblable à celui du nt qui traverse en sifflant une fente ; visage d'un fond pâle ec une légère teinte rosée des pommettes. Rien de notable du côté de la respiration ; langue hude , saburrale, soif vive et anorexie; ventre souple, inlent ; une selle aujourd'hui, après sept jours de constition.

Saignée de 3 palettes.

18. La malade se sent beaucoup soulagée depuis la saiée: le poignet gauche est à-peu-près dégagé, mais les deux poux, surtout le gauche, sont toujours pris; température de peau à-peu-près normale avec un peu de moiteur ; pouls à 92 , mou, fluctuant, avec sensation d'un bruissement très irqué en pressant l'artère.

La pointe du cœur ne descend pas sensiblement plus bas 'à l'état normal ; V impulsion du cœur un peu augmen- ;/ premier bruit accompagné d'un souffle qui devient de us en plus pur à mesure qu'on s'approche du trajet de sorte sous-siernale ; le claquement du second bruit bien stinct ; la présence d'un sein volumineux ne permet pas bien limiter l'étendue de la matité de la région précorale ; magnifique bruit de diable dans la carotide droite , llement continu qu'on ne distingue bien aucune reprise ême pendant la systole du cœur; petit sifflement par in- "valle dans l'artère crurale droite; pâleur de la face avec bit fané et yeux cernés.

Le caillot de la saignée adhérant seulement par une espèce angle aux parois du vase, nage comme une sorte de presl'île au milieu d'une grande quantité de sérosité ; il est remvert d'une belle couenne retroussée sur ses bords où elle fre trois bonnes lignes d'épaisseur, analogue à une peau de ïamois.

Infusion guimauve-bourrache et limonade citrique trois ifs; cataplasmes laudanisés autour des genoux et ban-

dage compressif autour de la main gauche , lavemei huileux ,- diète (1).

19. Toutes les articulations sont à-peu-près dégagées ; chi leur modérée avec sueurs abondantes et pouls à 92-96 ; pei sistance d'un souffle très fort dans la région de l'orific aortique, et du bruit de diable dans l'artère carotide et la sou: clavière droites, dernier bruit qui résiste à une assez for* pression.

M ême -prescription.

24. Pouls à 84 ; peau moite ; genoux encore un peu doi loureux ; persistance du souffle sous - sternal au premie temps et du bruit de diable (on entend bien celui-ci à l'oreil. nue ).

Convalescence commençante.

Deux tasses de bouillon, une tasse de lait coupe'.

21. Les genoux ne sont plus douloureux ni gonflés ; pea sudorale ; pouls à 80-84, très mou et très petit; souffle cont nu de la carotide droite , et souffle sous-sternal au premie temps un peu moins forts ; langue humide , rosée , nette , so modérée et un peu d'appétit.

Un huitième d'alimens.

22. Les genoux continuent à être bien dégagés ; peau su dorale et pouls à 80-84 ; persistance du souffle au prenri» temps avec un peu d'obscurcissement du second bruit ; l'ioi pulsion du cœur bien sensible à la main , d'une force et d'un étendue moyennes.

La malade a commencé de se lever hier , mais elle s'e sentie encore trop faible pour marcher.

23. Guérison complète du rhumatisme; cessation des sueui et pouls à 72.

Un bain.

Les jours suivans, on augmente graduellement la dos

des alimens et il ne survient aucun accident notable.

On s'occupe alors du traitement de l'état chlorotique a

(i) L'état de chlorose bien caractérisée, et l'amendement notable obtenu pi la première saignée, nous déterminèrent à nous abstenir de nouvelles saignée du moins pour le présent jour.

moyen du sous-carbonate de fer et de l'extrait de quinquina administré dans une potion gommeuse.

Le 13 septembre, le malade annonce que ses règles sont venues la veille , mais peu abondantes et pâles ; le pouls est à 70 (le malade mangeait alors les trois quarts, et la dose du sous-carbonate de fer était de 30 grains).

Les règles cessèrent de couler le 14 septembre, et le lendemain, le malade sortit de l'hôpital. Il ne restait plus alors qu'un très faible bruit de diable dans la carotide droite et un léger souffle moelleux dans la région de l'aorte sous-sternale.

OBSERVATION CIX. — Rhumatisme articulaire généralisé à forme sub-aigaè cbez un individu qui en a déjà eu d'autres attaques. —Rien de notable au

cœur. — Cas léger Jour d'entrée une saignée de 5 palettes ou de 12 onces.

— Convalescence commençante le quatrième jour après l'entrée.

Salle des hommes, n° 18 bis. Clerc (François), âgé de quarante-huit ans, cordonnier, rue Saint-Denis, n. 345, malade depuis cinq semaines; entré le 19 avril 1839 ; sorti le 11 îai suivant.

D'une constitution faible et d'un tempérament lymphaticonerveux.

En 1821 , le malade étant alors à Bordeaux , première attaque de rhumatisme occupant la plupart des grandes articulations avec gonflement et douleurs. Lé malade a gardé le lit pendant trois semaines, et a conservé de la faiblesse encore long-temps après.

Il dit avoir été traité par l'application de dix sangsues sûr le creux de l'estomac et de cataplasmes sur les articulations douloureuses.

En 1827, étant alors à Paris , le malade eut une seconde attaque de rhumatisme , occupant la plupart des articulations , pour lequel il fut retenu au lit pendant quatre mois.

Celte fois il fut, dit-il , traité par l'émétique et les bains de Vapeur.

Enfin , il y a sept semaines , il a de nouveau éprouvé des douleurs dans les genoux , les pieds et les épaules, sans gonflement bien notable , mais cependant avec impossibilité de marcher. Il a gardé le lit pendant quinze jours, et a pris quelques bains simples.

