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DIAGNOSTIC AVEC L 'ALCOOLISME AIGU OU CHRONIQUE

Le diagnostic différentiel entre la paralysie générale et l'alcoolisme peut se présenter dans des conditions différentes. — Quand il s'agit d'un accès

d'alcoolisme aigu, les manifestations observées se caractérisent par de l'agitation, du délire, quelquefois de nature ambitieuse, des troubles dans l'articulation des sons et quelquefois dans les mouvements. On pourrait croire, dans certaines circonstances, au début d'une paralysie générale; mais les accidents se dissipent bientôt sous l'influence du repos, le malade élimine la substance intoxiquante et la récupération de la santé a lieu en quelques jours, en une semaine ou deux.

Lorsqu'il s'agit de l'intoxication alcoolique chronique, le diagnostic peut rester incertain pendant un certain nombre de semaines; mais, en définitive, cette .incertitude n'est qu'une affaire de classification nosologique, car au fond le processus morbide est identique, c'est toujours un travail de néoplasie sclérosique qui s'opère dans l'intimité de la trame nerveuse; et qui, dans ce cas, a été provoqué par l'action de l'alcool, comme dans d'autres cas il est provoqué par l'action du virus syphilitique.

Les causes pathogéniques peuvent être différentes dans leurs caractères essentiels; mais elles affectent l'organisme suivant un seul et unique procédé, les formations scléreuses à action envahissante. — Celles-ci une fois implantées dans les différents tissus vivants, qu'il s'agisse de tissu nerveux, du tissu hépatique, du tissu néphrétique ou glandulaire, etc., se comportent de la même manière et donnent lieu la plupart du temps à des réactions symptomatologiques presque identiques, en raison même de leur évolution propre à travers les tissus organiques. — Et c'est ainsi que certaines fermes d'alcoolisme chronique imitent d'une façon complète les symptômes de la paralysie générale ordinaire, parce que les lésions alcooliques frappent suivant les mêmes procédés que les lésions scléreuses simples.

6° DIAGNOSTIC DE CERTAINES FORMES ANORMALES SIMULANT L'HEMIPLEGIE SIMPLE

On rencontre encore dans la pratique certaines formes anormales de la paralysie générale qui, débutant souvent par des phénomènes hémiplégiques, s'accompagnent de diplopie, avec une amnésie très intense et sans aucune conception délirante. — Les malades ainsi frappés, en outre de l'hémiplégie dont ils sont frappés subitement, ont en même temps des troubles à peu près constants dans la motricité des muscles de l'œil, du strabisme, du prolapsus de la paupière, ou bien de l'inégalité pupillaire. Ils sont sujets à avoir des congestions cérébrales répétées, et quelquefois ne présentent comme phénomène psychique apparent, qu'une amnésie luys. 39

profonde. — La démenée arrive d'une manière rapide et l'on rencontre à l'autopsie des adhérences des membranes, avec les lésions caractéristiques de la paralysie générale.

Ces formes lentes et silencieuses de la maladie qui nous occupe se rencontrent ça et là sur les confins de la pathologie interne et de la pathologie mentale; on les diagnostique, la plupart du temps, sous la dénomination de ramollissements cérébraux, alors qu'il n'en est absolument rien, et qu'à l'autopsie on trouve les lésions que nous avons indiquées précédemment.

J'ai vu quelquefois ces formes incomplètes de la paralysie générale coïncider avec l'existence antérieure d'anciennes affections syphilitiques.

Nous ne faisons qu'indiquer comme mémoire l'analogie que présentent certaines manifestations éclamptiques de la paralysie générale, pouvant faire penser à des accès d'épilepsie.

La marche des phénomènes morbides, l'enchaînement des symptômes et tous les commémoratifs permettront de se tenir en garde contre toutes ces causes d'erreurs (1).

(t) Le diagnostic de la paralysie générale devra encore être fait avec celui de certaines tumeurs cérébelleuses ayant donné lieu à une symptomatologie tout à fait similaire.

Aubanel et Sauze ont signalé un cas de ce genre; il s'agit d'un cancer du cervelet, ayant simulé une paralysie générale (Ann. méd.-psijch., 1858, p. 436).

Voyez encore à ce sujet l'exposé de signes séméiologiques que j'ai tracés des lésions du cervelet. Un verra combien, dans certaines circonstances, les troubles somaliques, tels que l'asthénie musculaire sans paralysie, les troubles oculaires, les troubles de l'accommodation visuelle, ceux de la parole, qui peuvent arriver jusqu'au bredouillement le plus prononcé, et même les troubles gastriques, sont en quelque sorte une imitation comp.ète de ceux de la paralysie générale sans troubles psychiques (Luys. Recherches. sur le système nerveux, 1865., p.5ô5).

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