‹ Traité clinique et practique des opérations chirurgicales, ou, Traité de thérapeutique chirurgicaleChapitre 147 sur 256 · TITRE IX. — FISTULES OSTÉOPATHIQUES DE LA JOUE · texte numérisé non relu

TITRE IX. — FISTULES OSTÉOPATHIQUES DE LA JOUE

certains cas, cela est facile, quand, par exemple, il suffit de l’extraction d’une racine restée dans l’alvéole, il en est d’autres où la lésion osseuse qui entretient la fistule est difficile à déterminer dans son siège précis et dans sa nature. Ce ne serait donc que par des tâtonnements répétés et par des opérations plus ou moins graves sur le tissu osseux lui-même, que l’on pourrait arriver à la guérison radicale et complète de la fistule.

J’ai institué pour les cas de ce genre une opération qui jusqu’à ce moment m’a donné les plus beaux résultats. J’oblige par une sorte de transposition, la fistule à s’ouvrir dans la bouche, tandis qu’elle s’ouvrait à l’extérieur de la joue.

Voici le sommaire d’une observation qui est rapportée in extenso dans mon Traité de la suppuration (art. Fist. ostéopathe t. II, p. J 86) et dans laquelle est exposé le mode opératoire que j’ai imaginé.

Obs. — Fistule de la joue droite, produite par la carie d’une grosse molaire. Opération : section d’une bride volumineuse géno-maxillaire; introduction à travers le tronçon gênai de la bride, d’un stylet qui sert à conduire un fil à l’extrémité buccale duquel est attaché un bourdonnât de charpie. Ce bourdonnet est porté sur l’orifice interne de la portion du trajet fisluleux contenu dans l’épaisseur de la joue et maintenu dans cette position par un rouleau de sparadrap attaché en manière de cheville sur la partie externe de la joue. Oblitération complète du tronçon fistuleux gênai au bout de quinze jours. Le tampon buccal n’est maintenu en place que pendant deux ou trois jours. Le malade a été présenté guéri à la Société de chirurgie.

Même opération a été pratiquée sur un autre malade de l’hôpital Saint- Antoine, atteint de fistule de la joue gauche par carie de l’os maxillaire supérieur. La guérison eut lieu au bout de quelques jours. (Voir pour les détails de 1 observation 1 art. Iust. osteopath . du Traité de la suppuration t. II, p. 187.)

Ce mode de traitement par transposition intéro-bùccale de l’orifice fistuleux donne de bons résultats pour les fistules dont le point originel sié"e au maxillaire supérieur, mais ne saurait être appliqué à celles qui ont leur point de départ à l’os maxillaire inférieur. Du moins je n’ai jamais essayé de l’appliquer dans les cas de ce genre, et le raisonnement fait prévoir qu il n aurait ici que bien peu de chance de succès, si même il n’avait de graves inconvénients. En effet, quand on décolle la joue d’avec l’os maxillaire supérieur, la suppuration que produit ce décollement, ayant sa tendance naturelle vers la partie inférieure et largement ouverte de la plaie, tombe dans la cavité buccale, d’où elle est expulsée au dehors par l’exspuition. Dans le décollement qui serait produit sur l’os maxillaire inférieur cest précisément le contraire qui aurait lieu. La partie déclive de la plaie est un cul-de-sac; le pus tend à s’y accumuler; il ne revient vers la cavité buccale que contre son propre poids ; et dès lors le décollement produit par le bistouri peut être étendu bien au delà de ses premières limites par

Page 1