‹ Traité clinique et expérimental des fièvres dites essentiellesChapitre 11 sur 113 · DES FIÈVRES BILIEUSES OU MENINGO-GASTRIQUES · texte numérisé non relu

DES FIÈVRES BILIEUSES OU MENINGO-GASTRIQUES

Considérations préliminaires.

5i. Il est difficile de concevoir comment on a pu réunir des idées qui se repoussent aussi vivement que celles de maladie essentielle et de maladie dépendante de l’affection d’un organe quelconque de l’économie ; c’est pourtant ce que l’on a fait quand on a donné à la fois le nom de fièvre essentielle et celui de fièvre méningo-gaslrique à la maladie qui fait le sujet de ce chapitre. N’est-ce pas là ce que l’on pourrait appeler une espèce de contre-sens de mots ? car , enfin , l’expression d’ essentielle suppose que la fièvre n’est pas sous la dépendance d’une autre maladie; et l’expression de méningo-gaslrique suppose, au contraire,

que la fièvre est sous la dépendance d une alléelion des membranes de Festonnât*. Comment concilier des expressions qui s’excluent réciproquement? Que si d’un côté les expressions dont il s’agit répugnent aux lois du langage, d’un autre côté les idées quelles représentent, ainsi que nous le disions tout à l’heure , violent toutes les règles qui président à l’association des idées , et sont absolument incompatibles ; en sorte que ce que nous appelions plus haut une espèce de contre-sens de mots , se trouve être en même temps un véritable contre-sens.

Mais puisque une fièvre méningo-gastrique ne peut être une fièvre essentielle, il ne nous reste plus qu’à examiner quelle est la nature de l’affection gastrique qui produit la fièvre qui porte ce nom. Nous savons déjà que, de l’aveu même de l’auteur de la Nosographie philosophique > cette fièvre, quoique essentielle , consiste en une augmentation d’irritabilité dans le canal alimentaire , surtout dans l’estomac et le duodénum, ainsi que dans les organes sécréteurs de la bile eldu suc pancréatique. Cet aveu de la part du vénérable et savant professeur que nous venons de nommer , est de la plus haute importance ; on y trouve l’idée principale du nouveau système pyrétologique , et il prouve, si j’osais le dire , que M. Pinel était partisan de M, Broussais , même avant que celui-ci eût des partisans, c’est-à-dire avant qu’il eût publié sa doctrine sur les fièvres : car quelle différence existe-t-il entre l’opinion de M. Pinel , qui fait eon-

6: abattement, surdité commençante; langue sèche , aride, noire et fuligineuse ; ventre dur et tendu , pas de dévoiement , pouls souple et fréquent , peau chaude et sèche ( foment. sur le ventre; org. édulc. et gomm. ; lav. émoi.).

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