IMBÉCILLITÉ. — IDIOTIE
phaliques définies, nous aurons encore recours aux anciennes classifications , si judicieusement instituées par Esquirol, et qui divisent toute cette immense série de malformations mentales en deux groupes : — les imbéciles, qui confinent aux types normaux les plus abaissés; —et les idiots, dont les variétés s'étendent jusqu'aux types les plus dégradés dans lesquels c'est la vie automatique qui domine l'individu, avec un obscurcissement tel du sentiment de la personnalité que l'individu tombe au-dessous de la brute. — Entre ces deux limites, les régions intermédiaires sont occupées par des individualités douteuses qui, à un moment donné, sont susceptibles, soit de s'infléchir vers l'idiotie soit de remonter le courant, suivant la nature des soins dont elles sont entourées. C'est cette population mixte, malléable en quelque sorte, qu'il est si nécessaire au médecin de connaître, car c'est là surtout, dans cette pépinière de types variés conservant parfois, sous une apparence d'obtusion profonde, des filons précieux, qu'il pourra rencontrer quelques sujets perfectibles, aptes à la culture, et chez lesquels l'exercice de certaines facultés, entretenues artificiellement, pourra développer de ces suppléances cérébrales capables de donner des résultats imprévus.
Le crétinisme, dont nous n'avons pas à parler dans ce champ limité de nos études, est une forme spéciale de dégradation physique et morale, sévissant à l'état endémique dans certaines conditions de milieu telluriqu e, dans les vallées des grandes chaînes de montagnes, et accompagné d'un certain degré de dégénérescence de la race (1).
(1) Voyez, à propos du crétinisme, le très remarquable article de Krishaber et Baillarger, qui renferme ce qui existe de plus complet à consulter sur ce sujet (Dictionnaire encylopéd. des sciences médicales).