DES CELLULES NERVEUSES
nue, et que ses fibrilles affectent une disposition radiée, convergente vers un point central qui semble être le nucléole (fig. 1.)
Quant à cette portion centrale du noyau qu'on désigne par analogie sous le nom de nucléole, j'avoue que sa provenance, sa nature et ses connexions histologiques sont encore pour moi vaguement appréciées.
On voit bien en effet, au centre du tissu de la cellule, suivant qu'on fait monter ou descendre l'objectif, un point jaune, brillant, d'aspect vitreux, que l'on décrit ordinairement sous le nom de nucléole. On considère ce point comme appartenant au noyau. — J'hésite à admettre cette manière de voir; car j'estime que dans cette appréciation on est le jouet d'une erreur d'optique, et que les points brillants que l'on constate ne sont autres que la section transversale d'un prolongement de cellule au moment de son émergence, alors que ce prolongement a déjà revêtu celte coloration vitreuse spéciale décrite par Deiters. — Ce qui semble confirmer cette manière de voir, c'est qu'il y a des cellules, et tous les histologïstes ont constaté inconsciemment le fait, qui portent plusieurs nucléoles, et que ces nucléoles sont plus ou moins larges suivant que la section du prolongement vitreux est plus ou moins rapprochée du corps même de la cellule, et qu'enfin ces pseudo-nucléoles sont, sur des épreuves photographiques, parfaitement indiqués comme étant constitués par des filaments multiples juxtaposés et tout à fait analogues à ceux qui émergent du corps même de la cellule sous forme de ramescence (fig. 2) (1).
Fig. \ . — Petite cellule de l'écorce d'après une image photographique (590 diamètres environ).
Fig. 2. — Extrémité supérieure d'une cellule de l'écorce avec son prolongement supérieur fascicule. D'après une image photographique (776 diamètres environ).
Les prolongements des cellules cérébrales sont tantôt fascicules, tantôt radiculaires. Les prolongements fascicules se présentent sous forme de ramescences dichotomiques qui à leur moment d'émergence paraissent être une élongation de la substance nerveuse de la cellule. En général, pour les cellules corticales le prolongement supérieur est le plus important. C'est le prolongement nerveux par excellence, ainsi qu'on le décrit dans les traités d'histologie usuels. Il est constitué par une substance spéciale, étiré en
(1) Ces détails ont été en partie soupçonnés et indiqués par les différents auteurs qui se sont occupés de l'étude histologique des éléments nerveux, et en particulier par Starck, loc. cit., t. II.
filaments (pi. I, lig- 1 et 2) et de coloration vitreuse. Pendant une partie de son trajet le prolongement est constitué par une série de fibrilles liés délicates juxtaposées, tortillées ensemble et susceptibles, au fur et à mesure qu'elles se développent, de se diviser d'une façon progressive, >i bien qu'à un moment donné ces ramescences fasciculées finissent par s'épuiser, suit en se mettant en conflit avec les noyaux des cellules des régions circonvoisines, soit en formant avec les ramescences du voisinage un réticulum serré, continu, qui se confond avec celui des corpuscules de la névroglie.
La cellule corticale émet pareillement par sa base des ramescences très nettement constituées qui se subdivisent dicbotomiquement et présentent dans leur disposition ultime un mode de dissociation analogue cà celui que nous venons d'indiquer pour le prolongement du sommet (prolongements basiques) (pi. I, lig. 1, et pi. II, fig. 2). Ces prolongements se continuent avec les libres nerveuses afférentes.
Quant aux prolongements secondaires, ils sont beaucoup moins apparents (pie ceux que nous venons de signaler. Ils sont seulement représentés par un chevelu très grêle et très] abondant qui émerge de tous les points des parois latérales du corps de la cellule nerveuse et qui parait être en continuité de tissu avec le réticulum de la substance conjonctive ambiante.
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De même que les cellules nerveuses sont les éléments essentiels qui caractérisent la substance grise des centres nerveux, de même les tubes nerveux caractérisent la substance blanche de ces mômes centres dans le cerveau adulte (2).
§ 1. — Les tubes nerveux cérébraux représentent des unités anatomiques fixes, constituées sur le même plan que les fibres des cordons périphériques; ils sont seulement d'une texture plus fine et plus délicate. Ils se trouvent constitués régulièrement par trois éléments essentiels qui peuvent varier en volume et en proportion :
C'est d'abord un filament centrai, le cylinder axis, qui à lui seul carac-
(1) PL I, fig. 2.
(2) Ranvier, Leçons sur l'histologie du système ner.veux. Paris, 1878.
Bell, des Variations des tubes nerveux à myéline (Revue des sciences médicales, 1878, p. 27).