‹ Traité clinique et practique des maladies mentalesChapitre 263 sur 286 · IMBÉCILLITÉ, IDIOTIE. — TRAITEMENT · texte numérisé non relu

IMBÉCILLITÉ, IDIOTIE. — TRAITEMENT

mènes d'excitation, d'hallucinations passagères qu'il faudra traiter comme les phénomènes similaires qui apparaissent chez les aliénés.

Quant au traitement pédagogique, il doit marcher parallèlement avec l'emploi des moyens indiqués précédemment. — C'est ici que commence, pour tous ceux qui se livrent à cette tâche ingrate et pénible de l'éducation des idiots, une phase dans laquelle leur patience est mise à toute épreuve. Il s'agit en effet, chez ces enfants arrêtés dans leur développement par des lésions profondes, de retrouver les germes d'une aptitude quelconque et des rudiments de facultés à cultiver. Il s'agit de les mettre en valeur, de les raviver et de créer, grâce à la possibilité de certaines suppléances, des aptitudes nouvelles qui peuvent ainsi émerger de l'inconnu, et permettre de relever l'individu déchu, déshérité, de quelques degrés au-dessus de sa situation première.

De nos jours, ce principe de la culture du cerveau des idiots et de l'amélioration de leur sort a été l'objet d'une vive sollicitude de la part d'une série d'esprits généreux animés de véritables sentiments philanthropiques, qui se sont voués à cette tâche ingrate et ont ainsi créé et perfectionné des méthodes pédagogiques suivies d'excellents résultats (1).

C'est ainsi que Belhomme et Félix Voisin à Bicètre, prenant l'initiative du mouvement, ont créé des classes d'idiots, destinées à améliorer le sort des sujets qui leur étaient confiés. — C'est ainsi que Delasiauve, poursuivant les mêmes idées généreuses à la Salpêtrière, avec une persévérance infatigable, est arrivé à créer une école d'enseignement qui fonctionne avec régularité et donne d'heureux résultats. — C'est ainsi que dans les asiles publics on voit l'institution des classes d'idiots se généraliser, et qu'à l'étranger les mêmes principes mis en pratique arrivent à donner à ces êtres, jusqu'ici abandonnés faute de culture, des habitudes de vie plus régulière et des tendances vers la vie en commun dont ils paraissaient tout à fait incapables (2).

11 ne faut pas cependant accepter sans une certaine réserve les résultats obtenus par les différentes méthodes employées. On a signalé en effet un certain nombre de guérisons, mais ces guérisons, dans quelques cas, ne paraissent pas avoir été complètes et suffisamment suivies pour que l'on

(1) E. Seguin, Traitement moral, hygiène et éducation des idiots, Paris, 1846.

(2) Asile à Earlswood près Londres.

puisse donner une confiance absolue à telle ou telle méthode; néanmoins il ne faut pas accepter d'emblée comme impossibles certaines modifications survenues chez des sujets intéressés. — La grande question du succès ou de l'insuccès provient vraisemblablement du moment opportun où le traitement a été commencé; car il est évident que si on l'institue au moment où les processus pathogéniques sont encore en activité dans l'intimité du cerveau, c'est peine perdue que de vouloir essayer quelques tentatives. — Mais si, au contraire, on arrive au moment où ils ont usé leurs efforts, on a toutes les chances favorables pour arriver à un résultat satisfaisant.

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