EXPERIENCE
Le 1 er juin 1867, j'injecte à un chien de moyenne taille 1 0 grammes de pus de bonne nature , pris dans un abcès du bras , immédiatement avant l'injection. Celle-ci est faite dans la ca-
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rotide gauche, à l'aide d'une canule assez longue pour atteindre le ventricule. Le pus est poussé très-lentement, avec des temps d'arrêt de quelques secondes. L'animal reste tranquille et ne jette pas de cris pendant l'opération. Détaché immédiatement après la ligature de l'artère, il se met sur ses quatre pattes pour se sauver, mais la moitié droite du corps l'empêche de courir, il s'affaisse de ce côté, la tète tourne dans le même sens. Dix minutes plus tard, le chien boit et mange; l'hémiplégie incomplète persiste. *
Le lendemain matin , nous le trouvons couché dans son chenil, au milieu d'aliments mangés la veille et vomis pendant la nuit ; il ne veut plus se lever quand on l'appelle, refuse de boire et de manger. Lorsqu'on le remue il pousse des gémissements ; l'œil est terne; en un mot, il parait agonisant; cependant la respiration est normale, les battements du cœur ne sont pas précipités. Le soir, l'animal se trouve dans le même état, couché à la place où nous l'avons fait transporter le matin ; il n'a pas touché à la soupe qu'on lui a préparée, mais le bocal contenant l'eau est vide.
Le S le chien est debout, il marche péniblement, tenant toujours la tête inclinée à droite; les jambes de ce côté paraissent plus fortes, car il ne fléchit plus en marchant. Dans la nuit, plusieurs selles sanguinolentes, mais pas de vomissements. Soif intense. Température 41°. L'œil est toujours éteint, la langue rouge et très-sèche; nous essayons de maintenir l'animal debout en lui présentant des morceaux de sucre ; il parait insensible à nos attentions et se recouche immédiatement.
Le 4 la bête se trouve un peu plus alerte ; elle a mangé un peu de soupe au lait; elle paraît toujours sous l'influence d'une soif ardente, car on est obligé de lui remplir son bocal d'eau deux ou trois fois dans la journée. La diarrhée sanguinolente persiste; le morceau de sucre qui lui estprésenté l'allèche , elle fait quelques pas, mais ne nous suit point. Ni vomissements, ni signes manifestes d'hémiplégie, si ce n'est la tête toujours inclinée à droite.
Le 5 même état que la veille, seulement la respiration parait gênée, car elle est bien plus fréquente que les jours précédents ; le cœur bal jusqu'à 150 fois par minute. Diarrhée persistante.
Le 7 l'animal ne peut se lever, les articulations des pattes de devant sont tuméfiées, douloureuses; surtout celles du genou. Quand on le force à se lever, il gémit. Quand on lui étend les pattes de devant, il essaie de mordre, en donnant des signes manifestes de douleur.
Cet état persiste pendant trois jours, la diarrhée ne discontinue pas, mais elle n'est plus sanguinolente. La maigreur devient extrême, le patient ne mange presque rien, mais boit toujours beaucoup.
Le 11 les articulations malades sont moins tuméfiées; l'animal en se levant s'appuie sur ses pattes antérieures, mais la patte gauche de derrière refuse son concours ; elle est douloureuse à la pression, surtout à l'articulation fémoro-tibiale. Pas dégonflement appréciable. Soif très-vive. Pas d'appétit, diarrhée , langue toujours sèche et rouge. Si l'on surveille l'animal, sans qu'il vous voie, on remarque qu'il est constamment assoupi , le bruit qu'on fait autour de lui ne le tire pas de sa torpeur; pour arriver à ce résultat , il faut l'appeler, s'approcher de lui elle caresser. Les menaces même ne le font pas lever. Amaigrissement de plus en plus considérable.
Le 15 on remarque à la partie interne de la cuisse gauche une petite tumeur douloureuse , fluctuante , que nous jugeons être un abcès; nous l'ouvrons avec une lancette. Le pus qui s'écoule parait de bonne nature. Le chien du reste est toujours trèsmalade; on ne le fait sortir que difficilement de sa somnolence.
18 juin. Depuis trois jours l'état est le même, nouvel abcès au côté droit du cou ; nous l'ouvrons sans que celte opération paraisse déterminer de souffrance. La diarrhée existe toujours ; la stupeur est plus grande encore que les jours précédents ; les douleurs articulaires du train postérieur semblent diminuer, car le chien , placé sur ses quatre pâlies , reste debout pendant quel-
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ques instants, mais retombe bientôt à cause de sa faiblesse. Il dort presque continuellement, et ne s'éveille que pour boire.
Le 20 amélioration de l'état du malade. Quand on l'appelle, il essaie de se lever sans pouvoir y parvenir. L'œil reprend du brillant. Les selles sont presque solides, la langue est moins brûlée que les jours précédents, mais pas d'appétit. Les articulations ne sont plus douloureuses, on peut les remuer sans que l'animal se plaigne.
Le 23 il va relativement bien ; nous le trouvons levé et marchant un peu ; il mange de la soupe au lait, boit moins d'eau ; la langue est encore sèche et rouge ; les selles sont solides. Pas de signes de paralysie, mais faiblesse et maigreur extrêmes. Il goûte pour la première fois le sucre qu'on lui donne. Il semble se ranimer, dort beaucoup moins, regarde du côté où on fait du bruit, mais sans essayer d'aboyer.
Le 28 le chien prend de la soupe en assez grande quantité; il sort de sa niche pour se coucher au soleil; il parait plus fort, car dans la soirée, nous le trouvons à 20 mètres au moins de son chenil, contre un mur encore échauffé par les derniers rayons solaires.
La soif est moins vive, la respiration assez régulière, mais quand on effraie l'animal pour le forcer à courir, il fait quelques pas précipités et tombe essoufflé.
Cet état va en s'amétiorant jusqu'au S juillet. A cette date, le malade est presque remis, il mange bien, mais il est toujours faible sur ses jambes. Si on essaie de le faire courir en l'attachant à une corde, il tombe après quelques instants de ce violent exercice.
Le 8 l'animal se porte à peu près bien, sauf son excessive maigreur; il dévore les aliments qu'on lui présente.
Il est complètement guéri le 15 juillet ctfijlt avec moi des promenades très-longues ; il ne lui reste y' de tous ses accidents , qu'une légère inclinaison de la tête du-^ôté droit.
Volume restaurato presso il Laboratono di Restauro délia ~~^r Bibliotec- Nazionale Centrale di Firenze
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