‹ Traité clinique et practique des maladies mentalesChapitre 119 sur 286 · TROUBLES DE LA NOTION DE LA PERSONNALITÉ PSYCHIQUE · texte numérisé non relu

TROUBLES DE LA NOTION DE LA PERSONNALITÉ PSYCHIQUE

Les perturbations multiples survenues dans l'enregistrement quotidien des impressions sensorielles, auxquelles viennent s'ajouter les sollicitations hallucinatoires nous amènent à comprendre l'intensité du contre-coup qui en résulte, pour cette série d'opérations si complexes, si délicates qui concourent à la notion de notre personnalité psychique. Les composantes qui participent isolément à sa genèse étant isolément faussées, la résultante terminale est du même coup compromise.

C'est dans ces cas que l'on rencontre ces conceptions bizarres de certains

malades, qui expriment nettement leur nouvelle manière d'être et traduisent leurs sensations intimes.

On les examine, on constate des anesthésies partielles sur certaines régions du tégument cutané, eton est tout étonné de les entendre s'exclamer qu'ils n'ont plus de bras, de jambes, de viscères. Leur peau ne l'ait pas de chaleur, ils disent qu'ils ont froid partout, que c'est le froid de la mort qui les prend et, à chaque visite, ils disent qu'ils sont morts.

Dans d'autres circonstances, ils ont des illusions, ils croient par exemple qu'ils sont transformés en animaux divers. Un malade me racontait un jour, en pleine convalescence, qu'au moment d'un accès d'excitation, alors qu'il donnait çà et là des coups de pied, c'étaient, disait-il, des ruades; car il était convaincu qu'il avait des pieds de cheval.

Dans certaines formes de délire dépressif des paralytiques, on rencontre des sujets qui ont une notion amoindrie de leur propre personnalité; ils disent qu'ils sont rapetisses, qu'ils ont de petits pieds, une petite tête, de petits viscères, etc., etc.

Inversement, dans les formes expansives de la paralysie générale, alors que la turgescence des vaisseaux de l'encéphale a amené un état d'éréthisme permanent de l'activité nerveuse, toutes les fonctions cérébrales sont en quelque sorte montées de plusieurs degrés au- dessus de la normale.

Les éléments, qui [entrent dans la constitution de la personnalité physique, suractivés, réagissent d'une façon concordante, et leurs manifestations expressives donnent la note, en quelque sorte, de leur état de surchauffe. — Les individus ainsi atteints disent qu'ils sont plus grands, qu'ils sont plus forts que d'habitude; qu'ils peuvent faire des courses considérables, soulever des poids immenses; que leur taille augmente tous les jours; que leur cerveau s'amplifie, et, transportant ces notions intrinsèques de leur individualité dans le milieu social ambiant, ils disent volontiers qu'ils sont les puissants du jour, et que leur puissance sociale est égale à leur force physique, etc., etc....

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