CHAPITRE
Le pronostic des troubles divers qui constituent l'imbécillité mentale et l'idiotie est grave, même dans ses formes les plus légères en apparence.
En dehors des lésions matérielles, telles que les différentes déformations du crâne, les paralysies diverses, les contractures permanentes, qui donnent à la maladie un cachet de gravité incurable, la plupart du temps l'appréciation de l'avenir doit être faite avec réserve, en ce sens que les troubles de l'idiotie sont, dans la plupart des cas, engendrés par des processus inconnus dans leurs manifestations intimes (arrêt de développement des réseaux capillaires intra-corticaux), etqui peuvent maintenir leur action pendant une période plus ou moins prolongée. — Les inductions pronostiques doivent donc principalement se concentrer sur cette question : — le processus morbide protopathique a-t-il ou n'a-t-il pas encore suspendu son cours, ou bien exisle-t-il encore sous forme latente, pour réapparaître plus tard? — Cette question étant jugée, il y a encore à se demander quelles sont les régions de la sphère cérébrale qui sont demeurées indemnes, et sur quelles ressources on peut compter pour essayer d'aviver quelques lueurs de l'activité cérébrale.
Les convulsions, lorsqu'elles existent, et surtout lorsqu'elles sont fréquentes, viennent assombrir le pronostic. Elles sont en effet chez le jeune sujet de la plus haute gravité, car non seulement elles amènent un arrêt dans l'évolution naturelle des appareils encéphaliques, mais encore elles jettent le trouble clans les opérations de la vie organique, et, par leur fréquence et leur intensité, peuvent directement compromettre l'existence.
Toutes les excitations cérébrales (hallucinations, terreurs, phénomènes impulsifs) survenant chez les idiots et les imbéciles doivent être évitées avec grand soin, car elles amènent des congestions, des méningo-encéphalites, des épanchements séreux intra-ventriculaires, qui peuvent dans un délai plus ou moins rapproché déterminer la mort. Il y a encore à