SECT. V. — OP ER. SUR L’APPAREIL BUCCO-PUARYNGIEN
l’infiltration du pus vers la région sous-maxillaire. Aussi dans les fistules entretenues par altération de l’os maxillaire inférieur, je procède tout différemment, et c’est au point de départ de la fistule que je m’attaque directement. C’est ce que j’ai fait dans un cas où j’ai guéri une fistule qui dépendait d’une altération de l’os maxillaire inférieur entretenue par la présence d’une racine laissée dans l’alvéole, après fracture d’une dent molaire. (Voir pour les détails de l’observation, Traité de la suppuration, loc. cit., p. 189.)
On trouvera également dans mon ouvrage sur la Suppuration le récit détaillé d’un de ces cas dans lesquels le drainage fait éviter des incisions étendues et des mutilations chirurgicales quelquefois considérables.
Chez le sujet de cette observation, la nécrose de l’os maxillaire supérieur consécutive à une violence directe, accompagnée peut-être de fracture, avait amené une suppuration abondante et de graves désordres dans la moitié droite de la face. L’état général de la constitution était gravement compromis, et tout semblait annoncer une terminaison fâcheuse. La position du foyer purulent au contact de l’os malade, entretenait les accidents et leur donnait un caractère de gravité de plus en plus marqué.
La configuration de la cavité purulente qui, ouverte à la partie supérieure près du grand angle de l’œil, formait un cul-de-sac profond vers la partie déclive et à la face interne de la joue, entretenait. les conditions défavorables dans lesquelles se trouvait le malade. Une anse à drainage, qui traversait les parties en suppuration depuis le point le plus élevé jusqu’au point le plus déclive et venait perforer la muqueuse pour sortir ensuite de la cavité buccale et se renouer à l’extrémité du tube qui sortait par l’orifice supérieur, nous a mis à même d’épargner à ce malade des incisions multiples et une série d’opérations plus ou moins graves, ainsi que des cicatrices étendues et difformes.
TITRE X
GÉNOPLASTIE.
La restauration des pertes de substance h la joue ne peut être l’objet d’une description générale. Les circonstances qui nécessitent ce genre d’opérations sont trop éventuelles et trop imprévues pour qu’on fasse autre chose que d’abandonner à l’initiative du chirurgien qui connaît les principes de l’autoplastie le soin d’appliquer à chaque cas particulier, le mode opératoire qui lui promet le plus de succès.