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DES TUBES NERVEUX

térise essentiellement la substance nerveuse; puis vient ensuite la gaine, qui s'applique plus ou moins directement sur le cylinder, et enfin la myéline, qui représente une substance intermédiaire entre le cylinder et la gaine.

1° Le cylinder (fig. 3 et fig. -4) représente un filament d'apparence jaunâtre occupant la cavité de la gaine et apparaissant sur les préparations fraîches sous l'apparence d'une fibre isolée émergeant de la cavité de la gaine et qu'on a comparée d'une façon assez pittoresque à la mèche d'une chandelle. Le cylinder axis, qui, eu égard à la façon dont il se comporte sous l'action des réactifs, paraît être d'une nature tout autre que celle de la myéline ou de la gaine, représente l'élément nerveux par excellence. — Malgré les apparences, il n'est pas homogène, et, ainsi que différents auteurs l'ont déjà signalé, je suis porté h le considérer comme étant constitué par une agglomération de filaments juxtaposés et d'une extrême finesse. C'est du moins ce que m'ont révélé mes dernières recherches de photomicroscopie.

2° La gaine est constituée par un cylindre de nature conjonctive enveloppant plus ou moins [directement le cylinder, sur lequel elle est appliquée (fig. 4).

Par sa portion interne la gaine est en rapport avec la myéline, et je ne suis pas éloigné de croire qu'elle envoie quelques prolongements funiculaires sur le cylinder lui-même (1). Par sa portion externe elle est en rapport avec les fibres blanches ambiantes d'une manière médiate, et d'une manière immédiate avec le réticulum de la névroglie, qui l'enserre et forme le long de sa continuité un plexus continu (fig. 4 : b et b'). Par ses extrémités la gaine s'amincit et s'applique plus ou moins presque directement sur le cylinder.

C'est par suite de la disparition progressive de la myéline que le nerf passe successivement de l'état de fibre blanche à celui de fibre grise. Dans certains cas j'ai pu constater que les parois de la gaine des tubes nerveux étaient constituées par un stroma aréolaire à mailles longitudinales, conçu sur le même plan que le stroma des cellules nerveuses (fig. 4).

Fig. 3. — Différents aspects des tubes nerveux cérébraux, à 320 diamètres environ.

3° La myéline qui remplit la cavité de la gaine est constituée par une

(1) On peut voir cette disposition sur des coupes transversales de la substance blanche de la moelle épinière, alors que la section du contenu des tubes nerveux permet de constater les connexions de la gaine avec le cylindre (%. 4).

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substance qui à l'état frais se présente sous l'apparence d'un liquide visqueux diaphane et très réfringent. — Sur des préparations fraîches la

myéline affecte les formes les plus variées de grumeaux cylindroïdes ou globuleux. Elle est accumulée en proportion variable le long de la continuité des tubes nerveux. C'est principalement dans les portions médianes

de leur parcours qu'elle est le plus répandue. A l'extrémité des tubes, lorsqu'ils pénètrent dans la substance grise et qu'ils s'amincissent, la myéline disparait insensiblement. C'est elle donc qui donne aux tubes Irais celte apparence blanc jaunâtre, réfringente et ces bosselures irrégulières qui les caractérisent (fig. 3).

Suivant Frey la myéline a des propriétés chimiques spéciales: elle se gonfle dans l'eau, elle se dissout facilement dans l'alcool et l'éther bouillant. Elle réagit peu en présence des acides faibles ou des alcalis. Elle revient sur elle-même dans les solutions salines concentrées. La teinture d'iode la brunit légèrement; sous l'influence de l'acide sulfurique concentré, elle rougit et devient même quelquefois violette (1).

Fie 4. — Section transversale îles tube? de la moelle épinîère île l'homme, à 500 diamètres environ. D'après une image photographique. — a et a', tronçons des cylindres avec leurs prolongements radios qui les rattachent à leur gain. . — On voit en a' les dispositions si aréolaire des punis de la gaine. — b et /«', rapports des fibrilles de la névroglie avee [es t nl><-~ nerveux interposés.

