MALADIES DE LA CORNÉE
Staphylôme opaque de la cornée.
L’ablation est le seul remède efficace qu’il convienne d’opposer à cette affection.
Une érigne à crochet étant implantée dans le centre du staphylôme, on taille avec un bistouri à lame plate et par transfixion un lambeau qui comprend tout l’hémisphère supérieur de la tumeur. Après quoi l’hémisphère inférieur est détaché avec les ciseaux, en y comprenant, s’il y a lieu, la partie staphvlomateuse de la sclérotique.
On doit se garder de faire sortir l’humeur vitrée, afin de conserver au globe de l’œil un volume suffisant pour lui permettre de recevoir un œil artificiel.
Après l’opération, on ferme les paupières à l’aide d’une cuirasse sur laquelle on entretient des applications de glace dans des sacs de baudruche.
J’ai eu occasion de pratiquer plusieurs fois cette opération. Entre autres cas qui me paraissent dignes de fixer l’attention, je rapporterai le suivant :
Obs. — Staphylôme sphérique et total de la cornée et de l’iris. Opération par excision. — Application de glace. Guérison. — Potier, Joseph, 22 ans, jardinier, demeurant à Pont-Sainte-Maxence, fut envoyé à l’hôpital Saint-Antoine par M. le docteur Morilion, le 21 juillet 1851 .
Développement de la tumeur cornéale depuis deux ans. État actuel. Saillie eornéale ayant presqu’à elle seule le volume d’un globe oculaire normal, saillie bosselée, vasculeuse, blanchâtre dans quelques points, noirâtre sur d’autres, envahissant au bas la sclérotique elle-même. Un peu d’inllammation catarrhopurulente.
2d juillet. — Ablation du staphylôme par le procédé décrit plus haut. Après l’opération, le cristallin et le corps vitré ne s’échappent pas. On ferme exactement la paupière supérieure par une cuirasse de sparadrap. Applications de glace.
m TITRE VII. — MALADIES DU GLOBE OCULAIRE.
31. — On lève la cuirasse. La partie opérée se présente sous la forme d’une masse spongieuse constituée par des caillots sanguins. Vives douleurs. Gonflement considérable s’étendant jusqu’à la tempe. Cuirasse; glace.
4 août. Beaucoup de sensibilité au fond de l’oeil, même pansement.
**• Céphalalgie, vomissements, fièvre ; tuméfaction de la tempe et des paupières.
fl- — Apaisement de l’inflammation. Douches oculaires.
25. — Va très-bien. Toute trace d’inflammation a disparu. Excat.
Sans être une maladie rare, le staphylôme sphérique s’observe beaucoup moins souvent que le staphylôme conique.
Cette tumeur volumineuse qui, au premier abord, semble formée par une cornée qui aurait acquis deux ou trois fois ses dimensions ordinaires, est due, ainsi que nous l’apprennent l’anatomie pathologique et l’étude de la marche de celte maladie, non pas à un développement de la cornée, mais à la destruction de cette membrane, destruction suivie de la production d’un tissu pseudo-cornéal nouveau.
Quand la destruction de la cornée est peu étendue , la cicatrice qui se forme ne prend jamais un développement semblable à celui que nous avons observé chez notre malade. 11 faut, pour de pareilles tumeurs, sinon que la destruction ait été complète, du moins qu’elle ait compris les quatre cinquièmes de la cornée. Comme la destruction totale de cette membrane entraîne celle de la chambre antérieure de l’œil, c’est directement sur l’iris devenu bombé que se forme le tissu cicatriciel pseudo-cornéal, de telle sorte qu’en enlevant ce tissu, qui forme la coque du staphylôme, on enlève également l’iris que l’on trouve, ainsi que cela nous est arrivé, collé et intimement adhérent à la face interne de la coque cicatricielle.
Dans cette variété de staphylôme, la chambre antérieure de l’œil est seule détruite, la chambre postérieure est conservée, et c’est là ce qui détermine la configuration arrondie et le volume considérable de la tumeur. En effet, quand les deux chambres sont détruites, il n'y a plus de sécrétion d’humeur aqueuse; dès lors plus de cette espèce d’hydropisie qui dilate en ampoule volumineuse le tissu cicatriciel qui remplace la cornée. Si, au contraire, la portion de membrane de Descemet qui tapisse les deux chambres est conservée daus la chambre postérieure, le produit accumulé de sa sécrétion dilate le staphylôme et lui fait acquérir les proportions monstrueuses qu’il présentait chez notre malade.
Affections «le la chambre antérieure «le. l’œil.
Épanchements purulents ou sanguins.
On a proposé, pour combattre les épanchements de Sang ou de pus dans la chambre antérieure, la paracentèse de l'œil.
Les oculistes du siècle dernier, pensant que la chambre postérieure de