‹ Traité clinique et practique des opérations chirurgicales, ou, Traité de thérapeutique chirurgicaleChapitre 140 sur 256 · BEC-DE-LIÈVRE · texte numérisé non relu

BEC-DE-LIÈVRE

Le bec-de-lièvre pouvant être simple ou compliqué, nous étudierons successivement les méthodes opératoires qui ont été proposées pour chacune de ces variétés.

1° Bec-de-lièvre simple.

. Aviver les bords de la division congéniale, les réunir et les maintenir réunis, telles sont les indications que présente à remplir l’opération du bec-de-lièvre simple.

480 SECT. V. — OPÉR. SUR L’APPAREIL BUCCO-PHARYNGIEN.

L’appareil instrumental se compose, 1° de forts ciseaux et d'un bistouri, 2° d’une pince à dents de rat, 3° de plusieurs épingles d’Allemagne, 4U de fils cirés, 5° de petites éponges, 6° d’une bande roulée à deux globes, d’une fronde, de compresses.

Le sujet est assis sur une chaise, ou, si c’est un enfant, sur les genoux d’un aide. — Un autre aide fixe la tête avec les deux mains, et comprime en même temps les artères faciales au devant de l’insertion inférieure des muscles masséters.

Le chirurgien, assis en face du malade, commence par sectionner avec le bistouri les adhérences du sommet du Y à l’os maxillaire, puis saisit l’angle inférieur gauche de la division avec la pince à dents de rat,' et par un ou deux coups de ciseaux il enlève, dans toute l’étendue de la division, une bandelette charnue comprenant toute l’épaisseur de la lèvre, et dont la largeur doit être de plus d’un millimètre.

Le côté droit est avivé de la même manière, et les deux incisions qui représentent un Y renversé, sont faites de telle sorte que la seconde s’élève un peu moins que la première, ce qui permet le détachement complet des bandelettes charnues.

Si dans l’exécution de ce premier temps de l’opération on était gêné par le frein de la lèvre, il faudrait le diviser d’un coup de ciseaux.

La suture des bords avivés se pratique de la manière suivante :

Après avoir lavé et essuyé avec soin les parties sur lesquelles on opère, on saisit de la main gauche le bord gauche de la lèvre, on y enfonce une première épingle qui, pénétrant à la distance d’un demi-centimètre eu dehors du point ravivé, vient sortir par un trajet oblique à la surface saignante qu’elle traverse à l’union de ses trois quarts antérieurs avec le quart postérieur. — Celte épingle traverse ensuite dans le même point le bord droit de la division, mais de la surface saignante vers la peau.

Il faut avoir soin, pour introduire l’épingle, de la saisir entre les mors d’une pince disposée à cet effet.

Il importe aussi de piquer perpendiculairement d’abord pour ne prendre qu’ultérieurement la direction oblique.

La première épingle étant placée, on passe au dessous d’elle les deux chefs d’un fil ciré que l’on fait tenir par un aide qui s’en sert pour tendre les lèvres de la plaie.

Une seconde, puis une troisième épingle, sont ensuite introduites de gauche à droite, seulement les deux lèvres de l’incision sont traversées du même coup, et non l’une apres 1 autre comme cela a\ait eu lieu poui la première épingle.

Toutes les épingles une fois en place sont fixées au moyen du huit de chiffre de la suture entortillée. Seulement on aura soin que le croisé du fil en montant porte toujours contre la peau et en descendant sur 1 épingle.

D’après une pratique qui a déjà vieilli, on complétait le rapprochement

TITRE VI. — BEC-DE-LIÈVRE

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