II attribue cette attaque à des refroidissemens après avoir en chaud (obligé d'aller toutes les semaines de Paris à Saint-Germain, il marchait souvent très vite, chargé d'un paquet assez lourd, pour se rendre au chemin de fer, et il croit avoir pris ainsi chaud et froid}.

Se trouvant mieux au bout de quinze jours , il put reprendre ses occupations et les continua pendant huit jours. A cette époque , étant obligé de déménager, il s'exposa de nouveau à des alternatives de chaud et de froid , particulièrement en lai vant le plancher de son nouveau logement, [et une récidive de rhumatisme s'est déclarée, occupant les articulations des membres supérieurs et inférieurs droits ; cette récidive retenait le malade au lit depuis quinze jours, lorsqu'il prit le parti d'entrer à l'hôpital.

Il avait pris quelques bains pour tout traitement. Etat le jour de l'entrée (19 avril) :

Douleurs dans les articulations du membre inférieur droite qui ne sont pas notablement gonflées et que le malade remue avec assez de facilité ; les articulations métacarpo-phalangiennes, celles du poignet et de l'épaule du côté droit sont goin fiées, rouges et douloureuses (celle du coude correspondant est aussi douloureuse, mais sans gonflement notable); pouls à 96. fort, développé, surtout eu égard à la constitution faible du sujet; résonnance de la poitrine bonne partout, si ce n'est à la partie inférieure postérieure du côté gauche de la poitrine oi elle est un peu obscure , et où l'on entend quelques craquemens secs, superficiels, provenant probablement du frottement de quelques adhérences anciennes ; à cela près, la respiration est bonne partout ; langue humide, un peu blanche. Bruits du cœur secs , parcheminés, surtout le second. Saignée 3 palettes.

20. Le malade se sent bien soulagé : la main droite n'es plus rouge ni gonflée et ses mouvemens sont faciles ; les arti culations des membres inférieurs sont également dégagées peau moite, d'une chaleur modérée (le malade a mouillé un< chemise la nuit dernière); pouls à 92, toujours assez développé et assez résistant; bruits du cœur comme hier. Caillot de la saignée assez fortement rétracté, d'une bonnf

consistance, recouvert d'une couenne mince, mais qui supporte facilement le poids de ce caillot, sérosité jaune-verdâire, en assez grande abondance.

Cataplasmes sur les articulations; un bain/ violette , guimauve sirop de gomme/ diète.

21. Les douleurs ont presque complètement cessé; pouls à 84-88. F

Deux pilules extrait gommeux d'opium d'un demi-grain chacune/ bouillon.

22. Douleurs à-peu-près complètement disparues; pouls à 84 ; encore un peu de chaleur à la peau.

Convalescence commençante.

Mêmespilules, un huitième d'alimens.

La convalescence ne se dément point les jours suivans , et le malade mange successivement le quart, la demie et' les trois quarts.

11 mai. Exeat. En très bon état.

OBSERVATION CX. -Rhumatisme articulaire sub-aigu ambulant avec fièvre modérée.- Rien de notable au cœur. -Cas léger. -Jour d'entrée une saignée de 3 palettes ou de ta onces. Convalescence commençante le quatrième jour de l'entrée.

Salle des hommes, h° 13. Manisset (Jean), âgé de vingtdeux ans, serrurier, rue des Filles-Dieu, n. 15 , malade depuis un mois; entré le 24 avril 1839, sorti le 30 du même mois.

D'une constitution forte et d'un tempérament sanguin ; habituellement bien portant.

Il y a un mois, il a commencé à éprouver des douleurs dans les reins , la hanche, le genou et le pied droits , avec gonflement de ces dernières articulations, surtout au genou.

Le malade a gardé le lit pendant huit jours, et se sentant alors soulagé , il a repris ses occupations.

Il y a douze jours , il a de nouveau éprouvé des douleurs occupant les épaules, les coudes et les poignets, mais il ne ls'est alité que cinq jours avant son entrée.

Trois jours avant cette entrée, neuf sangsuesont été appliquées sur l'épaule gauche.

Etat le jour de l'entrée (24 avril) :

Le malade n'accuse actuellement que peu de douleur dans les poignets et les coudes ; la seule articulation qui soit assez douloureuse pour gêner les mouvemens, est l'épaule droite où l'on ne trouve cependant aucun gonflement notable ; pouls à 76-80 , assez développé ; visage un peu animé ; appétit assez bon; soif modérée ; selles normales ; bon état des poumons et du cœur»

Saignée 3 palettes.

25. Les douleurs n'occupent ce malin que l'épaule et le coude du côté droit, sans gonflement notable (les mouvemens sont douloureux , mais non impossibles) ; peau d'une chaleur modérée ; pouls à 72 ; retour de l'appétit et soif médiocre ; peu de sommeil ; impulsion du cœur un peu forte ; bruits

clairs , purs.

Caillot de la saignée adhérent au vase, d'une consistance moyenne , recouvert de quelques petites lanières de couenne très mince , avec une petite quantité de sérosité transparente à sa surface.

Guimauve, bourrache sirop de gomme 2 pots; cataplasmes; lavement émollient; diète.

26. A-peu-près même état que la veille pour les articulations , mais une nouvelle douleur s'est manifestée vers l'attache inférieure du deltoïde droit; peau moite; pouls à 60, grand, tendu , résistant ; les deux bruits du cœur forts, secs , bien détachés, sans souffle.

Cataplasmes laudanisés; le reste idem.

27. Point de douleurs nouvelles ; le pouls reste à 56. Convalescence commençante»

Un bain; un bouillon; le reste idem.

Page 1