DES CAPILLAIRES
Fig. 6.
Cette gaine, dite lymphatique, décrite pour la première fois par Robin (1), est une émanation du tissu lamineux ambiant. Sur des capillaires isolés, elle se voit très nettement comme une membrane flottante engainant le capillaire inclus. Sur des coupes durcies parallèles à la continuité du vaisseau, on voit très nettement que par sa face externe elle est adhérente à la névroglie ambiante, et que par sa face interne elle est en rapport plus ou moins immédiat avec le capillaire, auquel elle est rattachée par des brides multiples. L'espace libre interposé entre ce capillaire et sa gaine constitue ces espaces dits lymphatiques dans l'axe desquels sont plongés les capillaires et qui, suivant certains auteurs, seraient occupés par des globules blancs.
Ces espaces communiquent, à l'aide d'orifices infundibuliformes, avec la pie -mère et de là avec le réticulum sous-méningé, qui est en quelque sorte le déversoir commun à eux tous. Quant aux capillaires considérés en eux-mêmes d'une façon intrinsèque, ils sont constitués à peu près comme ceux des autres tissus. — Des fibrilles conjonctives juxtaposées dans le sens longitudinal, pourvues d'un noyau central très apparent, même sur les sujets âgés, constituent leur paroi externe (fig. 6). Ces éléments fibrillaires fusiformes envoient des prolongements multiples dans les différents territoires environnants et se relient ainsi à la névroglie proprement dite.
Des fibres circulaires pareillement nucléés forment une couche continue en dedans de la précédente. Elles sont nettement visibles sur des planches photomicrographiques de ma collection, même dans leurs réseaux les plus délicats. Seulement, dans ces régions ultimes, les fibres circulaires cessent de former une couche continue et sont interrompues de distance en distance. Elles se présentent avec un aspect qui rappelle assez bien les anneaux cartilagineux des bronches (fig. 8). Enfin, en dedans de la couche
Fig. 8.
t. Robin, Recherches sur quelques particularités de la structure des capillaires de l'encéphale. {Journal de physiologie, 1859.)
de BbFes circulaires existe la tunique interne, dont les parois hyalines, transparentes, présentent le long de sa continuité des noyaux longitudinalement et des noyaux transversalement dirigés.
Les conduits artériels, après s'être ramifiés d'une façon dichotomique et s'être épuisés en unréticulum à mailles plus ou moins serrées, au pourtour de certains groupes de cellules nerveuses, forment dans les portions ultimes de leur parcours un réseau d'une délicatesse extrême, réduit à la membrane interne du vaisseau accompagnée de quelques fibres circulaires et longitudinales.
Ils se reconstituent bientôt en plexus de plus en plus volumineux qui deviennent eux-mêmes les origines des radicules veineuses correspondantes aux artères.
L'abondance des fibres conjonctives dans la constitution des parois des capillaires d'une part, et d'autre part les connexions multiples que ces mêmes parois contractent avec la névroglie ambiante, expliquent le rôle prépondérant qu'elles jouent dans la pathogénie des altérations profondes de la trame nerveuse. —C'est ainsi que, lorsqu'un travail irritatif commence à sévir dans le tissu cérébral, on trouve toujours que ce sont les parois des capillaires qui sont les foyers primitifs d'irradiation du mal. La plupart du temps, dans la sclérose diffuse de la paralysie générale, ce sont elles qui sont les premières envahies. On retrouve les fibres longitudinales plus épaisses, leur noyau plus volumineux; d'autres fois ce sont les fibres circulaires principalement qui s'hypertrophient, si bien quelles forment des bourrelets rigides qui par leur épaississement oblitèrent la cavité même du vaisseau. (Voy. pi. X.)
Ce travail morbide de sclérose qui envahit les capillaires se fait sentir à distance. Il se passe pour la trame cérébrale un phénomène analogue à celui qui a lieu pour l'évolution de la sclérose hépatique, alors que le tissu néoplasique, en raison de ses propriétés rétractiles, tiraille les vaisseaux sanguins et biliaires en les maintenant béants.
Dans le tissu cérébral envahi parla sclérose, soit locale, soit généralisée, les mêmes modifications anatomiques se révèlent. La lumière des capillaires, tiraillée par les forces rétractiles du tissu scléreux, reste béante sous le tranchant du couteau qui l'incise. — C'est la le signe caractéristique du travail morbide interstitiel qui s'est accompli dans le tissu.
On comprend de la sorte quelle énorme infiuence l'épaississement pathologique des parois des canaux sanguins peut avoir sur la régularité du cours du sang, et comment, à un moment donné, des ischémies partielles