PRÉFACE. IX
La seconde partie, qui comprend l'étude des maladies mentales envisagées d'une façon isolée, nous a présenté un des problèmes les plus délicats à résoudre, la classification même des groupes morbides à décrire.
Ce problème d'une classification rationnelle et logique des maladies mentales, dont beaucoup de bons esprits ont depuis longtemps sollicité la solution, j'ai essayé de le résoudre, en faisant appel aux données précédemment mises en avant, et en mettant en œuvre, en quelque sorte, les différents théorèmes que, chemin faisant, j'avais successivement établis.
J'ai pris donc comme point de départ des différents processus morbides à classifier, un élément fixe, un facteur naturel appartenant au sujet même, la cellule nerveuse et ses propriétés vitales. — Or, la cellule nerveuse est apte, sous des influences circulatoires variées, suivant que les courants sanguins s'accélèrent ou se ralentissent, à entrer en période d'éréthisme ou à tomber en période de torpidité. — Ce sont là les deux seules modalités qu'elle est susceptible de présenter dans le cours de son existence histologique.
L'excitation et la dépression sont donc par cela même les deux apparences symptoma tiques invariables de la vie de l'élément nerveux et, l'on peut dire que : — là où l'on trouve en pathologie un phénomène d'activité exagéré, — une exaltation fonctionnelle quelconque, on est en droit d'en conclure qu'il y a dans un point donné de l'encéphale un groupe de cellules qui entrent en effervescence; — et que là, inversement, où l'on rencontre des phénomènes de dépression, de ralentissement fonctionnel,