I. SYMPTÔMES DE LA FIEVRE HECTIQUE
009. Ces symptômes varient suivant le siège de la phlegmasie chronique qui produit la fièvre.
On doit donc s’étonner que les pyrétoîogistes n’aient pas appliqué la classification des fièvres aiguës aux fièvres lentes ou hectiques. S’ils l’eussent fait, ils auraient distingué des fièvres hectiques gastriques , des fièvres hectiques nerveuses ou ataxiques, etc.
En effet, de même qu’une phlegmasie aiguë de l'appareil digestif s’accompagne ordinairement d’une fièvre, à laquelle les pvrétologistes avaient donné le nom de fièvre gastrique , ainsi l’inflammation chronique de ce même appareil détermine souvent une lièvre lente, à laquelle le nom de gastrique convient tout aussi bien qu’à la précédente.
Ce que nous disons ici de l’appareil digestif s’applique à tous les autres appareils.
M. Broussais a bien senti cette vérité, lorsque, dans ses recherches sur la fièvre hectique , il a distingué des hectiques gastriques , pectorales, génitales, morales (nerveuses), etc., suivant que ces fièvres reconnaissaient pour cause l’irritation de la membrane muqueuse gastrique, pectorale, génitale, ou l’irritation du système nerveux cérébrospinal, etc. ,
3 10. Considérée indépendamment des diverses affections locales dont elle peut être la suite, la fièvre hectique est caractérisée par les symptômes suivants :
Accélération, petitesse et vivacité du pouls, chaleur de la peau, soif, émaciation progressive de tout le corps.
Le mouvement fébrile , bien que continu, est sujet à des paroxysmes, qui se manifestent ordinairement vers le soir, après les repas , ou à la suite de quelques excès. Pendant ces redoublements, la fréquence du pouls et la chaleur générale augmentent, les joues rougissent, les malades se plai-
fièvres hectiques.
gnent d’une chaleur incommode à la plante des pieds, et à la paume des mains. Les exacerbations commencent quelquefois par des frissons et se terminent par des sueurs abondantes, de manière à
imiter assez exactement les accès d’une fièvre inter-
mittente.
5i i. Quant aux symptômes que présente la fièvre hectique, considérée sous le rapport de l’affection locale dont elle est la suite , ce sont ceux d’une phiegmasie chronique de quelqu’un des systèmes ou des appareils organiques.
5 12. Les symptômes de 1 hectique gastrique de M. Bro ussais sont : l’anorexie, les digestions laborieuses , les rots , les vomissements , des anxiétés épigastriques; la diarrhée, les coliques, le ténesme (lorsque Y/iectique est intestinale et non gastrique).
3 1 3. Les symptômes de Y hectique pectorale sont: la toux, la douleur au larynx (ce signe n’existe pas toujours), l’expectoration muqueuse ou purulente, la dyspnée plus ou moins violente, le râle muqueux, la pectoriloquie , etc., etc.
3 1 4. U hectique morale de M. Broussais , ou la fièvre lente nerveuse de plusieurs pyrétologistes , se reconnaît aux symptômes suivants :
Tristesse, morosité, dégoût de la société , soupirs douloureux , larmes fréquentes , altération de la physionomie , céphalalgie , désordre dans les idées ou même véritable délire , tremblement ou convulsions des muscles , etc.
Quand il survient une exaspération , dit M. Brous-
sais , on observe les symptômes de la fièvre ataxique (1).
315. Si nous voulions parcourir les symptômes des autres affections locales qui peuvent déterminer la fièvre hectique , nous verrions que , comme ceux des affections que nous venons d’examiner , ils décèlent constamment une phlegmasie chronique.