§ -2. — L'étude des rapports ultimes des libres blanches avec la substance grise est un des points les plus délicats de leur histoire. Ces rapports varient suivant qu'on considère ces fibres soit dans l'écorce, soit dans les noyaux opto-striés.

Dans l'écorce, les fibrilles nerveuses, après s'être dépouillées de la myéline sur les confins de la substance grise, s'amincissent de plus en plus et, sous forme de filaments plus ou moins rectilignes et parallèles, pénètrent directement à travers les différents groupes de cellules qu'elles rencontrent sur leur passage.

Au moment où les fibres blanches de chaque circonvolution sont sur le point de pénétrer dans l'écorce, elles présentent une disposition élégante

(I) Frey, Histologie et bistochimie, p. "25

Estai sur les compositions chimiques du cerveau; thèse de Paris, 1867.

On lira pareillement avec intérêt le travail d'Addison sur la chimie du système nerveux, qui expose, en même temps que ses recherches personnelles, les résultats des travaux île ses devanciers relatifs à cet intéressant problème. (Annales médico-psych., t. I, p. 559, 1867.)

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qui peut être comparée soit à une gerbe tenue droite, soit aux filaments d'un pinceau à longs poils que l'on tiendrait renversé (fig. 5).

Ces fibrilles pénètrent par petits paquets isolés et parallèles ; puis elles s'écartent successivement les unes des autres et se réduisent finalement à

Fig. 5. — Coupe milice d'une circonvolution au niveau de la région du lobule paracentral (15 diamètres environ)

une série de filaments gris très délicats dont les uns s'amortissent dans les rangées de grosses cellules des régions profondes, et dont les autres, poursuivant leur parcours, vont se perdre directement dans les zones des cellules sous-méningées de l'écorce (pi. II, fig. 2).

Une fois en contact avec les cellules, les filaments nerveux terminaux ne peuvent être suivis ultérieurement qu'avec la plus grande difficulté. Il est vraisemblable que les uns se confondent par continuité de substance avec le réticulum inextricable qui émerge de la masse même des cellules nerveuses et dans la constitution duquel les fibrilles de la névroglie jouent un rôle si important, tandis que d'autres se fusionnent directement avec la substance même de la cellule nerveuse. — J'ai pu quelquefois, sur des préparations heureuses, suivre un filament nerveux jusqu'à ses terminaisons et constater, ainsi que certains auteurs l'ont constaté déjà, qu'il allait se confondre dans la substance même du noyau d'une cellule (1) (fig. 1).

(1) Voy. Claparède, Structure intime du système nerveux (Annales médico-psych.,W\, p. 228).

Dans la couche optique, l'immersion des fibres blanches île la couronne rayonnante par rapport au réticulum île substance grise se fait à peu près de la même façon; seulement les fascicules de fibres nerveuses, au moment ou ils abordent la couche optique, sont beaucoup plus fournis. Ces fascicules pénètrent comme des rayons dans la masse même de la substance thalamique, el serésolventbientôt en filaments qui forment dans leur expression ultime un réticulum aréolaire (fîg. 42 et 13;. Ses mailles sont très nettement espacées, et les cellules sont réparties sur la continuité des fibres afférentes et le long des trabécules qu'elles contribuent à former.

Dans le corps strié la terminaison ultime des libres blanches cérébrales cortico-striées est encore une question des plus ardues (fig.16: 3) el à peine ébauchée. Ces fibres sont très difficiles à suivre à partir du moment où elles se détachent de la couronne rayonnante (portion moyenne de la capsule interne), et on ignore encore si elles se terminent exclusivement soit dans les noyaux propres du corps strié, soit dans le noyau jaune.

Il résulte des données succinctes que nous venons d'exposer : — que les Gbres nerveuses constituent des éléments librillaires complexes, reliant entre eux 1rs différents dépôts de cellules nerveuses et leur servant ainsi de traits d'union naturels ; — et que chaque fibre nerveuse doit être idéalement conçue sous l'apparence d'un élément fusiforme renflé dans sa portion moyenne et effilé à chacune de ses extrémités, par lesquelles elle entre en conflit avec un réticulum de substance grise terminale (1).

