‹ Traité clinique et practique des maladies mentalesChapitre 140 sur 286 · IIF. LA FOLIE SIMULÉE · texte numérisé non relu

IIF. LA FOLIE SIMULÉE

Si les médecins sont appelés à avoir recours à toute leur expérience pour reconnaître les troubles des facultés mentales, qui se dérobent à leur interrogatoire, il est des circonstances inverses dans lesquelles les individus, pour éviter une responsabilité légale, simulent l'aliénation et s èpr entent comme aliénés devant les experts.

En général, les simulateurs expriment, soit les apparences de la manie avec excitation, soit celles de la lypémanie, soit celles de l'imbécillité. Ce que le médecin doit surtout avoir présent à l'esprit, c'est que dans l'expression de la manie avec agitation les simulateurs ne connaissant pas l'évolution naturelle des types morbides, veulent trop bien faire et dépassent le but. — Ils ont des attitudes conventionnelles qu'on voit au théâtre. L'incohérence n'est pas complète dans leur vocabulaire. Ils crient, chantent et vocifèrent, surtout lorsqu'ils se sentent observés; ils n'ont pas d'insomnie.

La lypémanie peut être commodément simulée. Il suffit que le patient s'applique à rester immobile et taciturne. Mais, il est facile de voir qu'il n'a pas l'atonie du regard de l'individu réellement déprimé, qu'il n'y a ni anesthésie, ni réfrigération des téguments ; que loin de refuser les aliments, il continue à avoir bon appétit, qu'il n'a pas cette fétidité spéciale de l'haleine, qui appartient aux individus qui se nourrissent mal, et qu'enfin il oublie de mettre dans son programme l'incontinence d'urine.

Quant à l'imbécillité, elle ne peut venir jamais rapidement, sans avoir été précédée de phénomènes congestifs ou épileptiques, qu'il faut savoir rechercher.

Les sujets simulent l'hébétude complète en apparence, et on les voit quelquefois, à la dérobée, rechercher quelques distractions et se livrer à la

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