‹ Traité clinique et practique des opérations chirurgicales, ou, Traité de thérapeutique chirurgicaleChapitre 139 sur 256 · TUMEURS DIVERSES DES LÈVRES · texte numérisé non relu

TUMEURS DIVERSES DES LÈVRES

Des tumeurs fibreuses, enkystées, érectiles peuvent encore s’observer aux lèvres.

Les tumeurs fibreuses, ainsi que les cancroïdes de la lèvre, sont susceptibles d’être enlevées par l’un des procédés que nous avons décrits à l’article Autoplastie labiale.

Quant aux kystes sébacés, muqueux ou séreux de cette région, voici comment je procède à leur destruction. — Je renvèrse la lèvre en dehors, je fends par transfixion le kyste en deux moitiés de la partie profonde à sa surface, en y comprenant la muqueuse qui le recouvre, puis avec de fortes pinces j’arrache les deux valves du kyste divisé. Dans le cas où l’arrachement ne pourrait être fait que d’une manière incomplète, il faut cautériser l’intérieur de la poche avec le crayon de nitrate d’argent.

En ce qui concerne les tumeurs érectiles, c’est à l’écrasement linéaire que j’ai recours. On passe au-dessous de la tumeur des aiguilles fortes et longues, on pédiculisc au moyen d’un fil, et la chaîne de l’écraseur étant placée sur le pédicule, on la fait marcher avec lenteur.

TITRE VI. — BEC-DE-LIÈVRE. 479

Ce dernier procédé peut être également employé pour les kystes peu volumineux.

Obs. — Tumeur érectile de la lèvre inférieure. — Écrasement. — Guérison. — Marie Boulot, âgée de 60 ans, est entrée à l'hôpital Lariboisière, le 1er février 1859.

Elle porte à la lèvre inférieure et un peu à droite de la ligne médiane une tumeur érectile du volume d’une petite noisette.

A l’Age de to ans, dans une chute qu’elle fit sur la tête, cette malade se mordit assez fortement la lèvre inférieure. A la suite de cet accident, elle vit apparaître, dans le point qui est aujourd’hui le siège du mal, une petite grosseur de la dimension d’un grain de chènevis. Cette grosseur s’accrut peu à peu sans que la malade en fût aucunement incommodée. Elle offrait ceci de particulier qu’à chaque époque menstruelle elle augmentait tout à coup pour reprendre après les règles son volume primitif.

Cet état de choses dura jusqu’au moment de la ménopause; la malade avait alors 47 ans, et depuis lors sa tumeur resta stationnaire jusqu’au mois de juillet de l’année dernière. C’est à cette époque que la tumeur acquit le volume qu’elle présente aujourd’hui, et cette dernière phase de son évolution fut accompagnée de douleurs vives et continuelles dans la moitié droite de la tête et principalement dans l’oreille et l’œil de ce côté.

La tumeur est d’un rouge brun ; son volume augmente par les efforts de toux et diminue par la pression ; sa consistance est assez molle. La malade s’étant avisée, quelques jours avant d’entrer à l’hôpital, de la piquer avec une épingle, il en sortit une grande quantité de sang.

L’opération a été pratiquée le 7 février. Deux longues aiguilles furent passées , à la base de la tumeur, et un fil à la ligature fut serré au-dessous d’elles de manière à la pédiculiser parfaitement. La chaîne de l’écraseur fut placée dans le sillon tracé par le fil, et la séparation fut opérée, mais de manière à mettre entre chaque cran de l’écraseur, un intervalle d’une demi-minute. Point d’hémorrhagie, ni immédiate, ni consécutive. Pansement par occlusion.

La plaie est cautérisée chaque matin avec une solution de nitrate d’argent.

19 février. — La malade sort guérie. 11 reste une légère excavation de quelques millimètres de longueur, du reste parfaitement lisse et recouverte d’une muqueuse pareille à celle qui tapisse le reste de la lèvre.

TITRE YI

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