La solidarité des fibres et des cellules est telle, que lorsque ces dernières sont désorganisées, la propagation du travail atrophique s'étend sur leurs libres blanches satellites. Ainsi, dans les formes chroniques d'atrophies localisées de l'écorce (paralysie générale, démences), on rencontre une atrophie concomitante de la substance blanche sous-jacente aux régions grises dégénérées. Cette dégénérescence se présente alors avec une apparence de mollesse, de raréfaction de tissu et de flétrissure des plus significatives (2).

(1) Les tubes nerveux de la substance cérébrale m'ont paru jusqu'à présent juives des segments interannulaires que Ranvier a signalés sur la continuité des nerfs périphériques.

(2) C'est à ce mécanisme, c'est-à-dire à la résorption secondaire de la substance blanche, qu'est dû en grande partie cet élargissement caractéristique de la cavité des ventricules cérébraux que l'on rencontre si fréquemment dans les paralysies générales.

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3° DE LA NÉVROGLIE (1)

On désigne sous le nom de névroglie, depuis les travaux de Virchow et de son école (2), la trame celluleuse qui sert de moyen d'union et de support nutritif aux éléments du système nerveux. — Elle se présente sous forme d'un réticulum excessivement tin de fibrilles enchevêtrées, très nettement apparentes sur des pièces durcies dans l'acide chromique et parsemées de corpuscules solides (myélocytes de Robin), lesquels, répandus en nombre infini au milieu de ces réseaux, représentent ses éléments morphologiques essentiels.

Ces corpuscules, que l'on voit très nettement sur des préparations fraîches et qui pendant longtemps ont été considérés comme des éléments nerveux en voie d'évolution, s'en distinguent néanmoins par leur forme, leur volume et leur coloration. Ils mesurent en moyenne 8 à 10 y. ; ils sont par conséquent plus petits que les petites cellules elles-mêmes. (PI. II, fig. 2.)

Leur forme est franchement discoïde; par conséquent elle n'est ni globuleuse ni polygonale. Leur masse est homogène, grisâtre et se distingue par un pointillé grenu. Rarement ils apparaissent sous forme de cellules complètes. Dans ces conditions ils se présentent, soit sous l'aspect île véritables cellules polygonales dont le protoplasma se résout en un chevelu filamenteux désigné sous le nom de cellules araignées, soit, sous l'aspect d'éléments fusiformes principalement aux environs de la gaine des vaisseaux. Dans la plupart des cas, ces corpuscules discoïdes de la névroglie émettent directement de leur substance des filaments radiés qui représentent en quelque sorte un protoplasma diffus qui se résout en filaments épars et forme avec les filaments du voisinage un réticulum serré, fin, à mailles de plus en plus petites, au sein duquel les cellules nerveuses sont reçues et les tubes nerveux enserrés de toute part (pi. I, fig. 2, et pi. II, fig. 2).

La névroglie ainsi constituée est donc un véritable lacis qui réunit et cimente entre eux les éléments actifs du système nerveux. Elle constitue une véritable gangue interstitielle qui les supporte et devient ainsi l'instrument par excellence de leur intégrité morphologique et de leur nutrition.

1° Le tissu de la névroglie cérébrale parait prendre ses origines au-dessous des capillaires de la pie-mère. On voit, en effet, se détacher des parois

(i) PI. I, fig. 2.

("2) Etudes récentes relatives à Vanatomie normale de la névroglie, par Gombault (Archives physiol., 1873, p. 459i.

externes dos capillaires une série de prolongements qui, à mesure qu'ils pénètrent dans le tissu ambiant, s'amincissent et se raréfient. Ces prolongements sont constitués quelquefois, surtout à leur origine, par des fibres conjonctives très nettement fusiformes et juxtaposées, pour former des fascicules. Peu à peu ces caractères primitifs disparaissent et le réticulum celluleui finit par prendre de plus en plus les caractères du tissu névroglique.

Les apparences sous lesquelles se présente la névroglie varient suivant les milieux dans lesquels on la considère.

