‹ Traité clinique et practique des maladies mentalesChapitre 99 sur 286 · PERTES SÉMINALES · texte numérisé non relu

PERTES SÉMINALES

tendance à l'apathie physique et mentale, la répugnance à prendre une alimentation régulière, etc., on note en même temps des dyspepsies prolongées, de l'indifférence pour la nourriture, des inquiétudes sans motifs, etc. Ce sont ordinairement des phases avant-courrières de l'explosion de la maladie qui s'avance (1).

Les pertes séminales excessives, soit volontaires, soit involontaires, développent encore un état général d'appauvrissement notable des forces nutritives, et un retentissement notable sur les facultés mentales.

Les individus ainsi affaiblis ont l'expression du visage fatiguée, le teint pâle et décoloré. Ils sont en général amaigris et débilités; on leur trouve des tendances hypochondriaques, de l'affaiblissement de la mémoire et une sorte d'allanguissement général des facultés. Ils ont conscience de leur situation, et quelquefois tombent insensiblement dans une demi-stupeur. Cet état est aggravé, lorsque les pertes séminales deviennent plus abondantes, chaque perte amenant une exacerbation de la dépression.

Il est important de noter au sujet du retentissement que peuvent avoir la masturbation et les pertes séminales sur le jeu des fonctions intellectuelles, que bien souvent on est porté à attribuer à ces causes une influence nocive qu'elles n'ont pas.

Il est reconnu maintenant qu'il existe un grand nombre de circonstances dans lesquelles le point de départ de l'incitation masturbatrice est primitivement d'origine centrale, et doit être attribué à une phase d'éréthisme des centres génitaux qui reçoivent les impressions de la sensibilité génitale (régions grises du quatrième ventricule).

Dans ces circonstances, la période de surexcitation que ces centres génitaux-spinaux traversent, amène fatalement des tendances à la masturbation, et probablement la spermatorrhée par le même mécanisme, avec l'épuisement progressif.

Lorsque les phénomènes morbides suivent cet enchaînement, le pronostic devient très grave, car peu à peu le foyer primitif d'irritation intracérébral s'étend de proche en proche dans les régions sensorielles, et détermine bientôt des hallucinations concomitantes, des apparitions erotiques, lesquelles par leurs excitations continues produisent très rapidement l'hébétude intellectuelle et la démence. — On rencontre habituellement cette série de processus associés dans l'accès de manie, au début de la paralysie

(1) Baret, Chlorose et folie. Ann. med. -psycho., t. I, p. 150.

Clouston, De la folie anémique, Ann. med.-psych., 1879, t. I, p. 286.

générale et chez certains idiots dont le cerveau est susceptible de devenir

le siège des fluxions passagères.

Il est donc indispensable d'avoir, dans l'examen clinique des malades, ces considérations palhdgéniques présentes à l'esprit, et de ne voir dans certaines tendances masturbatrices des individus frappés que l'effet naturel réflexe d'une irritation primitive centrale qui sollicite automatiquement l'excrétion spermatique (1).

(1) Dans le même ordre d'idées, j'ai vu chez certains diabétiques, avec congestion encéphalique et lésinas du quatrième ventricule, l'excitation morbide de ces mêmes régions amener des tendances incoercibles à la masturbation, par rayonnement à distance du processus irritatif primitif.

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