‹ Traité clinique et expérimental des fièvres dites essentiellesChapitre 10 sur 113 · IV. TRAITEMENT DK LA FIÈVRE DITE INFLAMMATOIRE OU ANC IO-TÉNI QUE · texte numérisé non relu

IV. TRAITEMENT DK LA FIÈVRE DITE INFLAMMATOIRE OU ANC IO-TÉNI QUE

(angio-cardite ).

129. Les considérations précédentes indiquent assez quels sont les moyens que, dans l’état actuel de la science , le médecin doit diriger contre la maladie qui fait lobjet de ce chapitre. En effet, d’un côté, nous savons que la fièvre dite inflammatoire n’est autre chose qu’une irritation primitive ou consécutive du système circulatoire; nous savons, d’un autre côté, que le traitement d’une irritation ou d’urie inflammation quelconque consiste essentiellement dans l’emploi des saignées , de la diète et des boissons rafraîchissantes et délayantes ; par conséquent c’est par l’usage sage-

(1) Mon ami , M. Toussaint Leroy , m’a communique Inobservation d’un homme qui mourut pour avoir bu environ une pin le d’eau-de-vie , et à l’ouverture duquel on trouva une violente inflammation de la membrane interne des vaisseaux sanguins.

sister ia fièvre méningo-gastrique en une irritation des viscères digestifs , et T’opinion de M. Broussais qui regarde cette même maladie comme une gastro-entérite , ou une phlegmasie gastro-intestinale? Ainsi donc M. Pinel est médecin physiologiste, malgré lui-même , et M. Broussais , certainement aussi malgré lui-même , et peut-être sans le savoir , est partisan de,M. Pinel, même en matière pyrétologique. Après avoir accordé ainsi deux hommes qui ont l’un et l’autre de justes droits à notre reconnaissance , et dont le nom est également cher à la Médecine, revenons à notre sujet.

.Nous avons vu, dans le précédent chapitre et dans l’introduction , que la fièvre , considérée comme symptôme, est l’effet d’une irritation du système vasculaire, et que la fièvre dite angioténique n’est, pour ainsi dire, que cette irritation elle-même. Seule , la fièvre angio-ténique peut donc être regardée comme étant quelquefois essentielle ou primitive, en ce sens, qu’elle peut exister indépendamment d’une phlegmasie antécédente de quelqu’un des organes du corps. Quant à la fièvre méningo-gastrique , nous venons de voir quelle n’est pas essentielle , de l’aveu même de ceux qui lui ont imposé cette dénomination; elle n’est que le symptôme ou Feffet sympathique de l’affection des viscères digestifs. C’est de la nature de cette affection que nous avons à nous occuper. Mais puisque, d’après ce qui a été prouvé précédemment, la fièvre consiste essentiellement en une irritation du système vasculaire, il est évi-

dent que celle dont le point de départ existe dans les organes digestifs ne peut être produite que par une irritation de ces organes : car cette fièvre n étant que la réaction sympathique des organes indiqués sur le système circulatoire , et cette réaction elle -même étant une irritation, il est nécessaire que le centre de la réaction irritative soit irrité lui-même. C’est ainsi que le raisonnement et nos propres principes nous conduisent à une conclusion qui ne diffère aucunement de l’opinion de M. Pinel sur la nature de la fièvre méningo-gastrique, lequel , comme nous l’avons déjà dit, la fait consister en une irritation des viscères digestifs.

32. Néanmoins, ce n’est pas assez d’avoir démontré par le raisonnement que la fièvre méningogastrique dépend essentiellement d’une irritation ou d’une phlegmasie des organes de la digestion ; il faut consulter, sur ce sujet, l’expérience et l’observation; car ce n’est qu’à leur tribunal qu’il appartient de juger en dernier ressort toutes les questions dont se compose le domaine de la médecine. C’est pourquoi nous allons rapporter maintenant des exemples de fièvre dite méningo- gastrique ou bilieuse ; et examiner si les symptômes que l’on observe , si les altérations organiques que l’on trouve après la mort, si les causes qui produisent la maladie, si les moyens qui la guérissent, si toutes les circonstances, en un mot, ne concourent pas pour prouver la vérité de l’opinion que nous avons émise. Il se présente seulement une difficulté; c’est que la maladie que

3° Par rapport aux fièvres qu’il nous reste a examiner, la fièvre inflammatoire primitive, c’està-dire celle qui n’est pas consécutive à une phlegmasie locale; cette fièvre, dis-je, relativement aux autres, peut être considérée comme une maladie simple. Nous verrons, en effet, quelle constitue l’élément commun des autres maladies désignées sous le nom de fièvres, mais qu’on ne l’y rencontre pas toujours seule.

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