‹ Traité clinique et expérimental des embolies capillairesChapitre 4 sur 22 · FONDÉ PAR M. [>E MONTHYON · texte numérisé non relu

FONDÉ PAR M. [>E MONTHYON

(('nramissaires: MM. Andral, Cloquet, Cl. Bernard, Xélaton, Cotte, Longet, Ch. Hobin, ISottUiaud, »SV. Lawjier, rapporteur.)

a \ja question des embolies vasculaires n'est pas nouvelle. On peut la faire remonter à Galien , à Bonnet, à Van Swieten et à plusieurs auteurs modernes, dont les travaux ont eu surtout en vue: i° les embolies de vaisseaux d'un volume notable; 2° les embolies capillaires.

« Aujourd'hui M. Feltz présente un nouveau travail intitulé : Étude clinique et e.rfwrimentale sur les embolies capillaires.

n II les a produites et suivies dans le système pulmonaire, la circulation aortique et le domaine de la veine porte.

« Observations cliniques, expériences nombreuses et variées, pièces anatomiques dessinées et coloriées avec soin pour aider l'intelligence des descriptions , il n'a rien épargné dans le but de mettre en lumière les faits déjà connus, d'en faire la démonstration expérimentale et de rendre compte, par cette étude, d'un grand nombre de lésions périphériques jusqu'ici inexpliquées dans leur mode de formation.

« Dans une première série d'expériences, il produit la mort des lapins et cochons d'Inde, en injectant dans les veines jugulaires de la poudre de charbon ou de fibrine; tantôt la mort a été subite, immédiate; tantôt l'animal a vécu trois minutes, jamais plus de cinq minutes.

«A l'autopsie, poumons fortement gorgés de sang. Au microscope on reconnaît la poudre de charbon dans les petits vaisseaux pulmonaires; en desséchant les poumons, on voit sur chaque coupe une multitude de poinls noirs, qui ne sont

XII RAPPORT DE I.'aCADKHIE DES SCIENCES.

autres que les poussières qui ont pénétré jusque dans la profondeur du parenchyme.

« Les opérés périssent par défaut d'hématose ; ici ce n'est pas l'air qui manque, c'est le sang; on en empêche l'arrivée aux vésicules pulmonaires par l'oblitération des capillaires.

«Appliquées par analogie à la pathologie, ces expériences démontrent, suivant l'auteur, que des caillots obturateurs du système capillaire produisent aussi bien l'asphyxie que de grosses embolies qui bouchent ou les principales branches de l'artère pulmonaire ou l'orifice artériel même du ventricule droit.

« La mort se comprend mieux dans les cas d'embolies capillaires nombreuses que dans ceux d'oblitération d'une seule division importante de l'artère pulmonaire ; souvent alors elle n'est le résultat que d'accidents consécutifs, œdème, inflammation, gangrène du poumon; mais, d'autre part, la mort par embolies capillaires doit être rare, à cause de la facilité du rétablissement de la circulation dans un organe riche en capillaires. Presque toujours, quand elle arrive, d'autres obstacles à l'hématose existaient antérieurement.

« Ces diverses propositions sont appuyées dans le Mémoire de M. Feltz par des observations cliniques suflisamment bien interprétées. Dans ces cas divers, la mort est arrivée dans un accès de suffocation , et subitement alors; mais il avait été précédé d'accès plus ou moins nombreux. M. Feltz ne possède, au contraire, qu'un exemple de mort subite par embolies capillaires sans complication de lésions antérieures du coté du cœur ou des poumons. 11 regarde comme signe presque certain d'embolies capillaires du poumon la mort survenue dans un accès de suffocation déjà précédé d'autres accès de dyspnée plus ou moins forts.

((Suivant lui aussi, les embolies capillaires du poumon

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RAPPORT DE L ACADÉMIE DES SCIENCES. Mil

jouent un grand rôle dans les processus morbides observés à la suite de brûlure ou de congélation.

«Dans une seconde série d'expériences, .M. Feltz, au lieu de la veine jugulaire, choisit des veines périphériqués . alin de se rapprocher davantage de ce qui se passe ordinairement chez l'homme, où les embolies capillaires parlent presque toujours de la périphérie. Il observe alors une mort rapide, mais non subite ; il attribue ce résultat à la perte d'une plus ou moins grande partie des poussières injectées, soit dans la veine même avant la première collatérale, soit dans les valvules. Pour éviter celte perte, il essaie de produire l'embolie capillaire des poumons par brûlure, et il conclut que la morl la plus fréquente a encore lieu par embolies pulmonaires, bien qu'elle puisse avoir lieu aussi par épuisement du système nerveux ou bien par le tétanos. Il confirme, par ces expériences, les opinions émises par Wilks sur le rôle des poumons à la suite des brûlures.

«Mais comment les embolies, qui ne causent pas la mort immédiate, la produisent-elles consécutivement ? Ici se présente la question d'anatomie pathologique; les embolies agissent alors en déterminant les infarctus pulmonaires. M. Feltz donne de ce produit une espèce de définition : « C'est un foyer parenchymateux quasi hémorrhagique , qui se forme par l'arrêt de la circulation sous l'influence de petits bouchons dits embolies capillaires ; d'autre part par la rupture d'artérioles ou de capillaires distendus à l'extrême par le sang en amont des corps étrangers introduits dans la circulation; c'est le premier terme des lésions pulmonaires ; le dernier est l'abcès. »

«Suivant M. Feltz, l' infarctus esl toujours hémorrhagique; la preuve qu'il en donne est la présence constante dans les infarctus récents de globules de sang frais et des poussières

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