‹ Traité clinique et practique des maladies mentalesChapitre 85 sur 286 · ÉTAT CÉRÉBRAL HÉRÉDITAIRE · texte numérisé non relu

ÉTAT CÉRÉBRAL HÉRÉDITAIRE

La recherche des causes productrices des maladies mentales est un des points les plus délicats et les plus obscurs de la pratique ; — car, si dans les cas ordinaires de la pathologie, le médecin est renseigné avec empressement sur les conditions du début apparent du mal, sur les causes intimes qui l'ont déterminé, si la famille et le patient s'ouvrent avec abandon aux investigations qui peuvent éclairer son jugement, rien de semblable ne se rencontre dans le domaine spécial des psychopathies — Ici tout conspire pour dépister ses recherches; les parents gardent la réserve, et le malade, qui déraisonne, évite la vue du médecin par une sorte de vague instinct et de méfiance, et loin de se plaindre, loin de recourir à lui, il dit qu'il n'a que faire de ses soins, soutient qu'il n'est pas malade, et que jamais il n'a

été si bien portant, — Vient-on à avoir des renseignements de la famille, on est obligé de subir Pénumération fastidieuse d'une série de faits sans valeur, auxquels les parents attachent une grande importance; ou bien ils passent sous silence des symptômes morbides significatifs, des attaques congestives antérieures, des accès d'épilepsie, des arrêts de développement, auxquels ils n'attachent pas d'importance. — Yiént-on alors signaler tel ou tel écart de conduite, tel ou tel acte extravagant du sujet, ils n'y attachent aucune importance, ils répondent invariablement que ces écarts ont toujours existé et que le sujet a été toujours tel qu'il se présente, etc., etc. Les influences héréditaires sont souvent passées sous silence ou souvent relatées d'une façon vicieuse, si bien que le médecin-aliéniste exerçant dans un milieu tout à fait différent du milieu habituel où s'exerce la médecine usuelle, se trouve, s'il n'a pas reconnu des signes physiques indiscutables de folie, et s'il ne possède pas une certaine habitude de comprendre les sous-entendus et les réticences, en présence de grandes difficultés pour arriver à démêler les conditions pathogéniques spéciales d'un état psychopathique donné.

Les influences qui président au développement des perturbations mentales sont de deux sortes : les unes sont dites prédisposantes, les autres sont dites occasionnelles.

Les premières, telles que l'hérédité, le sexe, l'âge, etc., par une action lente et incessante préparent insensiblement l'individu. — Il est ainsi tout disposé à la chute et, vienne une cause accidentelle quelconque, il n'y résiste pas et la maladie éclate.

Les autres, les occasionnelles, sont fugitives, adventices, elles n'ont rien en elles-mêmes de fatal, si bien que l'on peut discuter dans certaines limites leur action, et reconnaître qu'elles n'ont été qu'une étincelle quia mis le feu à la poudre.

Quelle que soit la diversité des influences pathogéniques qui viennent frapper le cerveau, le mode d'action de ces influences nocives est toujours le même, et le mécanisme de la chute, réductible à des phénomènes simples relativement.

Nous avons insisté sur le mode d'action des influences morales dans le développement des psychopathies, où nous avons mis en saillie ce fait capital : à savoir que l'élément pathogénique du début était toujours un phénomène d'éréthisme persistant des éléments de la sphère émotive, auquel venait s'adjoindre fatalement la participation de l'élément vasculaire et, en un mot, nous avons essayé de montrer que la surexcitation primordiale d'une région quelconque du cerveau, entretenue par la perma-

-jl,i PATHOLOGIE GÉNÉRALE.

nence de la fluxion sanguine, répondait le mieux aux données de la physiologie moderne.

A. — HfFMJEWCES PRÉDISPOSANTE».

Les influences prédisposantes sont de deux sortes. Ou bien elles sont inhérentes à l'individu, on bien elles sont placées en dehors de lui; elles sont intrinsèques ou bien elles sont extrinsèques.

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