‹ Traité clinique et practique des maladies mentalesChapitre 186 sur 286 · CHAPITRE VT · texte numérisé non relu

CHAPITRE VT

Les indications thérapeutiques de l'accès de manie, ne présentent

rien de spécial. Nous renvoyons, à ce propos, aux détails que nous avons consignés au sujet de la thérapeutique générale des maladies mentales.

Il faut se convaincre que dans l'accès de manie les chances de succès sont d'autant plus grandes que la maladie se rapproche plus de sa période du début. Il convient donc le plus tôt possible de faire L'application immédiate dr> éléments actifs du traitement; — l'isolement d'abord, la balnéation ensuite, avec les réfrigérants en permanence sur la tête pour lutter avec énergie contre le travail de fluxion sanguine qui s'opère du côté de l'encéphale.

Aussitôt que le diagnostic sera fait, il ne faut pas hésiter un seul instant à appliquer les remèdes avec énergie, car la temporisation, en présence d'une fluxion cérébrale dont l'intensité s'accroît d'heure en heure, peut devenir a un moment donné un acte coupable qui compromet non seulement la santé morale, mais la vie même du malade.

Il convient donc, lorsque le malade habite un appartement qui n'est pas de plain pied avec le sol, de tenir la famille au courant des incidents qui pourraient se développer, au point de vue de la précipitation par les fenêtres, — d'instituer une surveillance, la nuit, et immédiatement de faire condamner les ouvertures desfenètres, à l'aide simplement de quelques vis, ou de liens temporaires, — d'éviter de laisser des instruments tranchants ou piquants à' la portée du malade, — de surveiller son alimentation, autant que faire se pourra, — d'appliquer constamment des compresses d'eau fraîche sur la tête, et de lui administrer quelques purgatifs, etc.

Lorsque le malade commence à devenir incoercible, il ne peut plus absolument être conservé dans la famille, il devient alors nécessaire d'avoir recours aux moyens que nous avons indiqués précédemment, et de lui faire donner des soins spéciaux, — c'est la seule chance de salut qui se présente, et à laquelle il faut d'urgence avoir recours.

ISCHEMIES

Formes dépressives des maladies mentales correspondantes à la phase de torpidité de? éléments nerveux.

ISCHEMIES PARTIELLES

ISCHÉMIES LOCALISÉES DES DIFFÉRENTES RÉGIONS DE L'ACTIVITÉ PSYCHO-INTELLECTUELLE

(Lypémanies partielles.)

Les phénomènes psychopathiques dont nous venons d'esquisser les principales manières d'être, sont tous caractérisés par une phase d'hyperhémie des centres nerveux avec exaltation fonctionnelle des différents groupes des cellules cérébrales intéressées. Ceux dont nous allons actuellement aborder l'étude sont caractérisés, somatiquement et dynamiquement, par une série de manifestations d'une tout autre nature. — Ce n'est plus ici ni l'hyperhémie ni l'éréthisme de la cellule qui sont en jeu, c'est l'ischémie générale ou diffuse qui règne, et qui par la raréfaction des courants sanguins frappe d'un ralentissement progressif l'activité des cellules cérébrales, au point, dans ses limites extrêmes, de déterminer leur torpidité plus ou moins complète et par suite l'état de stupeur. Celle-ci exprime donc le silence et l'engourdissement plus ou moins complet de toute la vie nerveuse (1).

Les processus de l'ischémie accompagnés d'un état dépressif des cellules nerveuses, se révèlent avec des modalités variées, — suivant qu'ils sévissent dans telle ou telle région circonscrite des centres, ou suivant qu'ils se généralisent atout l'ensemble. Ils déterminent alors des manifestations diffuses et généralisées qui correspondent à l'influence générale qui les dirige.

1) Lucien Bachelet. De l'Ischémie cérébrale. Thèse, Paris, 1864

Nous aurons donc à examiner ici tout d'abord les troubles ischémiques isolés et diffus, comme nous avons étudié les troubles maniaques isolés et diffus. Nous admettons donc des lypémanies partielles et généralisées, comme nous avons admis des manies partielles et généralisées (1).

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