Dans l'écorce elle se présente sous deux aspects : d'abord sous forme d'une cuticule aréolaire étendue, comme une nappe spongieuse interposée entre les méninges, qui sont au-dessus d'elle, et les zones des petites cellules corticales, qui sont au-dessous (pi. II, fig. I). Elle forme ainsi à la surface des circonvolutions une lame isolante continue qui peut être considérée comme une sorte d'épiderme spongieux destiné à tamiser les liquides nutritifs et à jouer un rôle dans les phénomènes trophiques de la vie des cellules de l'écorce.

D'autre part, dans l'intimité de la trame de l'écorce, le tissu interstitiel est constitué par un treillis de filaments très serrés au sein desquels apparaissent un grand nombre de corpuscules discoïdes qui sont en quelque sorte des petits centres d'irradiation du chevelu fibrillaire (pi. II, fig. 2).

Ou y trouve que souvent ces éléments conjonclifs forment de véritables combinaisons histologiques avec les éléments nerveux eux-mêmes, et d'autre part on constate encore qu'ils soutiennent les capillaires et paraissent très certainement provenir de leur paroi (1).

Nous verrons plus loin, dans l'étude anatomo-pathologique de la paralysie générale, quelle part immense ces éléments de la trame interstitielle jouent dans l'évolution du processus morbide qui se déroule. — Nous verrons ainsi que les éléments de la cuticule, dès le début, sont le siège d'une véritable prolifération; — que le travail de prolifération néoplasique semble s'irradier des parois des capillaires et se propager avec eux dans l'intimité du ti>su même de l'écorce, — et que tous ces éléments normaux corpusculaires, qui à l'état normal jouent un simple rôle de soutien, subissent un travail irritatif en vertu duquel ils se multiplient en nombre infini, forment des travées déplus en plus épaisses, et finalement constituent

(1; Butzke, dans ses études microscopiques de la couche corticale des grands hémisphères, est arrivé aux mêmes conclusions (Annales médico-psijch., 1874, t 11, p. 465 ).

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une véritable sclérose interstitielle qui étouffe les éléments essentiellement actifs.

2° Dans les couches optiques, le tissu névroglique est relativement plus dense et plus condensé que dans l'écorce. Ses caractères sont les mêmes, histologiquement parlant; seulement la trame présente des trabécules plus résistantes.

Dans les formes chroniques des lésions de la couche optique, le tissu de la névroglie est susceptible, pareillement, de subir une sorte d'hypergénèse locale de ses éléments, et de constituer ainsi de véritables nodosités scléreuses qui étouffent peu à peu les cellules nerveuses des régions envahies.

Dans les noyaux du corps strié intra et extra-ventriculaires, la trame celluleuse interstitielle est représentée par des éléments épars, diffus, qui donnent au tissu nerveux une consistance mollasse tout à fait spéciale et l'exposent ainsi sans défense aux divers infarctus dont il est fréquemment atteint. — Par contre, dans les noyaux jaunes l'abondance des éléments de la névroglie s'accentue notablement, si bien que cette région est douée, ainsi que les régions grises sous-optiques circonvoisines, d'une rénitence tout à fait particulière qui fait que les lésions isolées y sont rares.

3° Dans la cavité des ventricules cérébraux, la trame névroglique subit un épaississement tout à fait spécial, et sous le nom d'épendyme constitue un revêtement extérieur qui s'étale à la surface des noyaux opto-striés.

L'épendyme, qui tapisse les parois des ventricules latéraux du troisième, du quatrième ventricule et du canal central de la moelle, est constitué par unréticulum fibrillaire dont les éléments sont excessivement fins et d'une coloration grisâtre spéciale. Les corpuscules y sont relativement rares. Par sa face profonde, ce revêtement fibrillaire plonge dans les interstices des régions nerveuses sur lesquelles il est étendu, et par sa face libre il est en rapport avec des couches de cellules cylindriques qui, suivant certains auteurs qui l'ont étudié sur des cerveaux de suppliciés, seraient de véritables cellules pourvues de cils vibratiles.

Le tissu épendymaire, dans le troisième ventricule et surtout dans la partie inférieure du quatrième, est infiltré normalement d'un nombre plus ou moins considérable de corpuscules amyloïdes. Dans certains cas pathologiques accompagnés d'atrophie des noyaux opto-striés, on trouve pareillement dans la cavité du troisième ventricule une accumulation insolite de ces mêmes corpuscules.

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