‹ Traité clinique et practique des maladies mentalesChapitre 185 sur 286 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

En général, lorsqu'il s'agit d'un accès de franche manie, chez un sujeL non héréditaire, le pronostic est favorable et surtout lorsque cet accès est la traduction d'une émotion réelle et légitime. Ainsi, chez .des jeunes filles qui, à la suite de contrariétés de famille, d'un mariage manqué, sont prises de désespoir avec excitation maniaque, en général la maladie est de courte durée : en deux, trois mois, le retour à la raison est effectué.

L'action de l'hérédité est dans une certaine mesure un facteur déplorable, qui influe sur la durée de l'accès et sur la fréquence de ses répétitions.

L'âge du sujet est une condition favorable, mais aussi, il faut bien le dire, les accès chez les jeunes gens ont une bien plus grande véhémence.

Les accès maniaques se développent encore dans un âge avancé ; j'ai constaté fréquemment leur apparition chez des sujets de 60 à 70 ans et même au delà.

La terminaison de l'accès est en général favorable. Suivant Guislain il y a sur 10 cas de manie 7 guérisons, et suivant Marcé il y en a 25 sur 28. Les guérisons se sont opérées suivant ces auteurs dans l'intervalle de 1 à 3 mois. D'après mes relevés personnels, sur 40 hommes atteints d'accès de manie, que j'ai pu suivre pendant plusieurs années, j'ai constaté 21 cas de guérison, 2 sont morts depuis, et 17 ont passé à l'état chronique, à la suite de nouveaux accès revenant après plusieurs années d'intervalle.

Sur 66 femmes atteintes de manie aiguë, 42 ont guéri, 2 sont mortes et les 22 autres sont passées, pareillement, à l'état chronique. — Ce qui porte à admettre que dans les accès de manie franche la guérison temporaire de l'accès s'obtient dans la moitié des cas, et que les récidives sont presque ou jours la règle.

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