‹ Traité clinique et practique des maladies mentalesChapitre 139 sur 286 · DES ÉLÉMENTS DU DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DES ÉLÉMENTS DU DIAGNOSTIC

permettent d'apprécier l'état général des facultés de la mémoire, du jugement et du mode d'appréciation des choses ambiantes.

C'est ainsi qu'en présence, d'un malade halluciné, on lai demandera pourquoi il est poursuivi, pourquoi la police est à ses trousses? Jamais il ne répondrajuste, jamais il ne donneraune explication régulière des motifs qui font qu'on le persécute; son système de persécution ne sera toujours échafaudé que sur des appréciations personnelles et des impressions subjectives.

On est en même temps surpris de voir combien les forces de l'esprit, la réflexion du jugement, sont profondément troublées. Leur crédulité est extrême et on est, souvent, tout étonné de voir avec quelle facilité, lorsqu'on abonde dans le sens de leur délire, on peut leur faire accepter les propositions les plus imprévues, les prétextes les plus futiles pour arriver à leur faire quitter leur domicile et les placer dans un asile.

Tantôt on leur montre, en les introduisant dans cet asile, qu'ils sont appelés à attendre l'arrivée de grands personnages faisant partie de leurs fausses conceptions, qu'ils sont venus pour acheter la propriété, que cette propriété même leur appartient et qu'ils vont immédiatement traiter avec le propriétaire pour l'achat.

Un certain nombre acceptent volontiers le rôle de martyr politique e sont satisfaits de se dire victimes de leurs ennemis triomphants, etc., etc. Toutes ces allégations variées qui sont acceptées comme des réalités, au point de vue du diagnostic médical, indiquent un affaiblissement notable des facultés mentales et l'arrivée prochaine de la démence. Cet état de crédulité naïve est surtout caractéristique du début de la paralysie générale.

En même temps pour juger comment les malades se rendent compte des choses ambiantes, on tâche de fixer leur attention sur l'appréciation de certains faits récents, on leur pose des questions simples pour juger de l'état de la mémoire : ce qu'ils ont fait le matin, ou la veille du jour où on les interroge? — Et on est souvent très frappé de voir combien est grand le nombre de ces malades qui, quoique lucides et répondant bien aux interrogations, ont perdu complètement la notion de ce qu'ils ont fait il y a quelques heures, et des endroits préalablement connus par lesquels il viennent de passer.

Ces données préliminaires étant acquises au point de vue de l'examen d'ensemble du malade, il convient de passer à un examen plus approfondi et de voir à quelle catégorie spéciale des types morbides il appartient.

Cette classification nosologique étant accomplie, à l'aide de signes soma-

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I i i ] 1 1 es et psychiques variés dont nous aurons à nous expliquer plus loin, le médecin aura à chercher encore — à quelle période est arrivée la maladie, — dans quelles proportions les facultés intellectuelles, sont-elles atteintes ou respectées? et s'il s'agit d'une expertise médico-légale, jusqu'à quel point l'individu en question peut être considéré comme responsahle de ses actes et apte à conserver la direction de ses intérêts? — s'il est apte à avoir des intervalles lucides pendant lesquels il pourrait donner une signature valable.

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