III. Chez les deuxsujets qui guérirent promptement, il en e
un dont la maladie ne résista que très médiocrement (obser
cxv); mais elle fut, en quelque sorte, attaquée àson étatnai!
sant. L'affection de l'autre malade fit beaucoup plus de rési
tance. Bien que la malade (c'était une cuisinière devingt-qu
tre ans) fût d'une constitution lymphatique assez prononcée,, j
persistai pendant quatre jours consécutifs sur l'emploi d^
émissions sanguines locales (une saignée générale fut aus
pratiquée dès le jour de l'entrée). Il ne fallut rien moins en
DE RHUMATISME ARTICULAIRE AIGU GÉNÉRALISÉ. &'g
celte persévérance dans les émissions sanguines, secondées ensuite par les vésicaloires, pour triompher de l'intensité et de 1 opiniâtreté de la maladie. J'avoue que je fus encouragé dans cette pratique par le souvenir des cas où pour n'avoir pas été appliquée avec toute l'énergie convenable, et surtout assena temps, une affection semblable à celle de cette femme s'était terminée par tumeur blanche, ankylose,etc. (j'avais alors recueilli , entre autres cas de ce genre, les deux premiers cas de ce groupe, qui constituent un des termes de la comparaison dont nous nous occupons).
Telles sont, en définitive, les causes principales qui si je ne me trompe, rendent raison de la différence signalée plu haut.
IV. Quoi qu'il en soit , (rois au moins des- quatre cas auxquels nous consacrons ces remarques, prouvent bien que comme nous l'avons dit précédemment, en cela d'accord avec Stoll, Dance, etc., tout étant égal d'ailleurs, le rhumatisme articulaire partiel est plus opiniâtre, plus rebelle, plus inamovible, pour me servir d'une expression de Dance' que le rhumatisme articulaire généralisé ou disséminé.
V. Dans aucun des quatre cas que nous étudions, il n'a existé de coïncidence notable d'endocardite ou de péricardite. Ils viennent donc confirmer un des articles de la loi que nous avons formulée dans ce traite, savoir que pour le rhumatisme articulaire non généralisé, ta non-coïncidence d'une endocardite ou dune péricardite est la règle, et la coïncidence, l'exception.
VI. Dans deux de ces cas, où l'inflammation rhumatismale lu genou a pour ainsi dire marché à l'instar d'une phlegmasie rtilegmoneuse, il y a eu coïncidence ou, si l'on aime mieux, îomplication de cette phlébite que, dans un autre endroit de :et ouvrage, j'ai mise au nombre des accompagnemens lo- :aux durhumatisme articulaire. Dira-t-onque, dans cesdeux ;as, l'inflammation articulaire n'était pas un rhumatisme? )n peut dire tout ce qu'on voudra , mais nier n'est pas prouver. Ce qu'il y a de certain , c'est que : 1° dans les deux cas [ont il s'agit, la maladie s'est déclarée sans l'intervention l'aucune cause traumatique, et sous l'influence du froid, d'a-
51/j RELATION DE CINQ CAS
près la déclaration plus ou moins explicite des malades ; 2° qu'avant de se fixer sur un genou , l'affection , dans l'un de ces deux cas, avait occupé d'autres articulations. Qu'on n'oublie pas, du reste, que l'objection à laquelle nous répondons a été soulevé*, dans ces derniers temps , par ceux qui révoquent en doute la nature inflammatoire du rhumatisme articulaire bien caractérisé, dans l'unique but de contester le caractère rhumatismal de certaines affections auxquelles des observateurs avaient reconnu ce caractère et qui s'étaient terminées par suppuration. Or , les faits que renferme ce traité ont, je ne crains pas de le dire, ruiné de fond en comble le système dans l'intérêt duquel on avait présenté l'objection ci-dessus indiquée.
S II. Relation de cinq cas de rhumatisme articulaire partiel.
OBSERVATION CXIV. — Rhumatisme articulaire aigu fébrile, localisé sur le genou droit, avec épancbement considérable.— Rien de bien notable au cœur. —Cas grave. — En quatre jours cinq saignées, générale (r) et locales (4) qui ont fourni i5 palettes et demie ou 3 livres 14 onces de sang. — Convalescence commençante du douzième au treizième jour.
Salle s airte- madeleine, n° 4. La nommée Joséphine Cierge, âgée de vingt-quatre ans, cuisinière, demeurant rue Mouffe'tard, 201; née à Clermont (Puy-de-Dôme); malade depuis six jours, alitée depuis trois ; entrée le 4 janvier 1840; sortie le 13 février 1840.
Constitution moyenne, un peu lymphatique ; peau fine, blanche ; cheveux châtains 5 réglée à dix-sept ans ; depuis , menstruée tous les mois régulièrement pendant quatre ou cinq jours (il y a huit jours que les dernières règles se sont terminées) ; santé habituellement bonne.
Malade depuis six jours , elle a commencé par éprouver un peu de douleurs dans les articulations des coudes ; le second jour , il lui est survenu de la douleur dans le genou droit , qui s'est en même temps gonflé ; la douleur des coudes a disparu ; point de douleurs dans d'autres articulations.
Il y a trois jours que la malade garde le lit.
Elle ne sait à quoi attribuer sa maladie ; il lui arrive quelquefois de s'exposer au froid , après avoir eu chaud.
Le deuxième jour de sa maladie , on lui a appliqué dix sangsues sur le genou malade et des cataplasmes de farine de graine de lin.
Etat que présente la malade à son entrée à l'hôpital.
Le genou droit est très gonflé ; la peau de celte partie offre une légère teinte rose; il est douloureux, et on y distingue de la fluctuation ; sa circonférence est de 0,405,n- (lh pouces 10 lignes) , celle du genou opposé étant de 0,345m- (12 pouces 8 lignes); la malade est obligée de tenir la jambe dans un état de demi-flexion.
Pouls à 96 , médiocrement développé.
Saig. h palettes; ventouses scarifiées sur le genou droit 3 palettes.
5 janvier. La malade se sent un peu soulagée; le genou est moins douloureux ; aucune autre articulation n'est le siège de douleurs ni de gonflement.
Circonférence du genou droit comme la veille, 0,405m'; fluctuation très considérable sur les côtés du genou ; la rotule est fortement soulevée , et vers la partie supérieure de cet os, il existe une fluctuation très évidente ; pas de changement de couleur à la peau ; la douleur , quoique moindre , persiste dans les environs du genou ; la chaleur de la peau est un peu augmentée.
Etat sudoral de la peau, surtout au visage ; pouls à 96, mou; résonnance dans toute l'étendue de la région précordiale; bruits du cœur secs , rudes , sans souffle , ni râpement ; soif vive , anorexie ; urines faciles.
Le caillot de la saignée en partie rétracté, en partie adhérent aux parois du vase , recouvert d'une couenne un peu renversée sur ses bords , de trois à quatre millimètres d'épaisseur; sérosité citrine.
Sérosité des ventouses non colorée par le sang ; plusieurs rondelles recouvertes d'une couenne bien formée , fermes , bienséparées.
F eut. scarif. sur le genou droit 3 pal.; cat.
Viol., bourr. s. gom. 3 p.; julep diacodé, 30 grammes; diète .