Turpinat , âgé de vingt ans , maçon , che
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veux châtains , très bien constitué , d’un tempérament sanguin - bilieux , était malade depuis sept jours, lorsqu’il fut apporté à l’hôpital Cochin , le 20 mai 1822. Il présentait les symptômes suivants: visage injecté d’un rouge légèrement foncé ou vineux , abattu , étonné ; céphalalgie sus-orbitaire ; chaleur humide de la peau ; lassitudes profondes dans les membres; langue blanche au milieu, rouge à la pointe et sur ses bords, sèche; soif, anorexie nausées et vomissements ; douleur et chaleur vive à l’épigastre , dévoiement ; douleur dans le côté droit de la poitrine , augmentant pendant la dilatation de cette cavité et pendant la toux , qui est assez fréquente ; oppression légère : à gauche le murmure respiratoire est naturel ; à droite il est accompagné d’un bruissement pneumonique ; il est même imperceptible vers la base du thorax ; pouls fréquent , assez développé ; insomnie depuis deux jours. (Vingt-sept sangsues à l’épigastre. ) — Dans la nuit du 20 au 21 , le malade éprouve du délire, se lève et court dans la salle. — Le lendemain, 21 : odeur fétide, prostration adynamique , nulle réponse aux questions , assoupissement, météorisme avec légère sensibilité du ventre , qui est brûlant et couvert de sueurs ; langue d’un rouge de sang, tressaillement dans les tendons de l’avant-bras. (Gomme édulcorée, diète.) - — 22, 23, 24 : le délire a cessé, le pouls est très fréquent , d’une mollesse extrême. ( Sinapismes. ) — Le 25: assoupissement, fréquence du pouls , selles copieuses , fétides , rendues involon-
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tairement. (Trois bouillons. ) — 26, 27, 28: affaissement extrême ; assoupissement profond , dont on a peine à retirer le malade; il répond difficilement aux questions et avec une lenteur extrême ; elles semblent le fatiguer; ses yeux sont humides, ses regards languissants. Il peut à peine tirer la langue qui est humide, couverte au milieu d’une couche limoneuse , blanchâtre , et dont les bords sont rouges ; dents et lèvres légèrement croûteuses; toux peu fréquente, décubitus sur le dos ; le malade se découvre à chaque instant ; le dévoiement continue. ( Lavement avec eau de lin et amidon; opium grains ij. ) — 29: assoupissement, yeux à demi fermés, regardant en haut, émaciation de la face, nez effilé, dilatation des ailes de cet organependant l’inspiration; décomposition des traits , cessation de la diarrhée ; la peau du tronc et du cou , depuis hier, est parsemée d’une infinité de vésicules miliaires, transparentes , semi-sphéroïdales , confluentes ou discrètes, remplies d’un fluide séreux, analogue à celui de la transpiration cutanée (sudamina): régurgitation d’un liquide bilieux , verdâtre , crachats muqueux , légèrement ensanglantés ; moiteur continuelle de la peau , poitrine sans cesse découverte , pouls médiocrement fréquent; soif; chaleur excessive de tout le ventre. (Vésicatoires aux cuisses, eau de gomme , et trois bouillons. ) — Le 3o: assoupissement moins profond , œil plus animé , visage moins abattu ; réponses plus faciles et moins lentes, gémissements, douleur à l’endroit qu’occupent les vésicatoires ;
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amelioration sensible. — 3i mai et ier juin: à peu près même état ; eschare au sacrum ; plusieurs selles liquides ; le malade se lève seul pour aller à la garderobe. — 2 juin : rougeur de la peau qui recouvre les trochanters , vésicules cutanées moins nombreuses, se rompant à la moindre pression. — 3 juin : Je délire reparaît, le malade s’agite, tire ses bras du lit, fait des efforts pour se découvrir et pour se lever ; on est obligé de lui mettre la camisole. — Le q : œ il fixe, visage profondément décomposé; gémissements toute la nuit suivante ; le malade semble appeler ses parents, et rend le dernier soupira cinq heures du matin, après une agonie tranquille.
Autopsie cadavérique , vingt-six heures après la
mort .
i° Habitude extérieure. La raideur cadavérique est peu prononcée ; la peau , étroitement unie et comme collée aux muscles, d’une couleur légèrement vineuse, présente, çà et là sur la poitrine, quelques vésicules affaissées ; la chair musculaire est un peu brune. — 2° Organes circulatoires et respiratoires. Les feuillets pulmonaire et pariétal de la plèvre droite sont réunis entre eux par des adhérences celluleuses, molles, fragiles, deformation peu ancienne; le poumon correspondant, rouge généralement à sa surface, est parsemé de quelques plaques noires; son bord postérieur et sa base sont le siège d’un engorgement sanguin> inflammatoire et cadavérique à la fois ; là , le pa^
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renchyme pulmonaire ressemble au tissu de la rate. La cavité pectorale gauche contient environ un demi-verre d’un liquide rouge; le poumon correspondant , rouge à sa surface , est partout crépitant; les bronches et leurs ramifications ont leur membrane muqueuse injectée et rouge. Le cœur est flasque , ses cavités sont amples ; leur membrane interne est d'un rouge foncé. Le péricarde contenait un peu de sérosité sanguinolente. — 3° Organes abdominaux. — Quelques onces de sérosité rougeâtre dans la cavité péritonéale; foie et rate volumineux, et gorgés de sang ; l’estomac, vu intérieurement, présente dans sa portion splénique une rougeur vive et une injection adondante ; dans le reste de son étendue , il est coloré par la bile et offre çà et là quelques plaques rouges. Les intestins en général sont distendus par une grande quantité de gaz : quelques circonvolutions seulement sont flasques, minces, affaissées et comme chiffonnées ; toutes celles de l’iléon sont rouges à l’extérieur; le duodénum et le jéjunum contiennent beaucoup de bile; leur membrane muqueuse est saine, si ce n’est que celle du second offre une couleur verdâtre , due sans doute à la présence de la bile qui la baigne. La membrane muqueuse de l’iléon est généralement rouge et injectée ; elle se déchire facilement, se détache par une légère traction des autres membranes , en laissant au-dessous d’elle une rougeur très intense ; elle est parsemée de quelques granulations miliaires , et de trois ulcères superficiels : cette membrane , vers la
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fin de l’iléon, est épaissie, boursouflée, fongueuse, infiltrée de sang et presque saignante; huit à dix vers lombrics, du volume d’une plume de corbeau, se trouvent dans l’intestin grêle; la valvule iléocæcale, partage l’altération de la fin de l’iléon et est pour ainsi dire pendante dans le cæcum : celuici, ainsi que le colon, est injecté et légèrement rouge; l’iliaque et le rectum offrent, ça et là, des plaques d’un rouge foncé, lenticulaires, semblables à des pétéchies ou à des ecchymoses ; le mésentère est rouge et injecté ; ses nombreux ganglions présentent les mêmes caractères ; ils sont tuméfiés ; leur tissu gorgé de sang, ressemble assez au tissu érectile.