PLANCHE VI
Lésions de la stupeur lypéuianiaque.
Figure I. —Cette figure représente l'aspect exsangue des hémisphères d'une femme de quarante-sept ans qui tomba en stupeur à la suite d'une violente secousse morale. Cette figure, ainsi que les deux suivantes, donne une idée de l'état anatomique du cerveau dans les cas de stupeur profonde.
Les figures II et III appartiennent au nommé Délia F..., mort en période de
stupeur ilaus le service du docteur Legraud du Saulle, et dont j'ai pu faire l'autopsie (J).
Dans ce cas l'aspect de la coupe du cerveau est complètement exsangue, la substance blanche est dépourvue de vaisseaux. Elle est poisseuse et présente îles plis qui indiquent un amaigrissement général des fibres nerveuses. La substance grise est amincie, décolorée, de coloration jaune de Naples par places et gris rosée dans d'autres. — On note encore dans d'autres régions (lig. 11 et 111) de petits bouquets vasculaires disposés en îlots indépendants qui témoignent encore de l'activité de certains groupes de cellules, et permettent de se rendre compte des terreurs subjectives, des hallucinations incessantes dont certains malades plongés en stupeur sont tourmentés, ainsi que Baillarger en a rapporté un certain nombre d'exemples.
La ligure IV appartient à une femme de soixante et un ans qui, à la suite des événements de 1870, fut prise d'une vive terreur et tomba insensiblement dans un état d'obtusion intellectuelle. — A la suite de phénomènes d'apparence congestive, cette malade était restée dans un état d'indifférence et de passivité presque continu. Elle répondait juste aux questions, marmottait sans cesse entre ses dents des mots sans suite et paraissait en proie à un état anxieux compliqué de conceptions subjectives. Elle succomba rapidement à la suite d'une maladie incidente. — On trouva à l'autopsie diverses lésions atrophiques de l'écorce, de l'hyperhémie dans les noyaux centraux, et, dans l'écorce même, un mélange de l'état ischémique dans les régions sous-méningées et de l'état hyperhémique dans les régions profondes, ainsi que nous en avons vu des exemples dans les figures III et IV de la planche III. — La substance blanche présentait en même temps des plis atrophiques analogues à ceux de la figure I de cette planche, indiquant par leur présence l'état atrophique d'une portion des fibres nerveuses.
On voit encore dans cet exemple que les phénomènes d'ischémie des régions sous-méningées peuvent coexister avecles phénomènes d'hyperhémie desrégions profondes de l'écorce. On voit ainsi que les troubles lypémaniaques peuvent chez le même sujet coexister avec les troubles de l'excitation.
PLANCHE Vil
Cerveaux il halluciné* et d'hypocondriaques excités.
Les planches VII et VIII représentent la face interne des lobes cérébraux d'un certain nombre de sujets hallucinés et hypocondriaques, destinés à montrer, d'une part, les différences morphologiques que présente chez le même sujet la faceinterne des lobes gauche et droit, — et, d'autre part, la saillie pathologique qu'.esl susceptible de prendre la région du paracentral (région de l'excitation
(1) Voir Annales médico-psychologiques, 18G9, t. II, p. 73.